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Évrard Perrin, un jeune Guérandais de 13 ans, crée un vrai sous-marin !

Évrard Perrin est un jeune surdoué de 13 ans qui vient de créer un sous-marin avec l’aide de l’association Prisme. L’engin a été testé dans le port de La Turballe, or il s’agit bien d’un vrai sous-marin qui se déplace sous l’eau ! Il y a bientôt deux ans, Didier Durandy a lancé à La Turballe cette association, dont l’objectif est d’aider ceux qui souhaitent réaliser leurs rêves les plus fous à le faire… Il ne s’attendait certainement pas à voir un véritable sous-marin conçu par un adolescent de 13 ans ! Didier Durandy souligne que ce jeune Guérandais est un génie : « Évrard a déjà construit plein de choses, comme un vélo électrique qui fonctionne avec une batterie de voiture posée sur le porte-bagages et qui offre deux heures d’autonomie. Cela lui a coûté 10 euros ! » Il ajoute : « Ce jeune est parti de son rêve et c’est ce qui nous a séduits. Il a pu réaliser un vrai sous-marin de six mètres de long et l’engin pèse une tonne et demie ». Pour cela, « Évrard a longtemps regardé des images, il est allé faire des recherches sur Google, il a lu de nombreux livres sur les sous-marins et il a commencé à partir de l’une de ces cuves de gaz que l’on trouve à l’extérieur des maisons. C’est une cuve de quatre mètres de long. Il a créé un kiosque dessus, il a soudé un ballast pour l’alourdir, il a lui-même creusé les hublots et, progressivement, le sous-marin a été construit. Il a lui-même installé un générateur, avec un moteur électrique. Cela a nécessité un an de travail, les soirs et les week-ends, puisqu’il est en classe de quatrième. Ensuite, il a testé le sous-marin discrètement à La Turballe et celui-ci est maintenant complètement opérationnel. L’engin a été mis à l’eau fin août et les essais complets se feront à Pen-Bron. C’est un vrai sous-marin, qui peut descendre jusqu’à cinq mètres de profondeur et deux personnes peuvent tenir à l’intérieur. »

Ecoutez Didier Durandy avec Yannick Urrien sur Kernews

Développer la créativité et l’intelligence

Si Évrard est aussi débrouillard, c’est parce qu’il est à bonne école. Son papa, Franck Perrin, lui a inculqué des vraies valeurs et le sens de la débrouillardise : « Je suis un ancien militaire. J’étais aux forces étrangères et, à l’armée, on nous apprend à ne jamais lâcher l’affaire et à être toujours malins, perspicaces, rapides et efficaces. Donc, chaque fois que je peux motiver Évrard, j’essaie de le faire, même lorsque l’on entend que c’est impossible à faire. Je lui ai aussi appris à faire avec pas grand-chose, puisque ce sous-marin a été construit grâce à de la récupération chez des casseurs, des ferrailleurs ou dans des décharges. Il suffisait d’avoir de l’ambition, du courage et de la volonté ! » Un discours partagé par Didier Durandy, qui souhaite inciter les parents à emmener leurs enfants dans des ateliers créatifs : « On ne peut pas laisser les jeunes devant des jeux vidéo du matin au soir ! Nous allons lancer des ateliers de créativité et les encourager à avoir des idées folles, car il y a énormément de créativité et d’intelligence en France. Il suffit de les aider à développer tout cela ! » Ce sous-marin a donc été fabriqué dans un garage, derrière le Super U de La Turballe, à partir de nombreux matériaux de récupération comme une ancienne cuve à gaz, des tuyaux de plomberie, des hélices, des hublots… Évrard a appris à souder à l’arc pour fixer les tubes, les grilles de protection des hélices, les pièces intérieures… Trois batteries de 14 volts et un groupe électrogène permettent la propulsion de l’engin, qui dispose d’une autonomie de 45 minutes sous l’eau.

Évrard découvre le mal français…

Que se passerait-il dans un autre pays si un jeune de 13 ans arrivait à fabriquer un vrai sous-marin ? Aux États-Unis, il servirait d’exemple et il serait contacté par des grandes entreprises qui lui offriraient de prendre en charge ses études… Dans des pays comme la Russie ou la Chine, l’armée aurait déjà proposé à ses parents de prendre intégralement en charge Évrard en lui assurant une belle carrière… Dans la plupart des autres pays, on essaierait d’inciter la jeunesse à créer à partir de son exemple et les autorités locales investiraient dans son avenir… Or, en France, il se fait injurier ! En effet, un incident s’est produit sur le port de la Turballe lors de l’essai du sous-marin. Franck Perrin est scandalisé : « Nous avons été virés du port de La Turballe par le directeur, qui a fait un scandale devant des journalistes de RTL et de M6. Il nous a insultés : « Vous n’êtes pas immatriculés, vous n’êtes pas aux affaires maritimes ! » Il a fallu négocier pendant une demi-heure et, grâce à une intervention du maire de La Turballe, il nous a laissés descendre le sous-marin à l’eau. Nous sommes très déçus par ce comportement très français. Nous sommes dans un pays où l’on ne peut plus rien faire ! Lorsqu’un gamin de 13 ans essaie de créer quelque chose – c’est même un bijou technologique – on lui demande d’aller l’immatriculer aux mines et aux affaires maritimes ! Cet homme a carrément brisé un an de travail d’un enfant de 13 ans. Nous avons été applaudis par des centaines de personnes, des pêcheurs et des plaisanciers. Et pendant ce temps, le directeur du port gueulait devant tout le monde : « Sortez-moi cela de là ! On ne fait pas n’importe quoi dans un port ! » Un administratif ose dire cela à un jeune qui essaie d’innover et de créer ! C’est une honte ». Franck Perrin et Didier Durandy condamnent l’attitude du directeur du port, mais ils comprennent aussi que la situation n’est pas simple sur le plan juridique. Le papa d’Évrard a conscience qu’il existe des problèmes de responsabilité et d’assurance, la crainte d’une collision avec un bateau, et c’est ce mal français qu’il condamne : « En Asie ou en Afrique, ils roulent à trois ou quatre sur une mobylette ! Dans le monde entier, on essaie d’innover et de prendre des risques, on pense d’abord à la réussite. Alors qu’en France, on ne pense qu’aux risques et on finit par tout interdire. Évrard a voulu essayer le vélo électrique qu’il avait conçu et on l’a arrêté, parce qu’il n’était pas homologué ! » En tout état de cause, Franck Perrin tient à remercier le maire de La Turballe, Jean-Pierre Branchereau, qui a décidé de laisser Évrard s’installer dans une cale communale à Pen-Bron afin qu’il puisse poursuivre les tests de son sous-marin.

Ecoutez Franck Perrin et son coup de gueule sur Kernews

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