L'invité de Yannick Urrien La Baule Styles

L’Océarium du Croisic et la société croisicaise Polyway inventent un procédé pour limiter les ravages des étoiles de mer.

Les étoiles de mer séduisent toujours les enfants, mais ils ne savent pas toujours qu’elles sont des prédatrices redoutables. L’Océarium du Croisic en présente plus d’une quinzaine d’espèces. Elles ont généralement une espérance de vie de quatre à cinq ans, elles peuvent mesurer quelques millimètres et jusqu’à plus d’un mètre d’envergure, et elles vivent en se nourrissant de matières organiques ou végétales en décomposition. Stéphane Auffret, directeur de l’Océarium du Croisic, explique qu’elles sont très voraces, « notamment de coquillages, et elles sont en compétition avec les professionnels, comme les ostréiculteurs, les mytiliculteurs ou les pêcheurs de coquilles Saint-Jacques ». En fait, « presque toutes sont des opportunistes rampantes, prêtes à attaquer et à consommer plus ou moins toute créature rencontrée. Lors de l’attaque d’un bivalve coriace, comme une moule ou un clam, l’étoile de mer s’enroule autour de l’adversaire et fait appel à la « force hydraulique » pour séparer les deux moitiés de la coquille, avant de consommer le contenu d’un coquillage ». Pour lutter contre ce phénomène, l’Océarium collabore avec une société croisicaise, Polyway, afin de créer une sorte de mur de protection des pieux de bouchots : « Cette société a été contactée par des professionnels qui étaient très embêtés par ce phénomène de prolifération des étoiles de mer. Il y a une ou deux espèces très voraces, il y en a des dizaines de milliers sur nos côtes, et ils voulaient éviter que leurs filières ne soient attaquées. C’est la problématique qui a été soumise à la société Polyway, qui travaille beaucoup dans le polyester et les stations d’épuration. Ils ont travaillé sur le sujet pour mettre en place un système qui fait que les étoiles de mer, qui sont des animaux rampants avec des petites ventouses, ne puissent pas grimper sur les poteaux de bouchots ». Stéphane Auffret ajoute : « Nous avons fait des expériences dans des bassins, nous avons capturé quelques étoiles de mer, c’est très facile en ce moment, et nous avons regardé comment elles agissaient. On s’est aperçu que le procédé était assez efficace en faisant un test avec différentes espèces et il y aura maintenant des essais en milieu naturel. Ensuite, ils vont revenir refaire des nouveaux essais à l’Océarium pour peaufiner le produit. Pour l’instant, c’est plutôt concluant, c’est un produit efficace. Maintenant, il faut prendre son temps et voir comment les choses se passent dans le milieu naturel ». L’invention se résume ainsi : « C’est une enveloppe qui est installée aux pieds des pieux de bouchots, puisque les étoiles de mer arrivent par le bas, pour ensuite grimper sur les poteaux pour dévorer les moules ». Stéphane Auffray souligne que cette invention croisicaise pourrait même être appelée à s’exporter : « Polyway va peut-être commercialiser cette invention dans le monde entier. Il y a énormément d’étoiles de mer, il faut trouver des systèmes biologiques pour ne pas détruire les étoiles de mer, mais simplement les empêcher d’être aussi prédatrices et dévorantes de bouchots et de moules ». La recherche a pu aboutir grâce à cette collaboration entre les deux structures : « Le gros du travail est effectué par Polyway et nous avons contribué modestement, avec nos installations, à pratiquer une expérience in situ. Dans le milieu naturel, tout est un peu plus compliqué, parce qu’il y a des problèmes de marées ou de mauvais temps, alors que l’on peut profiter des bassins qui sont à notre disposition et observer comment les animaux se comportent ».

Ecoutez Stéphane Auffret sur Kernews

 

Valider