Le directeur du Crédit Mutuel de Pornichet monte sur scène pour nous faire rire !

Philippe Pragnère présente son spectacle : « Un banquier à découvert »

Philippe Pragnère présente son nouveau spectacle comique, « Un banquier à découvert », vendredi 28 avril prochain au palais des congrès Atlantia de La Baule. Or, Philippe Pragnère est un vrai banquier, puisqu’il n’est autre que le directeur du Crédit Mutuel de Pornichet qui, tout en exerçant très sérieusement son métier, est connu pour son sens de l’humour… Alors, pourquoi ne pas monter sur scène ? Dans une ville de province, lorsque l’on a une position sociale à tenir comme la sienne, il faut une sacrée dose de cran pour franchir le pas et c’est ce qu’il a fait avec talent. Pour son nouveau spectacle, il est accompagné d’Antonin Brilla, un jeune comédien et humoriste nantais. Il est également sur scène avec son guitariste, Thierry Noguet, et son souffleur, Jimmy Avenard. En première partie du spectacle, le groupe pop rock nantais Solstyce interprétera quelques chansons de son nouvel album. Notons que tous les bénéfices de cette représentation seront reversés à deux associations caritatives.

« Un banquier à découvert », de Philippe Pragnère, vendredi 28 avril 2017 à Atlantia à La Baule.

La Baule + : Comment avez-vous eu l’idée de créer un spectacle ?

Philippe Pragnère : Cela faisait longtemps que j’avais un côté artistique en moi et je ne savais pas vraiment lequel. Une nuit, j’ai imaginé écrire des sketches pour les autres. J’ai pensé à Gad Elmaleh ou à quelques humoristes connus et il me semblait que cela leur irait très bien. J’ai présenté mes textes à des amis, qui ont réagi en me disant que je pouvais les interpréter moi-même. Alors, j’ai continué d’écrire et j’ai conçu douze sketches en un an. C’est venu naturellement, en pensant aux différentes étapes de ma vie, comme le font tous les humoristes. Un jour, je suis allé voir Quai des Arts et j’ai fait un premier spectacle, uniquement sur invitation, parce que j’ai d’abord voulu tester mes capacités. Tout le monde est venu, j’étais devant 450 personnes, pour un spectacle d’une heure et demie. Mais c’est un one-man-show accompagné, car je demande à des chanteurs d’intervenir tous les quatre ou cinq sketches avec des chansons des années 80 pour donner un peu plus de rythme. Ce sont évidemment des titres qui sont en rapport avec les sketches. Cette année, je suis également sur scène avec un guitariste, qui est un peu mon complice et qui va intervenir librement…

C’est un exercice très difficile de faire rire et les mécanismes de l’humour sont souvent basés sur la moquerie. Où trouvez-vous l’inspiration ?

Pour faire rire, il faut parler de soi-même, savoir se mettre en dérision. Il faut aussi faire comprendre au public que cela peut lui arriver également… Le public doit faire partie du spectacle. Tous les humoristes ont l’habitude de prendre quelqu’un au hasard dans la salle en le gardant comme fil conducteur tout au long du spectacle. Évidemment, il est compliqué de faire rire… Nous sommes tous influencés par les phrases des grands comiques qui sont au fond de notre mémoire. Mais on doit toujours faire attention à ne pas faire de plagiat, pour ne pas ressembler aux autres, et cela devient compliqué… Alors, j’évite d’écouter les autres humoristes depuis deux ans, pour ne pas avoir à me dire à chaque fois : « Il faut que je recommence, parce qu’ils ont eu la même idée que moi ! » Je reste sur mon fil conducteur à travers les actes de la vie courante et j’essaie d’amener un côté comique. C’est très difficile, on ne peut pas savoir si cela va faire rire ou non. Cela dépend du public, de son âge aussi…

La banque est-elle un sujet qui peut être amusant ?

Je ne parle pas du tout de banque dans mon spectacle. Le titre, c’est « Un banquier à découvert » parce que je me livre à découvert. Mais je m’interdis, pour l’instant, de parler de banque tant que je suis dans la banque. Lorsque j’aurai fini, je parlerai peut-être des relations entre les clients et la banque. Mais, pour le moment, je m’interdis de parler de banque et de politique. Après, il y a beaucoup de thèmes qui font rire le public : le sexe, la chirurgie esthétique, les relations de couple, le sport…

Vous avez eu le courage de franchir le pas, alors que vous avez une position sociale et une notoriété locale qui inciteraient à la discrétion…

Il faut avoir du courage, effectivement, parce que je ne suis pas du tout un professionnel. Je n’ai jamais fait de théâtre de ma vie et j’y suis allé franco ! Mais je pense que je ne suis pas un banquier de nature, puisque je suis entré dans la banque pour des raisons alimentaires… Je suis né en Afrique du Nord, à Sidi Bel Abbès. J’ai connu la guerre d’Algérie et nous avons été rapatriés en 1968 pendant les événements de mai.

Vos parents étaient restés en Algérie après 1962 ?

Nous sommes partis, puis retournés en Algérie après 1962, pour y rester jusqu’en 1968… C’était vraiment très sympa. À notre retour en France, mon père, qui était enseignant, a voulu être nommé dans la région et nous sommes arrivés à Saint-Nazaire. Alors, pour le qu’en-dira-t-on, cela m’est égal. Tant que je fais un travail professionnel, cela ne me dérange pas. Évidemment, il y aura toujours un client pour dire : « Il ferait mieux de s’occuper de sa banque, plutôt que d’aller faire du spectacle ! »

Votre hiérarchie au Crédit Mutuel a-t-elle bien réagi ?

Ma hiérarchie m’accompagne. Il faut savoir que c’est le Crédit Mutuel qui accompagne tous les grands événements musicaux, avec des grands artistes, et ma directrice générale a toujours dit : « S’il y a des talents au Crédit Mutuel, faites-le savoir ! » Je suis arrivé à un âge où je pense être assez mûr et je me dis que j’ai encore des rêves à réaliser. Alors, c’est maintenant ou jamais ! Maintenant, je peux me planter… Je ne veux pas faire le même spectacle deux fois de suite, donc c’est un spectacle totalement nouveau que je présente à Atlantia. Dans ce spectacle, je parle de mon enfance, de mes périodes sportives et amoureuses aussi…

Beaucoup d’humoristes sont pieds-noirs ou originaires d’Afrique du Nord. Comment expliquez-vous cela ?

C’est exact. Un jour, je m’étais dit aussi que la plupart des humoristes français étaient originaires d’Afrique du Nord… Mais aujourd’hui, il ne reste plus beaucoup de pieds-noirs sur scène, il y a Michel Boujenah… Mais c’est vrai et j’avais envie de relancer ce type d’humour. Pourquoi ? Il y avait une grande facilité de vie et d’expression, on prenait les choses avec beaucoup d’insouciance, cela a forgé ce caractère indiscipliné et rebelle aussi…

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