vendredi , 23 juin 2017

Franck Harion, chef de la police municipale de Guérande, distingué pour ses missions extérieures au combat

Franck Harion, chef de la police municipale de Guérande, est un ancien militaire qui s’est retrouvé engagé sur de nombreux théâtres d’opérations extérieures : il a notamment été en République Centrafricaine entre 1984 et 1985, à Djibouti pendant deux ans, et il a combattu lors de la première guerre du Golfe, en 1991, ce qui lui a permis de se distinguer en faisant 47 prisonniers avec son régiment et d’être cité à l’ordre de la Nation. Sa carrière de militaire vient d’être honorée par le général André Soubirou, président de l’Association nationale des participants aux opérations extérieures (ANOPEX) et le général Xavier de Zuchowicz, adjoint au maire de La Baule, qui lui ont remis solennellement le drapeau de l’ANOPEX le 12 mai dernier. Franck Harion explique la signification de cette cérémonie : « Il avait été décidé que chaque délégation départementale puisse avoir le drapeau de l’ANOPEX. Ce drapeau sert de témoin et de mémoire, car il faut arriver à inculquer aux jeunes toutes les valeurs de la Nation et du patriotisme qui sont fondamentales ».

Franck Harion sur Kernews

 

Kernews : Vous étiez au combat lors de la première guerre du Golfe : quels souvenirs conservez-vous de cette période ?

Franck Harion : Je me souviens des frappes américaines sur les positions irakiennes qui nous ont permis d’accéder facilement au cœur de l’Irak. Quand nous sommes entrés en Irak en février 1991, nous avons pu contourner les positions irakiennes. C’était comme dans un film de guerre, avec les hélicoptères au-dessus, et nous sommes arrivés jusqu’à 100 kilomètres de Bagdad. Les soldats irakiens sont vraiment de très bons soldats, mais malheureusement ceux que nous avons capturés au sein de notre régiment étaient des pauvres paysans irakiens qui avaient été réquisitionnés. Pendant ce temps, à Bagdad, la garde présidentielle tenait la ville avec des moyens conséquents. Par ailleurs, j’ai vraiment été surpris par le nombre de matériels européens dont disposaient les Irakiens, puisque nous avons saisi du matériel dernier cri ! Ensuite, nous devions quand même nous méfier des Irakiens : on parle des attentats en ce moment mais, déjà, en 1991 les soldats irakiens avaient des ceintures explosives et, au moment de leur interpellation, ils pouvaient dire : « On va tous partir ensemble ! » Nous devions être assez vigilants. Une fois qu’ils étaient faits prisonniers, c’étaient des gens tout à fait sympathiques…

Quels sont les objectifs de l’ANOPEX ?

L’ANOPEX (Association nationale des participants aux opérations extérieures) est une association créée par le général Soubirou, de la Légion étrangère, qui a décidé de fédérer le monde combattant et la quatrième génération de feu, c’est-à-dire les jeunes qui ont été sur différents conflits. D’abord, pour le devoir de mémoire, le devoir de réparation et aussi parce que la relève n’est pas toujours assurée avec le départ des anciens. Il y a moins de vocations. Les jeunes générations de feu, qui ont entre 30 et 50 ans, sont toujours en activité et il est parfois difficile pour eux de venir discuter avec des anciens ou des plus jeunes. C’est dommage, parce que nous allons avoir énormément de mal à recruter dans les années futures.

Le recul des vocations n’est-il pas aussi lié au fait que les théâtres d’intervention sont extérieurs à nos questions de souveraineté, comme aller faire la police entre le Koweït et l’Irak ?

C’est tout à fait vrai, mais quand nous nous engageons pour défendre notre pays, nous ne nous posons pas cette question, étant donné que notre mission relève d’une décision politique. On nous a demandé d’aller libérer un pays qui a été envahi, c’est ce qui s’est passé en 1991.

Comment vous êtes vous orienté vers la police municipale ?

Cette carrière militaire m’a permis de voir des pays, de côtoyer des personnes de diverses ethnies, ce qui m’a amené à comprendre beaucoup de choses, puisque j’ai notamment été au Koweït, en Irak et en Arabie Saoudite. À l’issue de l’armée active, j’ai eu envie de travailler dans un service de sécurité et cela m’a incité à passer le concours pour entrer en tant que policier municipal. J’aurais pu être gendarme, mais je ne souhaitais pas le faire parce que c’est le système militaire. J’aurais pu aussi intégrer la branche de surveillance des douanes, mais j’ai préféré m’orienter vers la police municipale. Cela s’est fait un peu par hasard, lors d’une rencontre avec un officier-conseil à Djibouti, qui m’avait donné une plaquette d’information sur l’École nationale de police municipale d’Orange. Cela m’a permis d’intégrer la police municipale sous statut militaire et j’ai maintenant trente ans de police municipale, dont dix ans en région parisienne dans des quartiers sensibles.

Cette expérience vous amène-t-elle à ressentir les choses différemment, par rapport à vos collègues ?

Le fait d’avoir travaillé en banlieue m’a influencé dans ma manière d’intervenir sur la voie publique. J’ai travaillé dans une ville sensible, à Chanteloup-les-Vignes, où il y a de nombreux problèmes, avec cinquante ethnies différentes concentrées dans une cité. Nous étions confrontés tous les jours à des problèmes d’incivisme et de délinquance violente sur la voie publique.

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