Le règne animal de Mauro Corda : le sculpteur expose ses œuvres à La Baule.

Le sculpteur Mauro Corda ne manque pas d’imagination et ses œuvres sur le thème du règne animal ont déjà fait le tour du monde puisqu’il a exposé dans de nombreuses capitales, en Amérique du Nord et du Sud, en Europe et en Asie. L’artiste prend ses quartiers d’été à La Baule, où il est accueilli par la municipalité à la Chapelle Sainte-Anne. D’ailleurs, Mauro Corda connaît très bien La Baule car il y vient en vacances depuis 28 ans. Son exposition traduit sa vision étonnante de la faune, il joue à la manipulation génétique en mélangeant les corps et le résultat est impressionnant. C’est Laurence Briand, adjointe à la culture, qui a eu l’idée de cette exposition : « Un jour, je me promenais dans La Baule et, dans la vitrine de la galerie Tony Rocfort, j’ai découvert ce lion buffle que j’ai trouvé époustouflant et magique et j’ai voulu rencontrer le sculpteur. Mauro est non seulement talentueux, mais il est généreux et c’est aussi un monde magique qui s’ouvre, un peu spirituel aussi. Je me suis dit qu’il fallait absolument présenter son exposition à La Baule, d’autant plus qu’il a une notoriété internationale puisqu’il a exposé en Chine, à Singapour ou à Cuba ». La stratégie de Laurence Briand consiste à présenter des artistes connus, mais dont les œuvres sont accessibles au plus grand nombre : « Nous voulons rayonner sur le plan international avec ces belles expositions d’été et, l’année dernière, nous avons attiré plus de 20 000 visiteurs. Nous voulons rayonner avec des artistes de renommée mondiale, mais aussi être capables de toucher l’enfant qui découvre l’exposition et le vacancier qui revient de la plage. Il faut des œuvres qui interpellent et qui soient puissantes. Les œuvres de Mauro Corda ont une force et un esthétisme qui bouleversent les repères. On est aussi dans cette notion de transgression, puisque l’on joue aux apprentis sorciers. Tous ces animaux restent dignes. Cela amène à s’interroger également sur les manipulations génétiques et le sens de tout cela… » Yves Métaireau, maire de La Baule, est lui aussi impressionné par la force des sculptures de Mauro Corda : « Je suis épaté, parce que ce transformisme des animaux me rappelle l’évolution des espèces de Darwin. Après, il faut en prendre et en laisser, mais j’espère que l’évolution des espèces ne sera pas celle décrite par l’artiste, parce que ce sont plutôt des animaux méchants… Je ne sais pas si les mutations génétiques peuvent être à l’origine de leur maintien ou de leur disparition, mais tous les animaux ont plutôt un air méchant ou effrayant… » Mauro Corda entend justement amener son public à s’interroger : « On ne peut pas figurer un lion gentil, sauf dans les fables de La Fontaine, mais je ne suis pas La Fontaine. Les animaux sont obligés de se défendre, alors, soit ils partent en courant, soit ils sont mangés, soit ils mangent… Mais on ne peut pas savoir ce que sera l’évolution. On sait ce qu’elle a été, mais on ne sait pas ce qu’elle sera : par exemple, la baleine était un éléphant avant d’être une baleine ».

L’influence de Barye.

Mauro Corda réalise de très nombreuses sculptures et celles sur sa vision du règne animal sont tout particulièrement impressionnantes : « Quand vous commencez à travailler sur l’homme, vous avez envie d’aller plus loin, vers une forme plus abstraite. Quand vous faites le portrait d’un homme et celui d’un animal, vous voyez bien qu’il y a une interprétation, car c’est une abstraction. Après avoir commencé par un animal, je me suis dit que je pouvais continuer parce que, quand vous avez un fil, vous le tirez, et vous en découvrez d’autres. Tous les artistes ont eu des périodes. Ainsi, Picasso a été cubiste, il y a eu la période bleue, ensuite il a été au bout des choses en continuant avec ces formes que nous connaissons tous. Il a reconnu ensuite que sa première inspiration était Giotto et vous voyez qu’en tirant un fil, on découvre que c’est Giotto qui a amené tout cela… Personnellement, j’ai été influencé par Barye, qui est un grand sculpteur animalier. Quand j’étais jeune, j’allais au Louvre pour regarder ses œuvres, avec la panthère, le lion ou le serpent. Ces animaux, c’est peut-être Barye qui me les a donnés et je me dis que tout cela vient de Barye, Bugatti et Pompon… » Une exposition où le spectateur se retrouve sollicité lors de la découverte d’une œuvre : « Je veux les interpeller sur leur être, mais aussi sur leur regard. Quand vous voyez une œuvre, en regardant bien à l’intérieur, vous découvrez des choses. Les spectateurs vont aussi regarder tout cela avec un œil d’enfant, parce que les enfants ont une compréhension beaucoup plus simple. J’avais envie d’atteindre cela. Par exemple, ils vont se demander s’il y a réellement des girafes comme ça, mais c’est une question que l’adulte ne se posera pas. Si l’on revient aux fables de La Fontaine, il a raconté l’homme avec ses fables et il a même réussi à raconter l’homme avec Le Chêne et le Roseau ».

Exposition Mauro Corda, jusqu’au 2 septembre 2018 à l’Espace culturel chapelle Sainte-Anne, Place du Maréchal Leclerc à La Baule. Ouverture du mardi au dimanche de 14h à 20h. Entrée libre.

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