David Samzun lance un appel au rassemblement autour d’Emmanuel Macron

David Samzun, maire de Saint-Nazaire et président de La Carène, était l’invité de Yannick Urrien jeudi 4 mai 2017 pour évoquer le deuxième tour de l’élection présidentielle. Il vient de publier une tribune dans laquelle il revient sur son engagement politique et il lance un appel à se rassembler autour d’Emmanuel Macron.

Deuxième tour 2017 : Tribune de M. David Samzun 

Du haut de mes 16 ans, je me suis engagé en politique pour plus de justice sociale et pour faire face à la résurgence des idées de l’extrême droite.

Pas pour dire que voter Front national était bien ou mal, car je reste persuadé que les électrices et les électeurs du Front national manifestent par leur vote des désarrois et des demandes qui doivent être pris en compte. En France, comme ailleurs, un petit nombre de nos concitoyens sont fondamentalement racistes, antisémites et xénophobes. S’ils ne sont qu’une minorité de leurs électeurs, ce sont bien leurs idées nauséabondes qui constituent le fond intellectuel des dirigeants de ce parti. Tous travaillent à l’avènement d’un projet nationaliste et autoritaire. Celui-ci n’est pas seulement dangereux pour notre démocratie, il en est la négation !

Je me suis engagé en politique car mon histoire familiale, les photos et les récits de ma ville détruite par la guerre m’ont gravé au cœur que le nationalisme ne pouvait que conduire les pays à leur perte. Soyons clairs : les dirigeants de l’extrême droite, en France comme en Europe, n’ont pas changé. Mes convictions sur ce qu’ils ont été, ce qu’ils sont aujourd’hui et ce qu’ils seront demain non plus. L’extrême droite c’’est le nationalisme et donc par définition c’est la division et la haine. « Le nationalisme, c’est la guerre ». Toujours, partout, inévitablement.

Malheureusement, j’observe que le temps fait son travail et les indignations s’émoussent. Quand l’année 2002 voyait sortit dans la rue des millions de citoyennes et de citoyens inquiets des scores de l’extrême droite, l’année 2017 voit s’exprimer des analyses presque sereine et banalisées sur le contexte politique de notre pays et la « normalité » de ce second tour des élections présidentielles.

Pour ce qui me concerne, ma préoccupation reste entière. Totale.

Je reste préoccupé de ce second tour de l’élection présidentielle, qui ne nous met pas à l’abri de désastreuses surprises. Effaré, je constate que les leaders de mouvements comme « La France Insoumise » ou « Sens commun » ne sont pas capables, dès le soir du premier tour, d’appeler à voter clairement pour le candidat républicain.

Je reste préoccupé de la phase de recomposition politique qui s’ouvre pour notre pays compte tenu du paysage morcelé que donne ce premier tour, entre des forces politiques qui paraissent inconciliables. Les clivages et les lignes de fracture bougent. Les repères et les futures lignes de reconstruction bougent aussi.

Dans cette présidentielle, comme dans toute autre élection, les analyses doivent combiner deux enjeux : une dimension de stratégie politique et de compréhension des rapports de force d’une part et une appréciation des projets des candidats d’autre part. C’est en croisant ces deux enjeux que j’ai choisi de soutenir, dès le premier tour, la candidature d’Emmanuel Macron.

Stratégiquement, il était le mieux placé pour éviter que nous, socialistes, humanistes, nous nous trouvions convoqués à choisir entre M. Fillon et Mme Le Pen.

En matière de projet, il proposait un chemin politique équilibré pour notre pays, qui ne souhaite ni l’aventure ultra libérale ou nationaliste que promettaient l’extrême droite et la droite dure, ni l’étatisme à peine déguisé de la France Insoumise.

Je renouvellerai ce soutien le dimanche 7 mai.

J’ai aussi vu dans sa démarche un écho à la méthode que j’ai moi même engagée il y a plusieurs années en créant l’association Demain Saint-Nazaire qui a permis d’engager un travail de réflexion et de projet en vue des élections municipales bien au delà des partis politiques traditionnels et qui a permis de réunir des personnes de talent qui jamais n’auraient participé à une réunion menée dans un cadre partisan.

Cette démarche a permis d’engager un travail de fond sur le nouveau cycle qui s’ouvrait pour notre ville, en permettant une réunion large de tous les humanistes amoureux de Saint-Nazaire et souhaitant prendre part aux réflexions sur son avenir. Je l’ai fait tout en restant attaché, respectueux des instances et des calendriers de mon parti politique, le Parti Socialiste. Je l’ai fait en constituant une liste de rassemblement large et ouverte. C’est tout cela qui a permis de recueillir les suffrages d’une grande majorité de nazairiennes et de nazairiens.

Je reste attaché à Demain Saint-Nazaire qui va continuer de déployer ses réflexions, enrichissantes et parfois impertinentes, au service de Saint-Nazaire et qui a vocation à rassembler encore plus demain toutes celles et ceux qui, ayant constaté la qualité, la cohérence du travail et du programme d’actions souhaiteront venir enrichir ses futures étapes. Je fais ici appel à toutes les bonnes volontés. Elles trouveront un bon accueil et de vrais espaces de discussions pour permettre à Saint-Nazaire de faire le grand saut dans le nouveau cycle qui lui ouvre les bras.

Je reste un élu socialiste. C’est une grande famille de pensée, forte et respectable, en dépit du mauvais résultat que vient de connaître Benoît Hamon, candidat issu des primaires de la gauche. Je reste attaché à l’histoire et aux combats menés par les socialistes et souhaite que la ligne du Parti qui les représente soit clarifiée. Je crois que dans ce cadre, le quinquennat, les débats de la primaire et les résultats du premier tour de l’élection présidentielle auraient été différents. Je prendrai pleinement ma part dans les réflexions et les débats à venir, avec les valeurs qui animent mon engagement politique et mon expérience de Maire et Président d’une intercommunalité.

Les socialistes, forts de leurs valeurs, doivent être des contributeurs actifs, utiles et exigeants pour faire valoir leurs attentes et prendre part aux coalitions dont Emmanuel Macron aura besoin s’il se trouve élu le 7 mai. Dans ce cadre, et parce que je connais ses compétences personnelles et son attachement à notre région, son expérience dans la gestion d’une collectivité, je soutiendrai Laurianne Deniaud, candidate socialiste sur la 8ème circonscription de Loire Atlantique, lors des prochaines élections législatives.

A l’heure où nous en sommes, rappelons que l’enjeu du moment c’est l’élection présidentielle. Les débats et le vote doivent permettre à chacun de choisir un dessein pour notre pays entre deux alternatives.

A mon sens, quatre questions fondamentales peuvent guider les réflexions car ce sont elles qui constituent à la fois la trame des divisions du peuple français et donc les jalons autour desquels une véritable refondation humaniste doit surgir pour définir un projet politique rassembleur :

  • La question internationale : européen ou nationaliste ?
  • La question démocratique : démocrate ou populiste ?
  • La question économique et sociale : réformiste, étatiste ou ultralibéral ?
  • La question écologique : aménageur ou protecteur ?Pour ce qui concerne la question internationaleEn tant que socialiste, je suis par nature un internationaliste et un donc un européen convaincu. Je ne serai pas de ceux qui cachent derrière le procès permanent des institutions un discours de défiance vis- à-vis de la coopération européenne. Bien entendu, elle est et restera toujours un combat politique à aborder sans naïveté car elle n’est que ce que les peuples et les rapports de force politique en font.

    L’extension des frontières de l’Union européenne a été une nécessité, pour accrocher à notre continent et à son idéal démocratique des pays sortis de l’ex bloc soviétique qui auraient pu basculer dans de dangereux soubresauts. Mais il convient que les pays européens qui le désirent puissent aujourd’hui engager des coopérations plus importantes, notamment en matière sociale et de santé, de transition écologique et d’investissements publics pour renforcer leurs solidarités et leurs modèles de développement.

    En tant que Maire de Saint-Nazaire et Président de Saint-Nazaire Agglomération – la CARENE, représentant d’un territoire dans lequel le tissu industriel, par la nature des commandes, des actionnariats, des coopérations vit en permanence au rythme d’une vie mondialisée, j’invite chacun à mesurer l’absurdité des idées nationalistes.

    En tant que Maire d’une ville que la guerre a largement détruite et qui a vu ses populations jetées sur les routes, je mesure ce que signifie le devoir de solidarité en faveur des migrants et des réfugiés politiques. Je suis fier que notre Europe soit perçue comme une terre d’asile et je crois que cette culture de l’ouverture doit rester un des fils rouges majeurs de la construction européenne, qui a fait de la libre circulation des travailleurs, des étudiants et des citoyens un axe majeur de son identité.

    Cette conviction sur l’importance de l’idéal européen ne me laisse en rien naïf sur nos besoins de protections, qu’il s’agisse de protections des frontières européennes vis-à-vis des risques liés au terrorisme international, ou des besoins de protections vis-à-vis des pays qui pratiquent un inadmissible dumping social. Le cadre européen doit être rendu plus solidaire et plus démocratique pour devenir, encore plus qu’aujourd’hui, l’espace de notre protection.

    La question démocratique

    Notre modèle républicain ne pourrait pas survivre si les idées politiques nationalistes étaient amenées à prendre le pouvoir.

Il suffit de voir la haine que les dirigeants de l’extrême droite diffusent en direction de la presse et de toutes celles et ceux qui ne partagent pas leurs idées. Il suffit de voir la façon dont, à Saint-Nazaire, les représentants de l’extrême droite comparent les élus socialises à des animaux nuisibles dont il faudrait se débarrasser, empruntant ainsi aux références nauséabondes des pires moments du 20ème siècle.

Il suffit de voir leur incapacité à penser des modèles de coopération. Ils s’opposent au principe même des coopérations intercommunales sans jamais nous dire comment ils géreraient tous ces services aux habitants dont la cohérence se situe bien à une échelle dépassant celle de la commune : transports, eau, déchets, assainissement… Ni comment ils géreraient le développement des politiques d’habitat ou l’action économique si nous en étions encore au chacun pour soi communal qui a été parfois, c’est loin derrière nous heureusement, une bagarre de tous contre tous et le triomphe des égoïsmes.

Il suffit de voir à quel point ils portent en eux une violence qui commence par les mots et finira inévitablement par les actes. Ils estiment, comme tous les extrémistes, être seuls garants, et souvent propriétaires, des attentes du Peuple, toujours rêvé comme un tout homogène dont seul le chef serait le guide et l’interprète. Je pense au contraire qu’il faut savoir reconnaître l’hétérogénéité des sociétés humaines et la nécessité absolue de respecter les instances et les corps intermédiaires associatifs et syndicaux qui la font vivre. N’en déplaise au Front national, une société est par nature hétérogène. Elle est riche de sa diversité et le rôle du politique c’est de faire lien, sens et compromis entre toutes les parties qui la composent.

Je suis très inquiet de voir les fondamentaux du cadre démocratique se fragiliser les uns après les autres : respect du vote, respect des décisions de justice, respect des personnes et des institutions. Les nationalistes et tous les populistes se nourrissent de ces entailles au contrat républicain qui se multiplient dangereusement alors que c’est la base de la vie en société et de la préservation de l’unité et de la paix civile.

La question des initiatives et des solidarités

En tant que socialiste, l’un des marqueurs de mon engagement a toujours été de considérer que l’égalité des chances ne va pas de soi. Je revendique donc l’idée que des politiques publiques fortes et structurantes viennent protéger les plus faibles, corriger les inégalités et favoriser l’émancipation sociale. Je revendique pleinement les actions que l’Etat et les collectivités locales doivent déployer dans le domaine du logement, de la solidarité, de l’éducation, de la culture, du sport etc.

Je suis attaché à cette question d’émancipation car elle suppose la rencontre de deux énergies. Celle de la puissance publique, qui assume un rôle de protection ou de soutien, mais aussi celle de chacun, qu’il soit citoyen s’engageant dans la vie collective, salarié déployant et adaptant ses compétences professionnelles ou entrepreneur prenant des risques au travers de ses investissements.

En tant que socialiste et en tant qu’élu local je sais que ni la libre concurrence permanente, ni l’omniprésence de la puissance publique, qu’elle soit celle d’un Etat ou d’une mairie, n’aident au bon fonctionnement de la vie économique, sociale et in fine politique. Une société ne peut pas fonctionner sans laisser respirer les initiatives, sans laisser de la place à celles et ceux qui veulent expérimenter ou prendre des risques.

Qu’il s’agisse d’initiatives citoyennes ou associatives, nous devons imaginer de nouvelles manières de les appréhender et de leur faire place quand elles contribuent au bien commun pour imaginer de

nouvelles solidarités. Qu’il s’agisse d’initiatives entrepreneuriales, nous devons trouver les moyens d’accompagner leurs capacités d’innovation, les formes de travail et de coopération qu’elles inventent et leurs capacités à prendre des risques car c’est de là que les nouveaux produits, les services de demain et donc les emplois trouveront naissance.

L’élu local que je suis est en contact permanent avec les acteurs économiques du territoire. Au service de notre ville et de son agglomération, je cherche à promouvoir des coopérations entre puissance publique et initiatives privées, dans le respect des responsabilités de chacun. Je ne peux donc pas me satisfaire des discours étatiste et antipatronaux dans lesquels se complait une partie de la gauche qui fait de la centralisation et de l’économie administrée la trame de ses analyses. Je ne me reconnais pas non plus dans les discours ultralibéraux qui voudraient nous faire croire qu’équilibre et bien commun naitront de la compétition de tous contre tous.

La question écologique

La question écologique est au cœur des enjeux de la transformation économique et sociale. Là encore, ce n’est pas le repli sur soi qui nous aidera à avancer face à ces grands défis. Là encore, la question européenne est centrale tant cette échelle de coopération est adaptée à un grand nombre d’enjeux, qu’ils soient ceux de la production énergétique, de la politique agricole, de la protection de la santé.

Là encore, ceux qui veulent opposer uns contre les autres, qui somment chacun de choisir son camp – protecteur ou développeur – font fausse route. Là encore il doit être question d’une approche équilibrée, consciente des contraintes et du temps nécessaire aux adaptations de nos filières économiques, de nos modes de vie, de nos capacités à réorganiser nos productions énergétiques. L’enjeu majeur est de tracer des perspectives, de construire des stratégies partagées avec les citoyens et les filières économiques pour permettre concrètement ces adaptations et mieux protéger notre planète et notre santé.

Nous sommes tous comptables de la terre que nous voulons laisser à nos enfants, qu’il s’agisse de l’environnement dans lequel ils vivront ou des infrastructures que nous leur laisserons pour qu’ils disposent d’énergie, de logements, de moyens de transports des personnes et des marchandises comme nous-mêmes avons disposé des investissements de nos aînés. Notre avenir n’est donc ni dans la décroissance, ni dans le productivisme à tout va.

En tant qu’élu local, je mesure concrètement à quel point la transition écologique et énergétique impose d’accompagner un ensemble de mutations pour les territoires, les citoyens, les agriculteurs, les industriels. Je mesure aussi les écarts entre les effets de tribune et la réalité des comportements quand on parle concrètement de la forme de la ville, de la densité urbaine, quand on cherche des équilibres entre les différents usages des espaces naturels souhaités par les agriculteurs, les pêcheurs, les chasseurs, les promeneurs. Ici, les efforts que nous engageons en matière de transition énergétique et d’industries du futur, notre soutien au développement de la recherche et à l’économie de la mer, notre politique de peuplement économe de l’espace, notre souci de la protection des espaces agricoles ou notre soutien à la rénovation de l’habitat sont quelques manifestations concrètes. Nous avons pris le temps de les construire, avec les partenaires concernés, et c’est pour cela qu’elles sont efficaces.

A l’échelle nationale, cette élection présidentielle doit nous permettre de trouver les termes d’un nouveau contrat social et environnemental, d’un nouveau modèle de croissance car la transition écologique est aussi un défi économique et énergétique.

Quatre questions politiques majeures, structurantes. Quatre sujets au travers desquels j’ai analysé les enjeux de cette élection présidentielle. J’ai trouvé dans le programme d’Emmanuel Macron une offre politique équilibrée, pas parfaite car aucun programme politique ne l’est jamais. Mais, adepte des compromis qui permettent d’avancer et de réformer une société, l’élu socialiste que je suis considère qu’il réside là un projet politique, pour reprendre ses termes, « un contrat de devoirs, de droits et de responsabilités », qui mérite attention et soutien.

Je souhaite que la famille socialiste et tous les humanistes soient au rendez-vous le 7 mai en votant Emmanuel Macron au second tour de cette élection présidentielle car ils doivent peser dans cette élection, pour prendre pleinement part à l’avenir de notre pays.

David Samzun.

Maire de Saint-Nazaire
Président de Saint-Nazaire Agglomération – La Carene

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