Jean-Claude Pelleteur invite les Pornichétins à débattre sur leur projet de ville.

Jean-Claude Pelleteur, maire de Pornichet, lance un grand débat autour du projet de ville. L’objectif est de dépasser le simple bilan des trois premières années de mandat puisqu’il s’agit surtout de préparer, en dehors de tout cadre politique, le Pornichet de demain. La commune a déjà édité une brochure très complète qui détaille les thèmes structurants de ce projet et, tout au long des prochains mois, différentes opérations de concertation seront proposées aux Pornichétins. La Baule avait entrepris une démarche similaire en 2011, lorsque Nicolas Bouzou était venu présenter son rapport sur l’attractivité et le développement économique de la ville. L’approche de Pornichet consiste également à réfléchir collectivement sur son évolution à long terme (dix à vingt ans) et sur ses équipements structurants.

 

La Baule + : Qu’est-ce qui vous a incité à lancer cette réflexion autour d’un projet de ville ?

Jean-Claude Pelleteur : Nous arrivons à mi-mandat et il est important de communiquer sur ce que l’on a fait et sur ce que l’on va faire. C’est un gros travail qui a été mené au cours du deuxième semestre 2016 avec tous les élus. Nous avons fait le point sur tous les engagements pris vis-à-vis des Pornichétins et il y a quatre grands thèmes qui ressortent sur l’identité de la ville, le vivre ensemble intergénérationnel, l’économie et la volonté de continuer de faire vivre Pornichet à l’année en créant des animations. Il ne s’agit pas d’être simplement une ville qui vit pendant un mois et demi, mais tout au long de l’année. Nous avons la chance d’avoir le pôle industriel nazairien qui n’est pas loin. En bâtissant ce projet de ville, nous nous sommes rendu compte qu’il était nécessaire d’éclairer la vision des Pornichétins, car un certain nombre de décisions vont impliquer les dix ou vingt prochaines années. Ce n’est pas simplement un document de plus, puisque nous engageons un important travail de concertation avec la population.

Est-ce finalement un cahier des charges sur le Pornichet des dix prochaines années ?

Oui et il s’appuie sur ce que nous avons fait. L’élément déclencheur a été la cérémonie des vœux, début janvier, puisqu’il y avait 800 personnes. Dans ce projet de ville, il y a les quatre principales orientations, mais aussi trois thèmes qui vont faire l’objet de réunions publiques. Le premier, c’est l’avenir des ports, le port de plaisance et le port en eau profonde. Avec la fin de concession en 2026, on ne peut pas rester comme cela. Il serait suicidaire d’attendre 2026 et il faut donc anticiper les choses. Nous allons présenter à la fin de l’année un pré-projet pour bien indiquer ce que peuvent devenir les ports de Pornichet. Nous devons tenir compte des nouvelles pratiques de plaisance, car le plaisancier d’aujourd’hui n’est plus le même qu’il y a dix ans et il demande un certain nombre de services que nous n’offrons pas encore. Nous ne sommes pas prêts. Nous avons un port qui est éloigné du centre-ville et nous allons faire quelque chose dès l’année prochaine en élargissant le viaduc, afin de permettre aux gens d’aller plus facilement à pied ou à vélo sur le port. Nous faisons une étude sur l’évolution de ce port, qui a une vue magnifique sur la baie, mais aucun restaurant ne donne sur la baie et c’est quand même dommage… Si nous arrivons à faire quelque chose d’intéressant entre le port en eau profonde et le port d’échouage, nous deviendrons le troisième port de plaisance en anneaux de la côte atlantique, derrière la Rochelle et Le Crouesty.

Vous venez d’attribuer la concession du port d’échouage à la CCI. Les deux concessions vont-elles s’achever au même moment ?

Oui, les deux concessions vont s’achever en 2026 et on peut donc anticiper les choses. Aujourd’hui, il y a une centaine d’emplois sur le port de Pornichet et les gens sont dans l’expectative. Si l’on ne donne pas un signe dès maintenant, des activités peuvent péricliter avant 2026. Pour le deuxième sujet, nous allons travailler avec La Baule sur l’avenir du front de mer. Nous allons également faire participer la population sur ce point. Le troisième sujet, c’est le boulevard de la République qui va de l’hippodrome au port. L’aménagement de la pointe du Bé est terminé et nous avons en tête que la station Total va disparaître pour s’installer sur la zone de Brais. Cela nous ouvre une perspective tout autour du marché pour faire un projet assez fantastique et tourné vers la mer. Le projet de ville, ce n’est pas simplement un document, c’est quelque chose qui doit être élaboré avec les Pornichétins lors de réunions publiques thématiques. Nous faisons également travailler les conseils de quartier sur les quatre orientations principales afin qu’ils nous fassent part de leurs attentes complémentaires. Il y aura aussi une exposition itinérante pour que les Pornichétins puissent rencontrer les élus et échanger sur le projet de ville. Nous allons engager des études qui vont forcément influer sur le futur et nous devons donc être sûrs que tout cela soit clair. Pour moi, l’argent public doit être dépensé avec attention et précaution, et il ne faudrait pas que tout soit remis en cause après 2020.

Vous souhaitez donc qu’il y ait suffisamment de cohésion au sein des habitants pour qu’un candidat ne vienne pas dire : « Si je suis élu, on remettra tout à plat… »

Exactement. Je suis agréablement surpris par le nombre de questions et par l’engagement de la population. Nous voulons rester une ville dynamique et animée. Nous avons des projets intéressants, notamment pour la place du marché.

C’est une concertation, rien n’est donc définitif, mais certains de ces projets vous semblent-ils plus particulièrement importants ?

Oui, c’est le boulevard de la République, la place du marché, les ports et le boulevard de mer. Nous allons lancer une enquête auprès des Pornichétins avant l’été sur le boulevard de mer et nous allons profiter du travail déjà engagé à La Baule. Un chef d’entreprise m’a demandé : « Allez-vous faire quelque chose de totalement différent de La Baule ? » Non, justement, il faut que l’on fasse quelque chose en harmonie avec La Baule, sinon cela n’aurait aucun sens puisque nous partageons la même baie et le même bassin de vie. Maintenant, si La Baule veut mettre du marbre partout, nous n’y arriverons pas ! Il est clair que ce ne sera pas lors de ce mandat, mais après 2020, car nous n’en avons pas les moyens actuellement. Mais cela n’empêche pas de lancer les études dès maintenant.

Enfin, la situation est-elle réglée pour les restaurants de plage ?

Les accords sont trouvés, les permis de construire sont déposés, mais le planning est tendu. La grosse préoccupation que nous avons, c’est que ces établissements doivent être ouverts pour la saison. C’est extrêmement tendu, mais ce sont des contraintes obligatoires. Je pense que nous avons bien accompagné les professionnels. Les permis de construire ont été traités rapidement, nous avons fait tous les efforts nécessaires, car ce sont des emplois qui sont en jeu et c’est aussi l’attractivité de la ville. Je suis content, parce que les exploitants de plage paient globalement la même chose que ce qu’ils payaient auparavant à l’État et ils n’ont plus aucune épée de Damoclès sur le dos, puisqu’ils ont leur concession pour douze ans.

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