vendredi , 23 juin 2017

L’art contemporain : une imposture mondiale, un monopole français…

Aude de Kerros : « L’art contemporain est devenu une liquidité internationale puisque dans la globalisation, un certain nombre de gens font circuler de l’argent de poche sans que les douanes, les banques ou le fisc y mettent le nez… »

 

Aude de Kerros est graveur, peintre et essayiste. Elle a publié de nombreux ouvrages comme «L’art caché : les dissidents de l’art contemporain» ou «1983-2013 Années noires de la peinture : Une mise à mort bureaucratique ?». Lauréate du Prix Adolphe Boschot de la critique d’art en 2012, elle publie régulièrement des articles de décryptage dans différentes revues. Dans son dernier livre, intitulé «L’imposture de l’art contemporain», elle revient sur les liaisons dangereuses de l’artiste, du financier et du fonctionnaire dans l’art contemporain qui, dans ce domaine, constituent un trio infernal.

«L’imposture de l’art contemporain. Une utopie financière» d’Aude de Kerros est publié aux Éditions Eyrolles.

Kernews : Vous commencez votre livre en rappelant que lors de la crise financière et la faillite de Lehman Brothers, tout s’est effondré, sauf l’art contemporain. Ainsi, vous estimez que ce n’est pas de l’art, mais un placement purement financier…

Aude de Kerros : Quand cette affaire intervient en 2008, l’art contemporain a déjà plus de 50 ans, puisque c’est une notion qui apparaît en 1960, pas sous ce nom, et c’est une autre définition de l’art qui surgit tout d’un coup : la définition conceptuelle, celle de Marcel Duchamp. Bien avant la guerre de 14, vous avez une quantité de courants artistiques, qui sont soit classiques, libres, d’avant-garde ou assez politisés, jusqu’aux années 60. Vous avez le courant abstrait, surréaliste, dada, fantastique ou le néoclassicisme… Tous ces courants apportent des choses nouvelles et, vers 1960, pour des raisons complexes, notamment l’usage politique de l’art et de la culture, parce que nous sommes en pleine guerre froide, il y a un courant qui s’impose institutionnellement et financièrement à New York. C’est le courant conceptuel, qui est en rupture totale avec l’Art moderne. Ce n’est plus de l’art, ce n’est plus esthétique. On ne juge plus sur un plan esthétique, mais uniquement sous l’aspect du concept.

Donc, l’art contemporain n’est pas de l’Art moderne. Mais pourquoi n’est-ce pas de l’art ?

Ce n’est pas de l’Art moderne et ce n’est pas de l’art, parce que ce n’est pas un langage esthétique qui prédomine dont le but serait l’accomplissement de ce langage esthétique. L’art, c’est au-delà des mots, c’est un langage particulier, c’est quelque chose qui dit autre chose et d’une autre façon que les mots. Or, le conceptualisme est un courant qui passe d’abord par les mots, et les formes sont un accessoire. On va parler d’une nouvelle avant-garde pendant quelques années, mais, en 1975, pour des raisons politiques, on va appeler art contemporain ce courant conceptuel. De cette façon, tout ce qui ne sera pas conceptuel ne sera plus contemporain. C’est-à-dire que tous les autres courants qui existent encore vont être accusés d’être anachroniques, à l’envers de l’histoire, populistes, fascistes ou de l’ordre de l’artisanat ou de l’art du dimanche… 80% des artistes sont donc complètement déconsidérés. Dans tous les pays du monde, il y avait deux univers : le monde de l’art contemporain, qui est un monde financier et institutionnel, et le monde de l’art qui avait son marché propre. On vivait à côté, sans se gêner. Ce n’était pas le même public, ni le même métier. Seulement, il s’est passé quelque chose de grave en France. Il y a eu une organisation de la direction de l’art au ministère de la Culture par plusieurs grandes institutions et, à ce moment-là, on a installé un art officiel qui est l’art contemporain. Tous les autres courants étant considérés comme complètement dépassés ou non contemporains. C’est le seul pays où cela s’est produit et c’est très grave ! On a stérilisé la place de Paris, qui était pourtant le lieu où les gens du monde entier venaient. Il y avait un public pour tous les courants, il y avait la possibilité d’être consacré, parce qu’il y avait des critiques d’art et de l’intérêt pour cela. Quelqu’un qui arrivait du Japon ou de Chine pouvait être visible. Depuis 1870, l’État s’était retiré de toutes les commissions et de toute influence dans les milieux artistiques, en demandant aux artistes d’être responsables d’eux-mêmes : «On vous offre un Grand Palais pour faire des salons et des expositions, mais nous ne nous mêlerons pas de choisir les artistes qui entreront». Or, dans notre système actuel en France, ce sont des fonctionnaires inspecteurs de la création qui distribuent des subventions, organisent les grands événements, disent ce qui est de l’art ou non, désignent les bons et se permettent aussi de désigner les méchants, en disant que ce sont des gens abominables.

Finalement, vous dénoncez, non pas l’art contemporain, mais l’étatisation de l’art en France…

Exactement. L’art contemporain est fait pour remplir d’autres missions que celles traditionnellement attribuées à l’art. J’explique que ce produit a d’abord évolué de décennie en décennie et, après la chute du mur de Berlin, la globalisation et l’hégémonie américaine, vous avez aussi une globalisation financière et l’art contemporain devient un système et une organisation financière à la fin des années 90. Il est même façonné de façon à devenir un produit financier composite et sécurisé. La valeur se crée artificiellement par un réseau qui décide de la valeur. Ce réseau est solidaire, c’est une entente et un trust. Un certain nombre de très grandes fortunes s’entendent sur le prix à donner à un objet. Le très haut marché, c’est-à-dire les œuvres au-dessus d’un million, est un marché totalement sécurisé puisqu’il est fondé sur un accord qui n’est pas public entre les personnes. En dessous, sur la partie moyenne qui n’arrive pas au million, il y a une spéculation dangereuse : si l’on achète, il faut revendre impérativement au plus vite, parce que le dernier qui ne pourra pas vendre va se retrouver avec une ardoise… C’est la fabrication d’une pyramide de Ponzi contrôlée et gérée. C’est une intelligence qui me fascine, parce que c’est quelque chose qui se fabrique tous les jours un peu mieux, le système se perfectionne à l’infini. Il y a évidemment des sacrifiés dans l’histoire, mais les plus hauts investisseurs dans cette histoire ne font jamais rien seuls, mais en réseau, parce qu’il ne faut jamais collectionner de l’art contemporain seul. L’art contemporain a pu survivre à la crise de 2008, parce qu’il s’est encore amélioré, et il est allé davantage vers un sens monétaire. C’est devenu une liquidité internationale puisque dans la globalisation, un certain nombre de gens font circuler de l’argent de poche sans que les douanes, les banques ou le fisc y mettent le nez…

Couverture Aude de KerosVous évoquez aussi cet art contemporain qui joue un rôle unificateur de l’humanité en conférant à chacun une place égale : chacun donne son avis, tout le monde a raison, tout le monde est artiste… N’est-ce pas aussi dans l’air du temps, où tout le monde est tout : on est écrivain quand on a un blog, cinéaste quand on publie une vidéo sur YouTube, chroniqueur ou éditorialiste quand on émet un avis à la télévision ou sur Internet sur les restaurateurs, les architectes, les décorateurs… Il n’y a plus de hiérarchisation avec des gens qui détiendraient le savoir au-dessus des autres…

Cette idée de hiérarchie est combattue depuis la guerre. C’est même un travail de fond qui a été mené, consistant à donner à chaque personne l’illusion qu’elle a le pouvoir. On a inventé un système politique qui ferait souffrir le moins possible les personnes qui sont obligées d’obéir. On est soumis sans le savoir. Le narcissisme de chaque personne est protégé par un monde d’illusions qui rend la vie plus heureuse que lorsque l’on voit la réalité. Cela dit, un système de ce genre qui évite de souffrir a un inconvénient : c’est qu’il n’est pas vrai ! Peut-on vivre en dehors de la réalité et dans le mensonge ? On ne peut être libre soi-même que si l’on peut choisir et parce que l’on a compris où étaient les possibilités. Tous les jours, les gens sentent que c’est un monde qui s’écroule et qui ressemble beaucoup à l’utopie d’Aldous Huxley. Il y a deux utopies qui expliquent le XXe siècle : celle d’Orwell qui raconte le système soviétique, avec une dictature, et puis Huxley qui présente un mode soft et doux de la dictature. C’est cette dictature que nous vivons tous les jours.

Ce système va-t-il céder ? Vous racontez qu’il s’est déjà effondré après la chute du mur de Berlin et que nous sommes donc dans la période du deuxième art contemporain…

Le premier art contemporain a connu une crise en même temps que la crise boursière. Dans les années 80, il y a eu une immense spéculation individuelle, qui n’était pas faite en réseau, donc il n’y avait pas de possibilité de se rattraper. Quand la bourse est tombée, tout l’art contemporain est tombé aussi, mais pas seulement, c’est l’art dans son ensemble. Dans les années 80, vous aviez deux marchés différents, celui de l’art et celui de l’art contemporain, et les deux fonctionnaient. C’est pour cette raison que je dis que les deux arts peuvent coexister, parce que ce n’est pas le même monde et ce n’est pas la même chose.

Vous dénoncez également cette disparition des mots et du vocabulaire, avec une classification simplifiée, par exemple à travers le terme de peinture, tout ceci pour faciliter ce grand mouvement où tout le monde fait tout et n’importe quoi…

C’est toujours le maintien de l’illusion ! Mais il y a des bons côtés à cela. Aujourd’hui, on prend un crayon et on n’a plus aucun complexe. Il y a un côté thérapeutique de l’art que beaucoup de gens qui ont des ennuis dans leur vie pratiquent. C’est une bonne chose que ce soit accessible au plus grand nombre. Simplement, il ne faut pas que cela empêche ceux qui ont du génie ou un grand talent d’apparaître… Avant, quelqu’un qui avait la passion du dessin pouvait commencer à se former et il pouvait trouver des maîtres. Aujourd’hui, c’est plus difficile. Il faut trouver quelqu’un qui sait pour vous apprendre, car c’est en apprenant que l’on fait des progrès. Aujourd’hui, on trouve difficilement des maîtres et l’on ne se rend même pas compte que l’on peut progresser et se dépasser. On fait cela uniquement pour s’exprimer, en pensant que cela intéressera tout le monde, ce qui est malheureusement faux. Quand ce genre de choses arrive, c’est la fin de la civilisation.

Enfin, la France est dans une situation particulière dans le monde, puisque c’est l’État qui gère l’art et aucune place n’est laissée à d’autres formes d’expression…

C’est un modèle unique au monde qui fait qu’aucun artiste français n’est connu dans le monde, même contemporain, alors que l’État bichonne les artistes contemporains dès la naissance en s’occupant de leurs études et de leurs expositions ! Il y a une pépinière de jeunes artistes contemporains qui sont bichonnés par le ministère et les autres artistes n’existent pas : ils sont obligés d’aller à l’étranger pour avoir des galeries qui les défendent. Je ne dis pas que les galeries françaises ne défendent pas les artistes, pas du tout. Mais elles ont une telle concurrence de l’État, avec tous les médias absorbés par ce système, qu’ils n’ont plus de visibilité. Les artistes qui ne sont pas dans l’art contemporain sont invisibles en France. En France, on nous a enlevé les lieux de consécration, qui sont entre les mains de l’État, et donc la visibilité. Les galeries ne peuvent plus aider les artistes à se faire connaître en raison de la concurrence déloyale de l’État. Ce qui est surprenant, c’est que les élites françaises ignorent totalement que l’État français a pris le pouvoir artistique et culturel il y a 30 ans…

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33 comments

  1. les artistes ne sont plus reconnus comme des créateurs.

  2. Merci pour cet article et ces éclaircissements qui seront bien utiles à beaucoup…. et oui l’art contemporain n’a pour seule justification que la seule valeur marchande qu’on a besoin de lui attribuer pour des placements d’argent…. l’achat d’oeuvres d’art n’étant pas soumis à l’impôt sur la fortune!.

    Ama

  3. Article de réactionnaire…. Bou !

    • Bonjour John, je trouve votre commentaire est un peu court ! utiliser les même anathèmes et se faire traiter de réactionnaire néo facho dès lors que l’on touche à l’art contemporain c’est trop facile. Dites nous en quoi l’analyse de cette dame est fausse. Merci

    • Réac dès lors que l’on dénonce le système en place, c’est trop facile. L’art conceptuel est un hold up sans lien avec l’art, sournoisement sous tendu par une idéo politique; marcel duduche a fait plus de mal qu’un pic; lui au moins était génial même si destructeur. je préfère des hockney, freud et garouste aux sans talent de l’art conceptuel qui rigolent bien du fric qu’ils se font sur la crédulité du grand public…..

      • Bonjour  » L’Art Conceptuel  » ! c’est un courant des années soixante qui à été éphèmère ! citez des vérités historiques s’il vous plaît ! et pas des phantasmes romantique ! et arrêtez de mettre tout les artistes dit contemporain dans le même panier ! c’est un milieu de l’Art qui est en cause pas la majorité des artistes qui on du mal à survivre ! ces querelles de genre sont stupides et stériles ! quand à Marcel Duchamp c’était d’une part un bon peintre et d’autre part un empêcheur de tourner en rond ! la plus part des gens qui le dénigre ne connaisse que des anecdotes et des choses superficielle sur lui. Cette guéguerre cache en fait une vacuité et une indigence tout à fait en accord avec l’époque ! frileuse réac et populiste !

      • Je ne pense même pas qu’ils rigolent, tant eux aussi vivent dans l’illusion et de croient réellement des génies !

  4. merci pour ce reportage! je me sens identifié!! je vais m’offrir ce livre pour Noël!

  5. C’est d’une autre façon, ce qui est aussi dit dans le « livre noir de la pienture », dont je cite des extraits dans http://rechab.eklablog.com/le-livre-noir-de-la-peinture-a2153860

  6. Bonjour Aude de Kerros,
    « Ancien » de l’académie Anquetin (Camille Versini, la redécouverte du secret des Flamands) et du groupe d’Henri Cadiou (Réalité Poétique et ensuite Trompe-l’oei /Réalité avec son fils Gilou) à présent membre du jury du Salon des Artistes Français, je viens vous féliciter pour cette démystification courageuse. Vous parlez de la fin d’une civilisation, elle se traduit par une décadence généralisée.
    L’art n’en est qu’un douloureux reflet. Indépendant jusqu’au bout du pinceau, j’enseigne auprès d’une cinquantaine d’élèves dont les motivations ne sont pas toujours à la hauteur que je voudrais…(mais il faut bien vivre…)
    Mon père Jean Marie Gautier a édité pendant plus de 20 ans un journal « la feuille d’Acanthe » dont vous n’avez certainement pas entendu parlé car sa publication était limitée à quelques « dissidents ». Visionnaire, Il a écrit plusieurs livres dont « du moderne au permanent ». Il interpellait épistolairement les ministres successifs de la culture. Je me souviens d’une réponse d’André Malraux lui précisant qu’il n’avait aucune exclusive et que » tout était oeuvre de l’art ce qui se prétendait tel » !
    J’ai bénéficié très jeune d’un environnement favorable grâce à l’esprit compagnonnique reflet des liens littéraires et journalistiques qu’il entretenait avec Jean Bernard (le fédérateur de toutes les obédiences compagnonniques).
    J’ai cru longtemps prêché dans le désert, mais des personnes telles que vous m’en dissuadent.
    Bravo et merci
    Très cordialement
    Richard Gautier

  7. Bonjour,
    Je vous remercie d’avoir interviewe Aude de Kerros, c’est pour moi une révélation, depuis bien longtemps, je me demandais ou nos artistes français étaient, enfin, je comprends cette immense imposture, de nos pouvoirs publique, j’habite depuis 16 ans à l’étranger et je n’ai pas vu un seul artiste français digne de ce nom, exposait, mais beaucoup d’Art conceptuel, trop !!!
    Catherine DelmasLett

  8. Je veux simplement mentionner que le système que dénonce Madame de Kerros n’est pas simplement français. Ici au Canada, et au Québec, nous avons le même système d’attribution du label  » contemporain » distribué par les fonctionnaires de l’art et de la culture. Toute oeuvre visuelle jugée non-conceptuelle se verra automatiquement mise au pilori et toute forme de subvention à son auteur(e) refusée. Navrant.

  9. Bonjour.
    J’ai lu avec énormément d’intérêt cet interview. Les choses sont réellement telles. Je rêve d’une France ou il y aurait plus de subventions artistiques, pour personne. Ces immixtions « fonctionnaires » dans le domaines des arts plastiques faussent complètement le fonctionnement naturel de la création.
    Et puis je rêve de voir comment les « artistes contemporains » pourraient vivre. Comme les « non contrmporains », en se prennant des emplois « allimentaires » qui vont les dévorer le plus clair de leur temps, de leur vie
    Nicolas Mocan

  10. Non , l’art contemporain ce n’est pas que les millions , c’est caricaturale de mettre l’art contemporain représenté que par les artistes de la télévision . ll existe des galeries privées , associatives , des musées Municipaux , des Biennales , des foires , des salons ou « vos artistes sont exposés » . Dans votre émission vous n’avez cité aucun artiste que vous devez défendre . Pour vous l’art que vous appelez contemporain est essentiellement conceptuel , vous plaisantez. C’est aussi l’offre et la demande .
     » On s’en fou de combien ça coute  » la plupart des français moyens .Les chefs d’oeuvres ont toujours été à une élite financière . Les artistes et les collectionneurs ne sont pas tous des corrompus du goût , du copinage , des spéculatifs comme les personnes des FRAC , ou tous les artistes contemporains au RSA . A quoi voulez vous en venir à vouloir monter les personnes contre les autres . Comment n’arrivez vous pas à reconnaître à aimer , comprendre avec nuances quelques oeuvres « conceptuelles » ? Faire schématique et inciter à la fainéantise intellectuelle et sensorielle , au manque de curiosité pour des univers nouveaux ,avec les médiums de notre époques aussi ;c’est plus facile de limiter la bulle pour les extrêmes et les néophytes, les classiques , les fidèles aux modernes , les exclusifs …
    Non, plutôt demandez la création d’un espace d’art moderne et contemporain dans chaque ville de plus de 10000 habitants d’une surface de 200mètres , éclairage correcte en province . Moins de budget pour Paris ,au profit de la province déshéritée . Pour comprendre les liens entre les mondes de l’art .

  11. Je comprends mieux pourquoi, j’ai les plus grandes difficultés à faire connaître mes travaux….
    Merci

  12. Chère Madame de Kerros, il existe malheureusement un deuxième endroit au monde où l’état se mêle de la création: le Québec, qui a choisi de copier-coller le modèle institutionnel et universitaire mis en place chez vous par Jack Lang. Des milliers d’artistes diplômés, quelques douzaines d’amateurs et de rarissimes collectionneurs.

  13. Comme dans tous les domaines des arts, l’artifice s’affiche « art ». Tout ce qui est populaire devient excellence et excellence mièvrerie. Malgré tout. . . Aude de Kerros démontre que l’artiste résiste toujours, fonce touurs, existe toujours. . . malgré.

  14. artiste de troisième zone

    BRAVO enfin un article qui tarte le scandale de la bouillie infâme qu’on enseigne aux beaux-arts

  15. Merci pour cet article très clair où Aude de Kerros a le mérite de résumer de manière très pertinente une situation complexe. Hélas ce qui se passe dans le domaine de l’art se passe aussi dans bien d’autres domaines, celui de l’éducation, celui de l’agriculture, celui de l’écologie, et partout c’est la même catastrophe…
    Roland Barthes écrivait déjà dans les années 60 : « le système s’emploie à confisquer toute jouissance pour en faire des plus values ». Et au bout du compte, on constate que l’enrichissement obscène de quelques uns se fait au prix d’un immense désastre pour l’humanité.

  16. C´est un peu dommage de mettre sur le dos d´un mouvement d´artistes, l´art conceptuel, les dérives du système francais. L´art conceptuel est un des mouvements les plus importants et libérateurs du XXeme siecle et regroupe des personnalités aussi différentes que Lawrence Weiner, Victor Burgin, Allen Ruppersberg, il va jusqu´à des positions d´artistes politiques, féministes tels qu´Adrian Piper ou Barbara Kruger qui n´ont rien à envier, en terme de finesse et de pertinence, aux grandes personnalités des périodes antérieures. Elle semble oublier que même depuis les années 60, les artistes vivants les plus chers sont restés des peintres,le premier d´entre-eux ayant longtemps été Lucian FREUD, un artiste authentiquement figuratif. C´est aussi ignorer le regain de la peinture chez les gens de la présente génération, Depuis Pascal Pinaud jusqu´à Laurent Proux. Seulement, leurs oeuvres ne sont plus limitées à l´image, elles prennent en compte l´accrochage et les matériaux employés, ce qui change forcément leur vocabulaire et assimiler enfin l´art conceptuel dans la culture populaire, ce que tente de faire (maladroitement) l´Etat, car oui, c´est pas le privé qui vont prendre le risque de montrer des artistes peu vendables parce que pas familiers. À notoriété égale , montrer un artiste conceptuel est plus risqué pour une galerie que de montrer de la peinture. Donc foutez lui la paix, à l´art conceptuel. Et lisez le bouquin de Tony Godfrey ( ed. Phaidon ), vous découvrirez un monde.

  17. ca fait du bien, une intelligence qui s’exprime…
    un peu complexe, très fin.
    a ne pas rater….
    merci

  18. Merci pour cette interview qui malheureusement ne fait que confirmer que nos artistes non subventionnés auront toutes les peines du monde à être reconnus 🙁

  19. Seule une artiste frustrée de reconnaissance peut en arriver à écrire un tel boulet. L’art conceptuel ne domine pas l’art contemporain, c’est ridicule et absurde, l’art contemporain est devenu indéfinissable tellement il y a de pratiques! Même si la critique du copinage institutionnel et la récupération de l’état peut-être intéressante et justifiée, « jeter le bébé avec l’eau du bain sale » est précisément une sale manie bien Française qui divise par la haine de l’autre, au final le discours est binaire, incohérent et nauséabond car il montre clairement de profonds défauts d’analyse et de compréhension du terrain. Et QUID de tous les artistes post-conceptuels qui n’ont rien à voir avec l’état ni les subventions?

  20. En France on agit très différemment selon les arts.
    Dans le domaine des arts visuels, les décideurs ont bien souvent très peu de compétences en dessin et en peinture, voire aucune. Mais le plus surprenant est que personne ne s’insurge….
    Le résultat est que, dans certains salons de peinture ou évènements officiels, il n’y a plus que très peu de peintres de niveau professionnels (c’est à dire qui savent dessiner et peindre).

  21. Il faut regarder le problème en face. La FRANCE n’est pas un pays de mécénat. L’état comble ce manquement. Si on en est arrivé là c’est que le système non-étatique a échoué en FRANCE et que l’état a dû mettre de l’argent donc s’impliquer. Personne n’a interdit aux collectionneurs d’acheter certaines oeuvres. Le créateur a le droit et le devoir de créer suivant ses désirs mais ce n’est pas la faute des autres ou du système si ses oeuvres ne trouvent pas preneur.

  22. La vérité se construit à plusieurs. Ce que dit cette Dame a sa part de vérité. Si la situation était parfaite cela se saurait. Ses propos ne sont pas absurdes, réactionnaires ou les plus justes, les plus pertinents… Ils sont simplement recevables et contiennent de toute évidence une part de vérité. Libre à chacun d’en extraire cette part.

  23. Excellent, mais depuis 2012 c’ est complétement bouché, et c’ est de pire en pire, il ne sort rien du socialo-communisme, rien que de la médiocrité d’ art officiel 70 ans d’URSS que dale, les artistes Russes commencent seulement à émerger, au fond le socialisme n’ aime pas les artistes, surtout ceux qui pensent…

  24. Oui , une part de vérité seulement…
    En matière de décision politique concernant l art en général (la musique n est pas en reste non plus) on semble très loin d avoir des décideurs « éclairés », ou tout simplement cultivés (quel mot réactionnaire…).

  25. – L’art contemporain est ennuyeux
    – Il ne procure aucune émotion esthétique
    – Il est l’effet de trucage intellectuel qui dissimule son vide et son absurdité
    – Aucun critère artistique ne s’applique à ce « n’importe quoi » , il ne ne demande aucun talent « artistique »,
    il est une création du marché, il est l’effet d’un complot du monde de l’art et de ses réseaux internationaux,
    Américains entre autre ou mondains ,c’est un art déclaré « officiel » en fait il ne s’agit que d’un business ,
    dans notre société de consommation …Nos grands musées Parisiens seraient t’ils devenus RIN-GARDS ..
    .la notion du beau existe t’elle encore ou relève t’elle du désuet ? Je précise que je m’exprime en connaissance de cause ….

    A chacun sa sensibilité ……..

  26. Merci pour cet article, finalement l’art contemporain ne tombera qu’avec l’oligarchie qui la mis en avant et la ce révèlera sa vrai nature (rien).

  27. « L’imposture de l’art contemporain » par  » l’étatisation de l’art en France »… exactement ce que je pense, un livre que j’aurais aimé écrire si j’avais eu davantage de culture artistique… C’est tellement évident quand on voit l’évolution prétentieuse de la musique au XXème siècle… ou quand on écoute France Musique, l’insupportable « musique classique » d’Etat.

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