mercredi , 29 mars 2017

Benoît Bonnaffé nous invite à découvrir la presqu’île au début du XIXe siècle avec un guide prestigieux nommé Balzac…

Le cardiologue nazairien Benoît Bonnaffé a déjà publié un ouvrage sur l’histoire du Ruban bleu, ce trophée remporté par les paquebots transatlantiques les plus rapides, et il vient de faire paraître le premier tome d’une nouvelle série intitulée « Histoires salées en pays guérandais ». Ce passionné d’histoire nous emmène à la découverte de la presqu’île guérandaise en compagnie d’Honoré de e Balzac… D’ailleurs, il travaille déjà sur le prochain volume, toujours consacré à la presqu’île, mais cette fois-ci en compagnie d’Émile Zola : « J’ai vécu à Piriac, où j’ai découvert que Zola avait écrit un roman à partir de son voyage d’été à Piriac et j’ai appris que Balzac avait fait exactement la même chose. C’étaient des pionniers à leur manière. Ils ont lancé les cités balnéaires puisque leurs médecins recommandaient de prendre les eaux, les bains de mer, et c’étaient aussi des voyageurs. » Le livre de Benoît Bonnaffé est passionnant parce qu’il permet de mieux connaître le personnage de Balzac et aussi de se plonger dans l’histoire de la presqu’île après la Révolution : « Balzac a fait un voyage en 1830 sur le traict du Croisic, on en est sûr, d’autres voyages sans doute, et je reproduis la totalité de son roman « Un drame au bord de la mer » qui est court, facile à lire et palpitant. C’est vraiment l’un des premiers romans de « La Comédie humaine ». Il est un peu oublié, mais j’avais envie de le restituer. Je reviens aussi sur les premiers chapitres de « Béatrix » car ils décrivent assez bien les murailles de Guérande, l’intérieur de Guérande, la collégiale et le reste est un peu romancé… Balzac était aussi un excellent historien et il a essayé de restituer les années de la Révolution, de l’exil ou de l’aristocratie. »

Un monarchiste raisonnable.

Benoît Bonnaffé poursuit ses investigations au Croisic, à Batz-sur-Mer, mais aussi à Guérande : « Balzac est venu plusieurs fois sur la presqu’île, il y avait des amis, et sa maîtresse, Madame de Berny, avait également des amis à Batz-sur-Mer. » Ce livre a plusieurs dimensions, avec une longue fiche de lecture, des extraits d’œuvres de Balzac mentionnant la presqu’île et un important travail de notes biographiques qui permettent de mieux cerner l’auteur : « Il était monarchiste, comme Victor Hugo, avec qui il a été lié toute sa vie, mais je rappelle qu’il n’a pas eu le temps d’évoluer comme Victor Hugo qui a soutenu la monarchie et qui, ensuite, est devenu républicain. Mais il faut savoir que l’on changeait de régime tous les quinze ans ! On avait connu la monarchie absolue pendant des siècles. Après, c’était la République, le Directoire, l’Empire, la Restauration et tout le monde était un peu perdu… Il y avait des monarchistes, des libéraux, cela n’avait pas le même sens qu’aujourd’hui, mais Balzac n’était pas libéral. C’était aussi quelqu’un d’assez social, au point que Marx et Engels l’admiraient, puisqu’ils trouvaient que sa description de la société était très pertinente. Il a été monarchiste et c’est sans doute pour cette raison qu’il n’y a pas beaucoup de rues Balzac en France : malheur aux vaincus… Mais c’était un monarchiste très particulier, de raison, pour une monarchie raisonnable. » Le cardiologue historien a mené un travail de recherche très fouillé et il revient notamment sur les circonstances du décès de l’écrivain: « Il est mort d’une insuffisance cardiaque, sur un terrain probablement diabétique, à 51 ans. Les excès alimentaires étaient certains et l’hygiène de vie assez déplorable. Il avait sûrement des problèmes cardio-vasculaires majeurs, une angine de poitrine comme on dit. Son décès aurait été accéléré par l’apnée du sommeil, une maladie encore inconnue à l’époque… »

Il n’y avait rien à La Baule…

C’est à travers ce guide surprenant et prestigieux que l’auteur décrit la presqu’île au début du XIXe siècle, notamment avec plusieurs reproductions du Musée des Marais salants de Batz-sur-Mer : « J’ai sélectionné quelques documents pour faire connaître le Guérande de 1830 avec les paysans, les paludiers et les pêcheurs. Je parle un peu des pêcheurs, puisque Balzac évoque ces pêcheurs très pauvres qui vendent leurs araignées dans « Un drame au bord de la mer ». Les amateurs de crustacés trouvent que l’araignée est plus fine et que sa chair est meilleure que celle du homard. C’est ce que raconte Balzac, qui était un homme curieux. » On trouve même une carte de la presqu’île en 1830 : « On observe que les marais salants ont aujourd’hui un peu perdu de superficie, notamment au niveau de La Baule, avec les nouvelles constructions… On remarque d’ailleurs qu’il n’y avait rien à La Baule, alors que Le Pouliguen existait, tout comme Batz-sur-Mer et Le Croisic qui était une cité très importante à cause du sel. Guérande tirait évidemment sa richesse du sel. Balzac évoque beaucoup Guérande et les marais salants comme une zone hostile à la végétation, ce qui est vrai… » Cette balade s’enrichit de la reproduction de quelques aquarelles réalisées par Benoît Bonnaffé sur les paysages de la presqu’île.

« Histoires salées en pays guérandais » de Benoît Bonnaffé, Tome 1, est publié par Éditions Groupe Axcom.

 

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