L'invité de Yannick Urrien La Baule Styles

Bernard Bertho présente 21 balades pour découvrir le patrimoine de La Baule

Lorsque les médias s’intéressent à La Baule, on voit toujours cette image superbe des grands hôtels et de la plage, suggérant une ville qui aurait été créée il y a seulement un siècle pour répondre à la demande touristique… Certes, ce n’est pas infondé, toutefois La Baule a aussi un passé et une histoire qui lui sont propres. C’est ce que nous rappelle Bernard Bertho, qui anime le Relais Culturel, à travers ses ouvrages, ses études ou ses expositions. Son dernier livre, « Si le patrimoine en balade m’était conté… », se présente comme un guide pratique contenant 21 idées de promenades dans La Baule, à faire à pied ou à vélo. L’équipe du Relais Culturel nous invite à sortir des sentiers battus pour découvrir de nombreux endroits méconnus des touristes et même parfois des habitants : « Nous proposons 21 balades différentes avec, pour chacune de ces balades, une dizaine de lieux-dits où l’on peut s’arrêter, parce que chacun fait référence à quelque chose, comme un château ou la villa El Cid (ndlr : entre le boulevard Hennecart et le boulevard René Dubois). Il faut savoir qu’en 1900 les habitations s’arrêtaient à El Cid et c’est là que s’arrêtait le petit train. Nous avons aussi une balade qui va de la chapelle Sainte Anne, qui s’appelait auparavant Notre-Dame-des-Flots, jusqu’au quartier Saint Clair ». L’objectif est évidemment « de montrer ce que l’on ne voit pas au premier abord, car les visiteurs sont toujours curieux de découvrir cette histoire de La Baule. Il y a même des passionnés puisque, chaque année, des personnes viennent de toute la France pour participer à nos promenades ». Cet ouvrage reprend les notes des circuits effectués depuis plusieurs années par le Relais Culturel et que les auteurs ont pris le soin de vérifier et de réactualiser avant la publication de ce livre,.

La Torre : un filet d’eau devant les immeubles en vagues qui, auparavant, était une rivière

C’est également une manière de relayer l’histoire de La Baule : « Indépendamment du plaisir que l’on peut partager avec les gens quand on se promène, il y a aussi un devoir de transmission. Le patrimoine doit se transmettre. Sinon, il se perd. Et l’on s’aperçoit que le patrimoine peut être aussi facteur de rêve à travers l’histoire romanesque de personnages que l’on a oubliés. On essaie de créer un lien à travers ces promenades, c’est quelque chose de sincère, on n’est pas dans l’éphémère. Il y a une soif de savoir et d’expliquer ensuite à ses proches cette histoire, comme celle de Monsieur de Cacqueray qui avait imaginé relier La Baule-les-Pins à Escoublac par un boulevard… » Bernard Bertho peut citer des centaines d’anecdotes sur les avenues et les quartiers de La Baule : « Nous avons redécouvert tout un quartier, vers Kerquessaud, et l’on apprend qu’il y avait sept moulins au XVIe siècle. Certains pensent que c’est parce qu’il y avait beaucoup de blé, mais ce n’est pas le cas. En réalité, les marchands de sel partaient avec du sel et ils revenaient avec du blé. Il y avait un moulin à eau sur l’étier de Mazy et sur La Torre. Il semble impossible, quand on voit La Torre, qui est un tout petit filet d’eau devant les immeubles en vagues à La Baule-les-Pins, d’imaginer que c’était une rivière. Aujourd’hui, tout le monde pense que ce sont les égouts, mais ce n’est pas le cas. D’ailleurs, c’est de l’eau claire qui descend ». Autre exemple : « Nous avons créé une promenade que nous avons appelée la balade de la petite marchande : c’était une petite mercière qui se promenait de village en village entre 1914 et 1939, et elle transportait toute sa mercerie dans une voiture d’enfant. D’ailleurs, nous avons même invité ses descendants, qui habitent dans le centre de la France, à venir faire cette balade ». Lorsque l’on demande à Bernard Bertho quel est son coup de cœur, c’est le quartier Lajarrige qui a sa préférence : « J’ai eu le plaisir de connaître Monsieur Lajarrige. Quand j’étais tout jeune, je vendais des journaux dans le Hall des Informations, la librairie qui existait dans les années 50 et où j’ai travaillé tous les étés pour payer mes études, j’ai ainsi pu le connaître. J’ai des photos qu’il m’a confiées et j’ai encore le souvenir de ce qu’il me racontait ».

À la découverte du bourg enfoui.

Bernard Bertho nous propose également des balades surprenantes : « Nous allons aussi dans la forêt, à la découverte du bourg enfoui, où l’on retrouve un certain nombre de vestiges. Monsieur Pavie a été le premier, en 1920, à créer un espace pour la sauvegarde du vieux bourg. Je crois que les gens d’Escoublac, qui ont vécu l’ensablement de siècle en siècle, vivaient cela comme une espèce de malédiction, alors que bien d’autres bourgs ont été ensevelis ailleurs en France. Il est important de retracer cela, de retrouver ce qui a été enfoui et même d’aller sur le lieu des deux monastères ». D’ailleurs, quand on se promène dans la forêt d’Escoublac, lorsque l’on marche sur certaines pierres, on ne se doute pas que ce sont parfois les restes des murs de certaines maisons : « La Torre était une rivière suffisamment grande pour que l’on y établisse une brasserie. J’ai rencontré quelqu’un qui se rappelle être allé dans les années 50 dans les voûtes de la brasserie. C’est dans ces années-là que l’on a bouché ces voûtes. Il y a aussi des gens de mon âge qui, lorsqu’ils étaient enfants, allaient jouer sur la falaise, derrière la gare de La Baule-les-Pins et qui se souviennent encore des blockhaus. Et ces blockhaus sont déjà ensevelis ». Le livre présente une carte précise pour chaque balade, avec de nombreuses photos et illustrations, ainsi que des explications sur l’histoire des lieux et des personnes. La passion de Bernard Bertho nous confère ainsi un autre regard sur La Baule.

Ecoutez l’entretien avec Bernard Bertho sur Kernews

« Si le patrimoine en balade m’était conté… » de Bernard Bertho est publié dans la collection Patrimoine de La Baule (distribué dans la plupart des librairies et maisons de la presse de La Baule)

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