La langue bretonne se rapprochait du français dans le pays guérandais.

Yves Mathelier, qui habite dans le Morbihan, étudie depuis sept ans l’histoire de la langue bretonne dans le pays guérandais et il vient de publier un ouvrage très documenté sur ce sujet. On y apprend que l’on a parlé breton pendant très longtemps dans le pays guérandais, jusque dans les années 70, et surtout que cette langue se rapprochait du français dans la manière de construire les phrases. Cette passion pour la langue bretonne remonte à l’époque où l’auteur faisait ses études : « J’étais à l’université de Nantes au début des années 80, il y avait des cours de breton et j’ai appris que le breton avait disparu du bourg de Batz seulement dans les années 70. C’est quelque chose qui a suscité ma curiosité. Mais ensuite, j’ai été pris par mon travail et lorsque j’ai été nommé à La Roche-Bernard, j’ai eu l’idée de travailler sur cette histoire en engageant des recherches. J’ai donc effectué de nombreuses recherches linguistiques sur le dialecte breton. » La langue bretonne a évolué en se rapprochant du français, ce qui signifie que ce breton devait être aussi parlé par des francophones et que ce dialecte devait servir de langue véhiculaire : « Dans la prononciation, il y a des emprunts beaucoup plus fréquents au français. Mais la grande différence, c’est la construction de la phrase qui est très proche du français, avec un sujet, un verbe et un complément, alors que les phrases sont construites différemment en breton. Dans le guérandais, on retrouve toujours un sujet, un verbe et un complément. » La langue bretonne a résisté plus qu’ailleurs sur la presqu’île, puisque l’on parlait breton à Guérande encore dans les années 70. Yves Mathelier explique cette situation par la spécificité de la géographie : « C’est une presqu’île et la Brière a constitué une frontière naturelle. Au Moyen Âge, Guérande était une ville conséquente qui se suffisait par elle-même, alors que Saint-Nazaire n’était qu’un petit bourg qui n’existait quasiment pas. C’est finalement cet isolement qui explique cela… » Il souligne que c’est aussi grâce à ce contexte local particulier que l’on peut encore retrouver des traces de ce breton guérandais.

« Le breton parlé dans le pays guérandais » de Yves Mathelier est publié aux Editions Yoran Embanner.

 

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