Alex Wagner, fondateur de l’Institut du coaching amoureux : « Draguer, cela demande un certain courage, c’est du développement personnel… »

Séduction. Quelques conseils pour séduire cet été…

Alex Wagner, fondateur de l’Institut du coaching amoureux propose un guide pratique intitulé « 30 jours pour se caser, ou moins si vous lisez vite », destiné aux hommes qui hésitent à entrer en contact avec des femmes et qui souhaitent séduire avec bienveillance, écoute mutuelle et respect. Actuellement, une personne sur deux est célibataire, alors que l’un des facteurs d’explication de l’accroissement du célibat et du besoin de coaching est que les codes amoureux ont évolué. Par manque de confiance en eux, ou à défaut d’avoir les bonnes références, les hommes sont perdus et ne savent pas comment agir. Les déceptions les découragent et certains attendent même que les femmes les choisissent. Mais celles qui assument leur désir et agissent en conséquence ne sont encore pas suffisamment nombreuses et elles sont souvent stigmatisées par la persistance de clichés machistes…

Alex Wagner a publié un code de bonne conduite à destination des hommes afin de poser les fondements d’une séduction respectueuse, à l’opposé du harcèlement de rue. Love coach certifié formé à la PNL (certification en programmation neurolinguistique), il a fondé il y a cinq ans Morning Kiss, l’Institut du coaching amoureux au sein duquel il accompagne, avec ses équipes de coachs, des hommes et des femmes qui souhaitent faire évoluer leur situation amoureuse.

« 30 jours pour se caser, ou moins si vous lisez vite » d’Alex Wagner est publié aux Éditions Kiwi.

Kernews : Vous êtes à l’origine de l’institut du coaching amoureux. On aurait donc besoin d’être coaché pour apprendre à draguer ?

Alex Wagner : On devrait ne pas en avoir besoin et j’ai envie de dire que mon métier ne devrait pas exister ! Cependant, aujourd’hui, à l’ère du numérique, on a l’impression, avec les sites de rencontre et les applications qui se multiplient, que trouver l’amour est à trois clics de souris, alors qu’il est de plus en plus difficile de trouver des rencontres et de les concrétiser en relation.

La drague, cela ne s’apprend pas, c’est l’instinct de chasse, de survie… Mais quelqu’un qui est dans une spirale négative perd totalement confiance en lui…

J’ai d’abord conçu pour moi-même ce savoir-faire et ce savoir-être parce que, en remontant quinze ans en arrière, j’étais en galère personnelle par rapport aux femmes. Je n’avais peut-être pas eu les bons modèles masculins dans mon enfance et peut-être pas les bonnes expériences formatrices, donc je n’ai pas eu le bon mode d’emploi. Mais j’ai découvert que tout cela se travaillait et que c’est simplement une facette du développement personnel. Il s’agit de dépasser des croyances limitantes et des blocages pour devenir soi-même.

C’est facile à dire, or il y a beaucoup d’hommes qui ne savent pas comment aborder une femme qu’ils croisent dans un lieu public et les mots ne sortent pas…

Effectivement, c’est facile à dire en quelques phrases… La complication, c’est que l’on ne sait pas comment s’y prendre ou ce que l’on doit dire, on a surtout peur du rejet et du refus. Draguer, cela demande un certain courage, c’est du développement personnel. Cela veut dire avoir l’humilité de tester des choses nouvelles, avoir le courage de sortir de sa zone de confort et de confronter et surmonter ses peurs.

Vous commencez ce livre en abordant la question des sites de rencontres et vous soulignez que ce n’est pas la panacée. Vous avez effectué un test en vous inscrivant sous un profil féminin, or vous avez constaté que les femmes reçoivent des dizaines de messages chaque jour et qu’elles n’ont pas le temps de répondre…

On est sur un terrain très concurrentiel, encore plus concurrentiel pour les hommes qui cherchent à rencontrer des femmes et il y a des difficultés pour les deux sexes car l’information est très incomplète. On est devant une fiche, avec une, deux ou trois photos, du texte, et l’on n’a pas toute la richesse de communication statique non verbale et paraverbale que l’on peut avoir lors d’une rencontre dans la vie réelle. Il est très facile de monter très haut dans son imaginaire quand on connaît seulement 5 % d’une personne via un site de rencontre et l’on remplit les 95 % restants par une sorte de fantasme projeté. Cela peut durer des jours ou des semaines et, dans certains cas, même des mois, alors que tout cela peut partir en fumée en cinq secondes quand on se retrouve autour d’un verre…

Votre conseil est que la rencontre puisse avoir lieu très rapidement…

Oui. Il faut déjà avoir un échange téléphonique très vite, parce que la voix va communiquer beaucoup de choses par son timbre, sa tonalité, son rythme ou sa chaleur. Ensuite, si cela colle au téléphone, autant prendre un verre rapidement pour voir si le feeling est vraiment là.

Votre livre s’appelle « 30 jours pour se caser », mais beaucoup de célibataires n’ont guère envie de se fixer !

Effectivement, se caser, c’est une symbolique pour avoir une suite heureuse. Selon les affinités, cela peut durer une nuit ou toute la vie… Cela va dépendre des compatibilités amoureuses avec la personne rencontrée, si c’est réciproque ou non, mais il faut souligner que les applications de rencontres sont un canal de rencontres : ce n’est qu’un canal et cela veut dire que cela ne nous dispense pas de travailler notre séduction, à savoir comment se présenter et comment se comporter lors du rendez-vous amoureux pour pouvoir concrétiser la rencontre.

Vous dispensez de nombreux conseils comme, lors du premier dîner, le fait de s’installer côte à côte et non face-à-face…

Ce n’est pas une obligation et cela peut ne pas être possible selon les établissements. Mais c’est mieux d’être côte à côte, parce que cela apporte une certaine proximité physique : on est dans une dynamique de complicité et non dans une dynamique d’opposition qui rappellerait celle d’un entretien d’embauche. Un premier rendez-vous doit être un moment fun et léger, ce n’est pas un interrogatoire de recrutement ! Quand on est assis côte à côte, on peut plus facilement commencer à instaurer un toucher, petit à petit et, si l’intérêt est réciproque, on peut avoir des sujets de conversation partagés à commenter, par exemple lorsque des gens passent devant… Beaucoup de femmes aiment bien qu’un homme prenne des initiatives et, dès le premier rendez-vous amoureux, il va proposer à la femme de se mettre à côté de lui, plutôt qu’en face-à-face.

Il faut aussi permettre à la femme de deviner ce que l’on va faire, sans trop le montrer. Il y a plusieurs écoles et certains estiment qu’il faut cacher son jeu, mais vous ne vous situez pas dans ce registre, car il faut quand même qu’elle perçoive qu’on lui porte un intérêt…

Je ne suis pas d’une école à dicter des règles ! Il faut d’abord adopter une certaine estime de soi, un état d’esprit consistant à avoir la conviction que l’on apporte de la valeur et quelque chose à partager et il faut être bienveillant. Cette confiance en soi va nous permettre d’oser, de prendre des initiatives et d’aller de l’avant. Sans initiative, on va vers de l’amitié pure, ce n’est pas ce qui est recherché…

Une fois que l’on a passé ce cap et que l’on est entré dans l’amitié pure, est-ce trop tard ?

Ce n’est jamais trop tard…

Tout peut changer un soir de déprime !

Oui, il y a des très belles relations amoureuses qui ont démarré en mode amical. Mais il est plus rare et plus difficile, une fois que l’on est dans une dynamique purement amicale et platonique, de sexualiser cette interaction.

Vous consacrez un chapitre à la séduction et à la manipulation. La conquête passe-t-elle toujours par une certaine forme de manipulation ?

Cela dépend ce que l’on entend par manipulation. Oui, cela passe par certains leviers de persuasion et d’influence, mais est-ce de la manipulation ? Cela dépend de l’intention que l’on a derrière. Dès lors que l’intention est de faire faire à quelqu’un quelque chose que cette personne pourrait regretter le lendemain, on est dans la manipulation et c’est à proscrire absolument d’un point de vue éthique. En revanche, si l’intention s’inscrit dans un schéma gagnant-gagnant, en cherchant à apporter quelque chose et à être dans un partage, c’est différent. L’écrivain britannique Benjamin Russel a dit que la séduction ne consiste pas à chercher à faire faire à quelqu’un quelque chose qu’il pourrait regretter, mais plutôt quelque chose qu’il veut secrètement déjà faire…

Entre les paroles et la réalité, il y a souvent un gap… Si un homme a simplement envie de passer une nuit avec une femme, il ne dira jamais la vérité…

Je n’ai aucun jugement sur une nuit de passion sans suite. Un homme, comme une femme, peuvent légitimement avoir envie de quelque chose de furtif et de passager, le tout est de ne pas mentir et de ne pas faire miroiter un avenir qui ne serait pas là. Pour autant, il ne s’agit pas non plus d’être un mufle, en disant à la personne que l’on a juste envie d’elle pour un soir… Alors, plutôt que de dire les choses avec un manque de tact, il vaut mieux avoir un comportement qui va véhiculer les intentions réelles, simplement par une certaine manière d’être.

Selon les âges, on n’a pas les mêmes envies : certains souhaitent juste profiter de la vie, d’autres recherchent l’âme sœur…

Les personnes que nous recevons au sein de l’Institut de coaching amoureux ont tous les âges, de 19 à 65 ans, et l’on ne s’interdit pas à aller au-delà puisque la séduction n’a pas d’âge… C’est un manuel pratique qui s’adresse à des personnes qui sont dans du développement personnel et qui ont envie d’évoluer, d’améliorer leur savoir-faire et de travailler sur elles pour se réaliser pleinement. Ensuite, je n’ai aucun jugement à porter sur l’objectif qu’elles vont choisir.

Parmi les conseils que vous prodiguez, lors d’un bon contact sur Internet, vous préconisez de téléphoner directement et non pas de proposer un rendez-vous par SMS, parce que c’est plus rassurant…

Celui qui contacte l’autre n’a pas envie de prendre beaucoup de risques. Il a envie d’avoir un délai de réflexion à chaque réponse et la tentation est forte de procéder par SMS. Le problème, c’est que la communication est très incomplète par SMS. On est sur des lettres et des mots, il n’y a pas toute la richesse de communication qu’il peut y avoir avec le facteur vocal. Avec la voix, on va pouvoir recréer l’attirance qu’il y a eu au moment de prendre le numéro de téléphone grâce à cette richesse de communication.

Surtout, lors du premier entretien, il ne faut pas trop chercher à se survaloriser, parce que l’autre découvrira toujours la réalité…

Vous avez employé un lapsus révélateur en parlant de premier entretien : je ne considère pas vraiment que c’est un entretien ! C’est un rendez-vous amoureux et l’esprit de l’entretien d’embauche n’est pas du tout approprié. Je préconise quelque chose de plus fun et de plus léger, qui sera un aperçu de ce que pourraient être des moments partagés ultérieurement. Il ne faut pas essayer de se vendre et de se vanter, il faut surtout se placer en sélectionneur car on sait ce que l’on veut. On a décidé préalablement quel était le genre de personne que l’on recherche, les défauts rédhibitoires, et l’on va voir comment cette personne entre dans la grille d’appréciation, parce que c’est quelqu’un qui partage nos valeurs. En essayant de se vendre ou de se vanter, on envoie le message que l’on ne se suffit pas à soi-même pour attirer l’autre et que l’on a besoin de quelque chose d’autre, comme une richesse financière, ou de dire des choses très intéressantes ou d’essayer de faire rire… Au contraire, on n’a pas besoin d’être drôle. Ce qui est puissant, c’est de pouvoir simplement être soi-même, comme si on la connaissait déjà, et on entre tout de suite dans un mode de communication que j’appelle papoter. Cela va créer du confort et de la proximité.

La drague a beaucoup changé au cours de ces dernières décennies et un jeune d’une vingtaine d’années ne drague pas comme un sexagénaire… Les codes ont-ils évolué ou sont-ils différents en fonction des générations ?

On pourrait penser qu’il y aurait de grandes différences entre les générations, mais je constate que chacun a le droit de provoquer une rencontre spontanée et, dans un lieu public ou dans un bar, d’aller aborder quelqu’un, de briser la glace, de démarrer une conversation. Or, que l’on ait 25 ans ou plus, cela va se passer plus ou moins de la même façon. Évidemment, quand on est plus âgé, on va commencer par le vouvoiement, mais les différences sont relativement minimes.

Les jeunes baratinent-ils toujours comme leurs aînés ?

Aujourd’hui, tous âges confondus, les hommes ont davantage peur d’y aller. Il y a eu tout un battage médiatique autour du harcèlement et il est vrai qu’il est exaspérant que le terrain soit occupé par des hommes insupportables et lourds qui ne cherchent pas le consentement et qui embêtent toutes les femmes… 100 % des femmes ont été harcelées dans les transports en commun à Paris ! Il faut éduquer les mentalités et expliquer la différence entre la drague et le harcèlement. Séduire quelqu’un, c’est être à la recherche d’un consentement, alors que dans le harcèlement il y a un phénomène de répétition et l’on se passe du consentement de la personne.

Imaginons un Aldo Maccione des temps modernes : serait-il dans la drague ou dans le harcèlement ?

Dès lors qu’il n’outrepasse pas le consentement de la femme en question, il n’y a pas de problème à faire rire une femme. Après, cela dépend… Imaginons que cet Aldo Maccione croise une femme dans la rue et qu’elle ne veuille pas s’arrêter, mais qu’il lui emboîte le pas en la suivant comme un pot de colle… Aujourd’hui, bien heureusement, ce n’est plus possible.

Dans les films, la fille est excédée au début et c’est seulement le deuxième ou le troisième jour qu’il obtient son numéro de téléphone…

Les personnes qui écrivent les scénarios de films ne sont pas coachs en séduction et ils ne connaissent pas toujours les règles du jeu… Donc, il faut se méfier de ce que l’on voit ! Mais, quand il y a une forte compatibilité entre deux personnes, on peut briser toutes les règles. J’ai défini la drague par rapport au harcèlement : la drague, c’est quelque chose de bienvenu chez les hommes, mais on n’a pas besoin de mettre les hommes dans une posture d’attente, car pourquoi les femmes ne pourraient-elles pas initier une rencontre et briser la glace ? Cela se fait beaucoup dans les pays nordiques, comme la Suède, cela se fait beaucoup aux États-Unis et au Canada… La France pourrait ainsi rattraper son retard dans le sens de l’égalité des sexes.

En dernier ressort, c’est quand même la femme qui choisit !

Absolument et ce n’est pas près de changer. L’homme propose et la femme dispose ! Nous sommes issus d’une longue histoire et nous sommes finalement des animaux sociabilisés et évolués.

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