L'invité de Yannick Urrien

Pascale Lafargue : « Il faut davantage avoir peur de la vie et de la façon dont on se conduit, que de la mort. »

Phénomènes paranormaux, contacts avec les morts, enquête sur la réincarnation : la célèbre médium en vacances à La Baule…

Pascale Lafargue est médium et parapsychologue. Elle travaille depuis des années sur les phénomènes paranormaux, la réincarnation, la compréhension de la vie après la mort et de l’entre-deux vies, ainsi que sur les contacts avec des personnes décédées. Ses travaux continuent d’intriguer car les informations qu’elle indique recevoir des défunts font l’objet d’une vérification systématique sur le plan historique et administratif. Avec son équipe, elle organise des voyages d’études pour contrôler les révélations faites sur les vies antérieures de ses clients et ainsi retracer la vie de personnages historiques. Ses conclusions sont troublantes et validées par les familles concernées. C’est ce qui lui a permis de se faire connaître en Europe. Pascale Lafargue apprécie La Baule et elle vient de s’installer dans la région nantaise, où elle lance un cycle d’études. Son nouveau livre « L’entre-deux-vies, l’itinéraire de l’âme » sera publié en novembre aux Éditions Lanore.

Première partie de l’entretien avec Pascale Lafargue

Deuxième partie de l’entretien avec Pascale Lafargue

Extraits de l’entretien

Kernews : Ce ne sont pas seulement des gens issus du milieu de la voyance qui cherchent des réponses sur ce qui se passe après la mort. Des scientifiques, des médecins, des urgentistes travaillent sur ce sujet et arrivent à la conviction de l’existence de quelque chose de mystérieux et d’invisible. Il y a aussi les témoignages impressionnants de ces personnes revenues à la vie après avoir été déclarées mortes… Comment avez-vous été amenée à vous intéresser à ce sujet ?

Pascale Lafargue : J’ai commencé à étudier la parapsychologie il y a une trentaine d’années auprès d’un scientifique et j’ai été testée pendant cinq ans sur mes facultés psy. On m’a confié des expériences et j’exprimais tout ce que je voyais à travers la technique de la psychométrie, le fait de tenir un objet entre ses mains et, par son contact, pouvoir raconter son histoire. Je n’ai aucun support, c’est vraiment l’intuition et la sensibilité qui vont me permettre d’évacuer énormément d’informations. J’ai travaillé avec de nombreux scientifiques et, tout au long de ma carrière, je me suis entourée de gens dans le domaine de la recherche. Sur tout ce que je peux révéler et dire, une enquête est faite systématiquement. J’ai énormément travaillé pendant des années sur ce sujet de la mort. J’ai déjà publié d’autres ouvrages sur la réincarnation et sur les contacts avec les défunts, mais mon dernier livre est le fruit de recherches très abouties. Je remonte avant la mort, c’est-à-dire sur l’état d’esprit de la personne avant de mourir, les conditions de sa mort et l’itinéraire de son âme au moment où elle va rendre son dernier souffle, jusqu’au moment de son retour et de sa réincarnation. J’ai donc expérimenté étape par étape le cheminement de l’âme.

Pendant très longtemps, les scientifiques ont été hostiles à toute idée de travailler sur ces questions. Cette situation a-t-elle changé ?

Oui, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, beaucoup de scientifiques se sont intéressés à ces phénomènes de vie après la mort. D’ailleurs, il y a l’Institut Métapsychique de Paris, ou des laboratoires en Angleterre, qui mènent des recherches dans ce domaine. Des scientifiques ont été jusqu’à reproduire la main d’un défunt à travers un moulage. Il y a des photographies connues, avec notamment celle de Gérard de Nerval et Théophile Gautier et, sur cette photo de groupe, on observe une personne qui n’était pas présente physiquement lors de la photo, mais qui apparaît au développement. Maintenant, il y a des médecins qui s’intéressent à ce phénomène. Le but n’est pas de convaincre, mais de communiquer sur ces expériences. Des scientifiques ont même créé une cabine, avec un système de vapeur d’eau, pour trouver une méthode de communication avec les défunts.

Vous évoquez le cheminement de l’âme avant la mort. Une personne âgée peut mourir sereinement et son âme y être préparée, mais il y a aussi la mort brutale, lors d’un accident de voiture, par exemple, et l’âme n’est évidemment pas prête…

Quand on veut communiquer avec un défunt, l’aspect psychologique de la vie de la personne avant de mourir est très important. Vous évoquez une mort brutale : si cette mort brutale intervient alors que la personne était psychologiquement en conflit, en colère, ou en train de réaliser la chose qui allait la libérer, cela n’aura pas du tout le même impact de l’autre côté. Il y a les morts brutales, il y a les morts préméditées, il y a les morts prémonitoires, il y a la mort lente… Nous ne mourons pas tous de la même manière, comme nous ne vivons pas tous de la même manière.

Par exemple, un homme qui a une crise cardiaque avec sa maîtresse est mal à l’aise parce qu’il trompe sa femme et son âme ne sera donc pas aussi paisible que s’il s’était éteint dans les bras de son épouse…

Vous citez l’exemple de quelqu’un qui est dans la culpabilité et, quand je travaille sur un dossier, j’essaie d’abord de comprendre s’il y avait de la culpabilité au moment de la mort. J’entends souvent dire, lorsqu’une personne est morte dans des conditions graves, que son âme est libérée de l’autre côté. Absolument pas ! Quand on connaît l’entre-deux-vies, je peux vous dire que ce n’est pas le cas. J’ai eu des contacts avec des défunts et ils savent parfaitement l’exprimer. Ils nous donnent suffisamment d’informations qui nous permettent d’identifier la personne. La culpabilité au moment de la mort, par rapport à quelque chose dont on n’est pas forcément fier, lorsque l’on est dans le compromis, cela se véhicule effectivement de l’autre côté.

Alors, prenons une autre illustration : quelqu’un tué par une balle dans un magasin. S’il était à ce moment-là en train de protéger une personne, comme un policier, l’âme sera apaisée. Mais si c’est le voleur qui est abattu, son âme n’ira pas vers le même chemin… Est-ce cela ?

Vous avez compris le principe. Je pense à cet homme en scooter qui est monté à bord du camion à Nice, lors de ce terrible attentat, pour essayer de neutraliser le conducteur et je peux vous dire qu’il a fait un acte héroïque au niveau de l’évolution de son âme. Cela restera en lui toute sa vie. Mais on ne décide pas de se sacrifier, c’est quelque chose qui se fait dans l’instant. C’est ce que l’on appelle la réaction ultime, la réaction du moment. Des personnes peuvent dire qu’elles n’ont pas peur de la mort, mais elles n’en savent rien… C’est le dernier moment qui va tout déterminer.

Lorsque la philosophe Anne Dufourmantelle s’est noyée cet été en allant secourir deux enfants, elle ne se doutait pas qu’elle accomplirait un tel sacrifice…

On ne peut pas dire que l’on va être héroïque. Dans la vie de tous les jours, c’est lorsque l’on est confronté à un problème que l’on découvre qui l’on est vraiment et de quoi on est capable. Après, les grandes théories et les grandes envolées lyriques, c’est autre chose…

Qu’est-ce qui vous amène à affirmer qu’il y a un entre-deux-vies, ce qui signifie qu’ensuite on repartirait vers un autre corps ?

On reprend un autre costume pour revenir sur Terre. J’ai fait suffisamment de recherches qui sont troublantes et qui sont sans appel. On ne peut pas baser une théorie sur deux ou trois expériences, surtout dans le domaine de l’entre-deux-vies, il faut avoir beaucoup travaillé. Il y a quelques années, j’ai ressenti des présences, j’ai vu des visages et j’ai décidé d’étudier pour comprendre ce qui se passait. À partir de là, j’ai fait tester par des scientifiques mes capacités de médium et j’ai commencé à communiquer avec des défunts. Où sont-ils ? Que font-ils ? Comment appréhendent-ils cet espace ? C’est un espace que l’on ne connaît pas, que l’on ne voit pas, que l’on n’entend pas, mais que l’on peut percevoir : ce sont des ondes et des vibrations. Dans l’Égypte ancienne, la Rome antique ou la Grèce antique, les gens ne connaissaient pas tous nos moyens de communication et, pourtant, il y avait d’excellents télépathes. En Amérique du Nord, j’ai rencontré des chefs indiens qui communiquent dans leur tente avec les anciens. Dans tous les livres religieux, les saints ont reçu des messages par télépathie, ils ont vu des apparitions… Donc, on n’a rien inventé. Ils n’avaient pas la technologie à l’époque, mais les êtres étaient plus ouverts à une certaine forme de sensibilité et ils avaient des croyances fortes. Ce contact, c’était d’abord du respect.

Que répondez-vous aux scientifiques qui estiment que les gens comme vous sont des charlatans, parce que vous n’êtes pas en mesure de prouver ce que vous dites ?

Les scientifiques m’aiment bien et ils me disent souvent que je suis une scientifique qui s’ignore… Comme j’ai à cœur de soumettre mon travail et mes recherches à des examens, j’enquête systématiquement sur tout. Je vais sur le terrain, je consulte des archives… J’ai un côté très rationnel dans l’irrationnel !

Vous évoquez la réincarnation, mais aussi le royaume des morts, avec des gens qui ont disparu il y a plusieurs siècles et qui ne se sont toujours pas réincarnés…

C’est la grande différence qu’il faut faire. Quand on communique avec un défunt, on peut le faire par télépathie avec une simple photo. Il m’arrive aussi de me dédoubler et d’aller dans l’entre-deux-vies pour voir ce qui se passe de l’autre côté. De la même manière, lorsqu’un dessin se matérialise, c’est le défunt qui se présente à moi. Si le défunt était réincarné, il ne pourrait plus se matérialiser, mais il aura laissé une empreinte dans l’entre-deux-vies. C’est comme une mémoire : vous pouvez communiquer avec cette mémoire, mais quelqu’un d’exercé sait qu’il communique avec une mémoire qui est restée dans l’entre-deux-vies. Prenez l’exemple du studio dans lequel nous nous trouvons : si je reviens dans deux jours, à la même place, je vais dire que je vois un homme qui était assis à ce fauteuil, même si vous n’y êtes plus, parce que vous aurez laissé votre énergie dans ce lieu. C’est une mémoire olfactive, visuelle ou énergétique.

D’ailleurs, nous avons tous la mémoire du toucher…

C’est la base, c’est la psychométrie. Quand je travaille sur un site historique, je touche des pierres. Je peux être capable de décrire si des gens vivaient là, la partie du château qui manque, les événements qui se sont produits… Les lieux gardent la mémoire de ce qui s’est passé.

Nous avons cette capacité de ressentir cette mémoire : ainsi, lors de la visite d’une maison, on entend souvent dire : « Elle a une âme, je m’y sens bien… »

Effectivement, tout le monde a la capacité de ressentir cela et c’est pour cette raison que j’enseigne la parapsychologie. Après, pour aller plus loin dans les détails et donner des descriptions, il faut effectivement un travail.

Cela signifie-t-il qu’il y a des êtres humains qui arrivent sur terre chargés de mémoires successives et d’autres qui sont beaucoup plus vierges en quelque sorte ?

Toutes les âmes qui viennent ont un patrimoine karmique. C’est la mémoire consciente ou inconsciente, parce que tout le monde n’a pas la mémoire de cela tout de suite, d’un vécu lié aux entre-deux-vies et aux vies antérieures. Sur la vie terrestre, il est question de visible, d’espace et de temps, alors que dans l’entre-deux-vies il est question d’invisible et il n’y a plus de notion d’espace et de temps. Donc, on est dans le monde des désincarnés, alors que sur Terre on est dans le monde des incarnés. D’ailleurs, les enfants très jeunes sont capables d’évacuer des souvenirs récurrents de ce qu’ils ont pu être avant. Les enfants sont très troublants sur ce point. Après, quand vous devenez adulte, vous pouvez être troublé par des choses et vous y intéresser, ou vous pouvez décider de ne pas y croire. À partir du moment où vous avez peur, vous allez limiter votre champ des possibles et, fatalement, il y aura des informations que vous n’aurez pas, puisque vous ne les gérerez pas.

Il y a ceux qui n’y croient pas ou qui estiment qu’il s’agit de charlatanisme… Comment interprétez-vous cela ? Par leur absence de spiritualité ?

J’ai discuté avec des intellectuels qui m’ont dit que cela ne les intéressait pas. Quand on s’intéresse à certaines choses, je ne comprends pas que l’on ne s’intéresse pas à cela ! Dans notre vie, nous avons la partie relationnelle, affective, amoureuse, professionnelle ou relationnelle, mais on oublie beaucoup notre partie spirituelle, alors qu’elle est inhérente à chaque être humain. Pourquoi tel événement ? Pourquoi ces événements se reproduisent-ils ? Pourquoi tel ou tel problème ? La plupart du temps, les gens ont peur d’aller de ce côté-là. Ma démarche n’est pas de convaincre, mais de témoigner de mon travail.

Pensez-vous qu’il y ait une ligne humaine dans la réincarnation ou, comme les bouddhistes, que la vie puisse reprendre sous une autre forme ?

Il y a des études très poussées qui ont été faites, notamment par le docteur Ian Stevenson, et il n’y a eu aucun cas de vie sous d’autres formes. Personnellement, je n’ai jamais rencontré ce genre de cas dans mes recherches. Les deux ou trois rares cas étaient plutôt de l’ordre d’une identification de type psychotique de liens vis-à-vis des animaux. Donc, cette croyance n’a pas été retenue.

Lorsqu’une personne est très sensibilisée sur un sujet, peut-on distinguer ses inspirations de nature culturelle, notamment via des livres ou des films, de ses influences historiques qui émaneraient d’une vie passée?

C’est la question majeure. Quand je travaille sur une vie antérieure, je ne veux absolument rien savoir de la personne. À partir du moment où l’on commence à raconter sa vie, cela ne m’intéresse pas, la personne est simplement spectatrice et elle va m’écouter pendant deux ou trois heures. J’ai des confrontations qui sont extrêmement longues et détaillées, simplement en tenant la main de la personne et en la regardant. Ce n’est pas un cirque, c’est très fatigant ! Tout ce que je révèle est enregistré. Ensuite, on retranscrit la séance et c’est quelque chose de très intense. À partir de là, je mène une enquête. Je travaille aussi sur ce que l’on appelle les résonances psychologiques, c’est-à-dire lorsque la personne retrouve des équivalences dans sa vie. Je contacte des historiens, des cercles historiques, des municipalités… L’objectif est de savoir si la personne que j’ai vue au XVIIe siècle a réellement existé. À partir du moment où j’ai suffisamment d’informations, je vais sur le terrain, je rencontre des gens pour confronter ce que j’ai vu dans ma séance, je cherche de nouvelles informations… Enfin, je réalise une synthèse de tout cela afin d’apporter à la personne des outils de compréhension de sa propre vie.

Existe-t-il des facteurs génétiques, culturels ou géographiques dans la réincarnation ? Doit-on considérer que l’humanité est une et que des milliards d’âmes reviennent progressivement sur Terre en faisant abstraction de tout aspect génétique, culturel ou géographique ? À l’inverse, y aurait-il une lignée ? Par exemple, quelqu’un qui souffre des atrocités de la Révolution pourrait en induire que l’un de ses ancêtres a été tué en Vendée. Il y aurait alors un facteur génétique. Mais si l’on estime que l’âme part dans le ciel et se confond dans l’espace, cette douleur associée aux guerres de Vendée pourrait affecter un enfant indien à Bombay ou un petit marocain à Marrakech….

Tout est absolument possible, mais j’ai pu constater que le karmique et le généalogique sont liés de façon incroyable. J’ai travaillé sur une vie antérieure qui se déroule au XIe siècle, à l’époque de Guillaume le Conquérant. Cette personne était le fruit d’une liaison illégitime et elle devenait la demi-sœur de Guillaume le Conquérant. Nous avons effectué des recherches en France, mais nous n’avons rien trouvé. Je suis tenace et nous avons réussi à trouver la réponse en Angleterre. J’avais un prénom et cette femme a été identifiée parce que j’avais donné suffisamment d’informations sur sa vie. Un peu plus tard, le mari de cette femme a fait la généalogie de sa famille : eh bien, figurez-vous que son mari était un descendant de Guillaume le Conquérant ! Cette même femme était aussi la réincarnation de Juliette Drouet, la muse de Victor Hugo qui était marié à Adèle Foucher. La mère de Victor Hugo était Sophie Trébuchet : or, figurez-vous que le mari de cette femme, qui était descendant de Guillaume le Conquérant, était aussi un descendant des Trébuchet ! Donc, parfois le karmique et le généalogique se retrouvent. De la même manière, vous pouvez vous réincarner sur le lieu où vous avez vécu. D’ailleurs, certaines personnes qui arrivent dans un endroit pour la première fois de leur vie ont le sentiment de le connaître. Un travail peut amener à la conclusion que vous êtes déjà allé sur ce lieu, mais un autre travail peut amener à la conclusion que ce que vous avez vécu sur ce lieu est très similaire à quelque chose que vous avez vécu d’une façon karmique dans une autre vie. Ce lieu a donc été un appel de mémoire.

Enfin, faut-il avoir peur de la mort ?

Il faut davantage avoir peur de la vie et de la façon dont on se conduit, que de la mort. À partir du moment où vous essayez de faire du bien dans votre vie, avec vos moyens et vos capacités, en ayant une certaine philosophie, je peux vous assurer que la mort est moins grave que ce que l’on peut imaginer. La mort est une projection de nos propres peurs. Quand on demande au dalaï-lama s’il a peur de la mort, il répond avec sagesse : « Ce jour-là, peut-être que je serai comme tout le monde, j’aurai très peur… » Donc, si vous prenez soin de vous dans votre vie incarnée, la mort ne sera qu’une continuité.

2 Commentaires

  • Article interessant,j’ai moi même des visions qui parfois me font trés peur surtout lorsqu’elles touchent ma famille,mais il faut l’accepter ,ce qui est parfois trés dure à vivre.

  • Je viens de perdre ma maman. Elle était très jeune. Vous parlez de réincarnation. Pensez-vous alors que je ne la reverrai jamais ? Merci pour votre réponse.

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