mercredi , 29 mars 2017

Marie Glémin : « La voie du Tao, c’est un équilibre dans la nature puisque tout est appelé à changer.»

Marie Glémin est acupuncteur traditionnel à Batz-sur-Mer, elle est diplômée du CREAT (Centre de recherche en énergétique et acupuncture traditionnelle chinoise) et elle a aussi écrit un conte pour enfants, traduit en cinq langues, sur le respect de l’environnement. Dans son dernier livre, «S’alimenter pour la vie», elle explique les relations entre la médecine traditionnelle chinoise, avec l’équilibre entre le Yin et le Yang, et la vision occidentale avec l’équilibre acido-basique, en livrant quelques éléments fondamentaux pour entretenir une bonne santé à travers son alimentation.

Marie Glémin animera une conférence autour de son livre samedi 21 janvier 2017 à 16h30 à la salle Amaïna, 5, rue de la Pierre, Zone de Villejames à Guérande. Entrée gratuite.

« S’alimenter pour la vie », de Marie Glémin, est publié aux Éditions Amalthée.

 

Kernews : Vous abordez le lien entre l’alimentation énergétique et la médecine traditionnelle chinoise, pour présenter un guide destiné à mieux nous orienter dans notre alimentation…

Marie Glémin : Le livre s’appelle « S’alimenter pour la vie » parce que l’on peut manger des aliments qui ne vont pas nous alimenter – au sens de nourrir notre vie – pour permettre à notre corps de continuer à vivre correctement. C’est un voyage dans l’univers de l’aliment, puisque les populations ont commencé par s’alimenter avec ce qu’elles pouvaient trouver autour de chez elles et, ensuite, on a fait voyager les aliments, avec des cultures et des traditions qui se sont mélangées. Le principe même de l’aliment est celui du Yin et du Yang en médecine chinoise – l’eau et la lumière – puisque votre corps se nourrit d’eau et de lumière. Vous allez manger des produits végétaux ou des produits animaux, la plante fait la photosynthèse, elle va permettre de concentrer la lumière et, à partir de cette concentration de lumière et d’eau, elle va fabriquer une substance. Ensuite, l’animal va manger cette plante et nous, qui sommes du règne animal, nous mangeons à la fois les végétaux et les animaux. Il y a beaucoup de controverses par rapport à tout cela puisque, maintenant, certains disent qu’il faut manger végétarien, d’autres végétalien ou végane… J’essaie de tempérer cette compréhension de la vie, puisque l’homme est un omnivore. Ce qui est important, c’est la façon dont on se nourrit. Autrefois, les gens ne gaspillaient pas, ils prenaient uniquement ce dont ils avaient besoin. Il y avait une notion de respect entre la terre et l’être humain. Cette relation existe toujours, mais elle a été un peu modifiée par l’agriculture industrielle. On a voulu nourrir tout le monde, on est entré dans la consommation, en oubliant que l’aliment est d’abord une relation entre l’homme et la terre pour lui permettre de continuer de vivre. Je n’ai pas la vérité et chacun peut écouter son corps pour savoir ce qui lui convient : par exemple, une personne peut avoir besoin de magnésium et elle aura envie de manger du chocolat, et une autre personne aura envie de manger des bananes parce qu’elle manque de potassium…

Vous rappelez que l’aliment peut être un médicament et que le corps, à travers son envie, peut émettre sa propre ordonnance…

Il faut écouter cette intuition profonde qui est vraiment la vérité. Parfois, cette petite voix intérieure est certainement la plus belle que l’on puisse entendre pour comprendre ses besoins. Ce qui convient à quelqu’un peut ne pas convenir à quelqu’un d’autre et c’est pour cette raison que l’on ne peut pas imposer à quelqu’un d’être végétarien, végétalien, végane ou carnivore… D’abord, les alimentations sont différentes selon les endroits. Les Esquimaux ne pouvaient pas manger beaucoup de légumes, par exemple… Il y a d’autres endroits où l’on n’avait pas d’autre choix que de manger des céréales, comme en Afrique… Donc, il y a la végétation et le climat qui comptent aussi énormément dans l’alimentation. Avec le développement des transports, les différentes formes d’alimentation se sont mélangées. Quand j’étais petite, nous avions un cousin qui était aux Antilles et il nous amenait des mangues, c’était un événement, car à cette époque il était impossible d’en trouver dans les grandes surfaces… Au cours des siècles, l’alimentation a bougé. Sur la question de l’alimentation cuite ou crue, je pense que l’on peut faire les deux, notre tube digestif s’est modifié au cours de ces siècles, l’homme de maintenant n’est plus celui du Paléolithique. L’intérêt du cru, c’est que l’on garde les vitamines et les oligo-éléments, puisqu’il n’y a pas de cuisson. J’aborde d’ailleurs la question des différentes cuissons, puisqu’il y a des cuissons qui peuvent être toxiques. Si vous cuisez trop un aliment, vous allez avoir une réaction de Maillard, une perte de saveur des produits, une perte d’oligo-éléments, mais également des troubles digestifs. Quand on mange un peu comme les Chinois, c’est-à-dire les aliments pas trop cuits, on se rend compte qu’ils gardent leur saveur et, en plus, on n’a pas de troubles digestifs. Les populations qui sont restées avec des notions de tradition cuisent très peu les aliments. J’aborde tous les modes de cuisson et la seule restriction porte sur le micro-ondes : vous avez de l’eau dans tous les produits et le problème du micro-ondes, c’est qu’il va détruire les liaisons hydrogène. Logiquement, on devrait attendre un quart d’heure après la cuisson pour que ces fameuses liaisons hydrogène se reconstruisent… Simplement, le plat redevient froid… Ce feu qui est créé à l’intérieur du produit que l’on passe au micro-ondes, on va le retrouver à l’intérieur de son corps et c’est évidemment une chaleur interne qui peut créer des problèmes.

Il est intéressant de noter que vous ne tombez pas dans la caricature pour soutenir qu’il faut manger bio et végétarien en rejetant tout le reste, vous êtes toujours dans la tempérance…

La voie du Tao, c’est un équilibre dans la nature puisque tout est appelé à changer. Vous êtes dans un endroit où il y a de la lumière, vous restez et vous vous retrouvez à l’ombre… Toute chose est permutable et changeante, donc on ne peut pas avoir des vérités intransigeantes. C’est pour cette raison que j’ai essayé d’expliquer les principes fondamentaux, le Yin et le Yang, l’équilibre de la vie, en rapprochant cela de l’équilibre acido-basique. Votre corps fabrique des acides à partir d’une alimentation trop acidifiante : il ne s’agit pas de ne plus manger ces aliments, mais d’en manger moins, car cet équilibre reste le fondement de la vie. Votre corps est toujours en train de se renouveler et ces fameux acides s’éliminent la nuit, puisque votre corps se répare et, dans la journée, on élimine les acides par la respiration profonde, comme la respiration par le ventre que j’explique dans le livre, mais aussi les promenades et la marche. Il est important aussi d’avoir une qualité d’eau et une certaine quantité d’eau, puisque nous sommes composés à 95 % d’eau. Il y a un problème, car on sait maintenant que l’on retrouve des médicaments dans l’eau du robinet, des hormones, des antibiotiques, des benzodiazépines… L’eau du robinet est une eau morte, car on a détruit certaines bactéries, on s’en est occupé au niveau chimique, mais pas au niveau physique, alors que les propriétés physiques sont très importantes. Les eaux doivent avoir certaines propriétés biophysiques, un résidu sec très faible, sinon cela provoque des calculs : c’est le cas d’eaux comme Vichy, Vittel ou Contrex qui sont très minéralisées, ce qui favorise les risques de calculs biliaires ou rénaux. Alors, il y a l’eau filtrée, mais il faut faire très attention, car il faut changer extrêmement souvent les filtres à charbon pour arriver à un résultat. Dans l’eau du robinet, il y a du chlore, des médicaments, du sulfate d’alumine… Je ne dis pas qu’il ne faut plus boire d’eau du robinet, mais il y a certaines techniques à utiliser pour l’améliorer, et, malgré le problème des bouteilles en plastique, il faudrait boire des eaux minérales qui ne sont pas trop minéralisées, comme Montcalm, Rosée de la Reine ou Mont Roucous. Ce sont des eaux qui contiennent beaucoup de silicium, elles ont un résidu sec très faible et elles sont drainantes.

Vous conseillez aussi dans votre livre de boire du bon vin, avec modération…

La vie est d’abord un plaisir, ce n’est pas une frustration et, à partir du moment où l’on boit du bon vin, sans en prendre trop, il n’y a aucun problème.

Le moment du repas doit être un instant de relaxation et de partage, or vous déconseillez fortement la télévision. Pour quelles raisons ?

C’est quelque chose qui a été étudié chez les neurophysiologistes : les gens qui ne sont pas attentifs à une activité ont des perturbations du cerveau, car on ne peut pas faire deux choses à la fois. L’alimentation, c’est déjà goûter avant de manger et d’avaler. Il faut prendre le temps de sentir et de regarder pour savourer. Savourer, cela ne veut pas dire avaler. Il y a cinq saveurs en médecine chinoise – l’acide, l’amer, le doux, le piquant et le salé – et ces cinq saveurs sont absorbées au niveau de la langue, c’est une alimentation subtile qui vous nourrit d’une autre façon. Il n’y a pas seulement une nourriture quantitative, il y a une nourriture qualitative qui est très importante et c’est un problème parce que, dans notre monde actuel, on est toujours dans le quantitatif. Mais je suis très optimiste, parce qu’il y a de plus en plus de gens qui ont envie d’aller vers une alimentation saine et équilibrée. Il faut arrêter avec ce système d’alimentation industrielle parce que l’on pollue la terre et l’humain. Si l’on veut que nos enfants et nos petits-enfants puissent continuer à vivre sur une planète vivante, il va falloir arrêter ce système. Nous sommes tous des acteurs et chaque être peut, par son alimentation, contribuer à changer la planète.

Enfin, quelle est votre position sur l’alimentation bio?

Bio, cela veut dire vie : il ne s’agit pas forcément d’aller dans un magasin bio, vous pouvez être en contact avec un paysan ou un jardinier qui ne met pas de pesticides ou d’insecticides dans son jardin. Beaucoup de gens se plaignent de ne pas avoir assez d’argent pour consommer du bio. Mais beaucoup de gens achètent des produits transformés, alors que l’on peut très bien cuisiner les produits. Si vous achetez, par exemple, des carottes râpées en barquettes, vous payez le prix de la transformation et le prix de la carotte sera aussi plus cher. Il n’est pas très compliqué de s’acheter un kilo de carottes, de les râper et d’ajouter de l’huile d’olive ou du jus de citron… Il faut revenir aux choses fondamentales en rappelant que faire la cuisine est quelque chose de très agréable et que c’est aussi un moment de convivialité.

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