L'invité de Yannick Urrien

Jean-Noël Audibert : « Il peut y avoir une refondation à droite, mais il faut laisser mûrir la situation. »

Cet ouvrage de Jean-Noël Audibert est sorti l’année dernière et l’auteur y évoquait alors la future élection présidentielle de 2017. Or, en le relisant aujourd’hui, force est de constater qu’il est terriblement d’actualité, puisqu’il analyse les raisons du déclin de la France. Les hommes politiques ne parlent que des « valeurs républicaines » mais, derrière cela, Jean-Noël Audibert dénonce une haine de la chrétienté au profit d’une nouvelle forme de religion : la laïcité. Jean-Noël Audibert est centralien, il a effectué toute sa carrière dans l’industrie pétrolière et il a été conseiller municipal à Versailles. Yannick Urrien lui a demandé son opinion sur la présente situation politique jeudi 7 septembre 2017 sur Kernews.

« Euthanasier la République pour sauver la France ? » de Jean-Noël Audibert est publié aux Éditions Dominique Martin Morin.

Ecoutez l’intégralité de l’entretien entre Yannick Urrien et Jean-Noël Audibert sur Kernews.

Extraits de l’entretien

Kernews : Votre livre a été publié l’an dernier et l’on pourrait penser qu’il n’est plus guère d’actualité, toutefois ce n’est pas le cas. Vous appelez les lecteurs à réfléchir sur l’état de la France à travers ce titre provocateur : « Euthanasier la République pour sauver la France ? » Est-ce une invitation à réfléchir sérieusement sur l’état de nos institutions ?

Jean-Noël Audibert : J’appartiens à une génération qui, dès la petite enfance, a appris à aimer notre pays, la France, notamment à l’école publique. Au fil des années, je me suis rendu  compte que nous ne connaissons pas vraiment un déclin, mais un effilochage de notre pays. Nous nous enfonçons par moments et je ne pouvais pas rester indifférent à une telle situation. L’élément détonateur, c’est l’usage depuis janvier 2015 – c’est-à-dire depuis les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher – des mots « valeurs républicaines » et « République » de façon incantatoire, comme si cette utilisation allait régler les problèmes qui se sont accumulés en un peu plus d’une quarantaine d’années. Est-ce que les valeurs républicaines existent ? Je range de côté la notion de pacte républicain qui est totalement un mythe. Une valeur, c’est quelque chose de constant et qui est partagé par un certain nombre de personnes. J’ai décidé de visiter les cinq Républiques parce que j’ai toujours été attiré par l’histoire. J’ai pu constater qu’en fait il n’y avait pas vraiment de valeurs républicaines, c’est-à-dire qu’il n’y avait pas de constance. Nous pouvons dire qu’il y avait une certaine stabilité dans des valeurs, du début de la IIIe République jusqu’au départ du général De Gaulle, c’est-à-dire pendant 90 ans, mais nous avons assisté très rapidement à un retournement de ces valeurs. La situation est de plus en plus inquiétante. Le seul fil rouge que j’aie trouvé, c’est un certain mépris, voire une haine de la religion catholique lors de ces cinq Républiques.

En fait, le terme République désigne simplement un mode d’organisation différent de celui de la monarchie, alors que beaucoup de Français interprètent la République comme un système de liberté et de démocratie…

C’est pour cette raison que j’introduis le concept de système républicain en précisant bien que la France et la République sont deux choses totalement différentes. Vouloir enterrer la France sous le système républicain est une erreur majeure et j’ai même observé que dans la Constitution de la Ve République, il y a un article qui précise que la Constitution peut être modifiée, mais qu’il ne faut pas changer la forme républicaine de la Constitution. Comme si le système républicain était considéré comme un système quasiment parfait ! Finalement, la France a cette vérité absolue, ce qui est quand même un peu fort vis-à-vis des autres, parce qu’il y a des monarchies constitutionnelles et des démocraties qui valent largement notre système républicain.

Lorsque vous remettez en cause ce système républicain, on vous répond que vous êtes pour la dictature, comme s’il n’y avait rien entre la République et la dictature…

Exactement. Dans la foulée de cette analyse des cinq Républiques, j’ai analysé les maux de notre temps. Malheureusement, dans 10 ans, mon livre sera toujours d’actualité parce que nous accumulons un certain nombre de problèmes majeurs, notamment un problème d’identité, puisque nous assistons à un phénomène d’islamisation de notre pays que personne ne peut nier. Nous avons aussi ce phénomène du cosmopolitisme, avec des cercles de pouvoir au niveau mondial qui veulent arriver à un gouvernement qui dirigerait le monde par le biais d’institutions humanistes qui sont nées après-guerre comme l’ONU, l’Unesco ou le FMI. Bien entendu, pour avoir un gouvernement mondial, il faut faire disparaître les Nations et, en tant que Français, je suis extrêmement inquiet de l’adhésion de nos politiques à ce cosmopolitisme. Ils ne le disent pas trop fort, mais j’ai par moments l’impression que les hommes politiques sont devenus des syndics de faillite qui essaient de faire durer le système.

Valider