Pierre Jovanovic : « Sans la dette allemande, Hitler n’aurait jamais eu cette envie de s’investir en politique. »

L’essayiste démontre comment la politique de la planche à billets a mis l’Europe à feu et à sang…

Chaque livre de Pierre Jovanovic est un événement. Son dernier ouvrage raconte comment la politique de la planche à billets a permis à Adolf Hitler de prendre le pouvoir. Il aborde également un sujet tabou, la personnalité et la sexualité d’Adolf Hitler, en publiant un rapport unique de l’OSS (ancêtre de la CIA), qui n’avait jamais été diffusé en français, sur le cas hors normes de celui qui allait mettre l’Europe à feu et à sang et déclencher l’Holocauste en entendant « des voix ». Pierre Jovanovic affirme que « jamais Hitler n’aurait pu prendre ne serait-ce qu’un semblant de pouvoir sans la seconde planche à billets des banquiers centraux de la République de Weimar, sans l’explosion de Wall Street, et ensuite sans l’aide de la Banque Centrale suisse ». Après des grands succès comme « Blythe Masters », « 777 » ou « 666 », Pierre Jovanovic revient sur cette période de l’entre-deux-guerres, génératrice de misère sociale et de terreur à travers l’Europe et le monde. Pierre Jovanovic a reçu Yannick Urrien pour évoquer cet ouvrage. L’entretien est disponible en vidéo sur le site de Kernews.

« Adolf Hitler ou la vengeance de la planche à billets » de Pierre Jovanovic est publié aux Éditions Le Jardin des Livres.

L’entretien audio avec Pierre Jovanovic

Kernews : Vous publiez le rapport des services secrets américains sur Adolf Hitler et vous dénoncez ce système de la planche à billets, qui est d’actualité aujourd’hui et qui a permis à Hitler de prendre le pouvoir. Une grande partie du livre est consacrée à sa personnalité. Pour quelles raisons ?

Pierre Jovanovic : La moitié du livre est consacrée à ce rapport qui n’a jamais été publié en France, il a été rédigé en 1943 par l’OSS, l’ancêtre de la CIA, et l’autre moitié concerne le contexte économique. J’ai décidé de faire ce livre parce que toutes les chaînes programment des documentaires apocalyptiques sur Adolf Hitler, mais le contexte économique n’est jamais abordé. On nous explique qu’il y a eu la chute de Wall Street, un peu de chômage après et qu’Hitler a pris le pouvoir… On dit toujours que l’histoire est écrite par les vainqueurs et ce livre le démontre bien. Lors de la première interview d’Hitler au New York Times, en 1922, il dit que « l’utilisation de la planche à billets est un véritable crime ». C’est ce qui m’a décidé à écrire ce livre.

Il y a aussi quelques lignes sur l’humiliation du peuple allemand après la Première Guerre mondiale. C’est une leçon à retenir : le vainqueur ne doit jamais humilier le vaincu…

Vous faites bien de le souligner, car on parle beaucoup aujourd’hui de Keynes, mais les gens ne se rendent pas compte qu’il est devenu célèbre parce qu’il avait participé aux différentes conférences sur les réparations de guerre. Quand il a vu les sommes monstrueuses que devait rembourser le peuple allemand, il a écrit un livre dans lequel il disait : « Ces réparations vont déclencher une nouvelle guerre ». Quelques années plus tard, quand cette prédiction est devenue réalité, il est devenu extrêmement célèbre. Aujourd’hui, l’école keynésienne c’est surtout la prédiction qu’il a faite sur la montée en puissance d’une Allemagne qui voulait se venger. Il y a une autre dimension dans ce livre, un peu comme dans un SAS de Gérard de Villiers, avec des détails que les historiens officiels ne donnent jamais : par exemple, Hitler entendait une voix, il entendait sa voix… Le destin l’a sauvé plus d’une quarantaine de fois d’une mort certaine et il bat le record de Yasser Arafat ! Le Figaro Magazine avait interviewé Yasser Arafat, qui disait avoir échappé à près de 25 tentatives d’assassinat organisées par le Mossad, et le journaliste lui a demandé ce qui le protégeait. Il a répondu en montrant une croix de Lorraine, offerte par le général de Gaulle, qu’il portait au cou ! Ce livre montre bien qu’il y a un destin et que certains êtres humains doivent accomplir leur destin, aussi politiquement incorrect que cette phrase semble l’être… Mais c’est le rapport de la CIA qui le dit !

Pour la première fois, ce rapport aborde la sexualité d’Hitler et vous faites un parallèle avec Michael Jackson. On ne sait pas s’il était bisexuel, il aurait eu quelques liaisons homosexuelles, il n’était pas vraiment attiré par les femmes, mais il vivait quand même avec des femmes…

C’est un Michael Jackson avant l’heure ! J’ai couvert les procès de Michael Jackson, pendant un an à Los Angeles, et il y a eu de nombreuses études psychologiques faites par la justice américaine. En lisant ce rapport, je me suis rendu compte que c’est exactement la même chose. En plus, j’ai découvert que Michael Jackson était le plus grand collectionneur de films historiques consacrés au Troisième Reich, en particulier à la personnalité d’Hitler. Il a même fait un album où il pose avec un brassard rouge sur un bras et c’est un clin d’œil direct à la personnalité d’Adolf Hitler dans laquelle il s’est totalement retrouvé puisque les deux sont devenus célèbres grâce à leur voix…

Hitler est un personnage antipathique, haineux, imbu de lui-même, très complexé par sa sexualité… Comment se fait-il qu’un tel être ait pu être acclamé par le peuple allemand ?

C’est tout le mystère que j’essaye de décrypter. C’est la question essentielle. Tout le monde connaît l’attachement des homosexuels à leur maman et le rapport de la CIA indique que sa mère aurait été « souillée » et, qu’à la mort de sa mère, il a fait une transposition avec sa nouvelle mère qui était l’Allemagne. La souillure de la défaite, la souillure de l’humiliation, avec des montants colossaux que l’Allemagne devait payer à la France, entre autres, tout cela a rendu Hitler complètement fou. C’est en assistant à une conférence contre les banques et contre l’usure qu’il a eu cette révélation politique. On peut dire que sans la dette allemande, Hitler n’aurait jamais eu cette envie de s’investir en politique.

L’humiliation subie par l’Allemagne après la Première Guerre mondiale, avec des dommages de guerre colossaux, a entraîné un chômage de masse, la montée de l’antisémitisme et l’arrivée d’Hitler au pouvoir… Faisons un parallèle avec l’actualité récente : l’Irak a envahi le Koweït, l’Irak est condamné à des dommages de guerres colossaux, l’embargo contre l’Irak a créé un sentiment d’humiliation du monde arabe et l’on a vu apparaître Al-Qaïda et Daech…

Ce sont des conséquences incroyables. Il faut vraiment réfléchir sur ce que l’humiliation d’un peuple peut déclencher pour entraîner ensuite une guerre. À l’époque, l’Allemagne ne pouvait pas payer les réparations de guerre et le président Raymond Poincaré a décidé de renvoyer nos troupes dans cette région de la Ruhr pour contrôler la fabrication du charbon. Tout ce qui était fabriqué là-bas a été pris par les Français !

On refait ce même parallèle avec l’opération « Pétrole contre nourriture en Irak »…

Exactement. Vous avez des pays qui ont été vidés de leur sens économique, notamment par les États-Unis qui contrôlent la planche à billets ultime. En écrivant ce livre, je me suis rendu compte que nous étions en train de vivre exactement la même situation. Regardez l’actualité récente, avec le roi de la monnaie de singe du XXIe siècle, Robert Mugabe, qui a massacré tous les fermiers blancs… Il vient d’être déposé et cela illustre un chapitre de mon livre qui montre que toute société qui utilise la monnaie de singe finit par amener un dictateur fou qui va déclencher des guerres absolument colossales. L’utilisation de la planche à billets est un appel d’air à la mort.

Pourquoi les guerres modernes se terminent-elles souvent par l’humiliation des peuples ? À l’époque de Louis XIV, par exemple, les peuples vaincus semblaient moins humiliés…

Napoléon n’est jamais entré dans l’humiliation non plus. Mais, dans toutes les guerres, les perdants sont généralement humiliés… Vous évoquez Louis XIV, mais nous ne sommes pas dans la planche à billets, parce que Louis XIV faisait la guerre avec ses pièces d’or et c’étaient souvent des guerres de quelques semaines. Quand les politiques sont intelligents, ils savent pertinemment qu’ils n’ont aucun intérêt à humilier un peuple s’ils veulent en tirer tous les avantages économiques. Les Français étaient très remontés après la Première Guerre mondiale et ils voulaient humilier les Allemands à tout prix ! Il faut lire les journaux français de l’époque, c’était épouvantable. Et lors de la guerre du Vietnam, il y a eu des villages massacrés, avec des femmes et des enfants. L’histoire est remplie de ce type de massacres.

La politique de la planche à billets, c’est-à-dire créer de l’argent à partir de rien, amène la ruine, le chômage, la dictature, la guerre… Or, vous défendez finalement cette politique de bonne gestion, alors que dans des prises de position récentes vous étiez contre la réduction de la dépense publique ou contre les suppressions de postes des fonctionnaires. N’était-ce pas contradictoire ?

Ce que vit la France en ce moment, les Allemands l’ont vécu entre 1918 et 1933 puisqu’ils avaient 6 millions de chômeurs et c’est ce que nous avons officiellement en France aujourd’hui. Le chancelier Brüning a décidé de licencier un tiers des fonctionnaires, parce que le langage des politiques était le même : « Il faut baisser la dépense publique et se débarrasser des fonctionnaires ». Finalement, tous ces licenciés sont allés voter pour Hitler ! Il faut bien rappeler qu’Hitler n’a pas pris le pouvoir par la force, mais d’une manière démocratique ! Je publie une chronologie avec quelques dates-clés et l’on voit bien que plus il y a de la monnaie de singe, plus les politiques incitent à la réduction des dépenses publiques… L’utilisation de la monnaie de singe est un suicide à terme et c’est ce que fait le gouvernement européen, qui est la mascotte des Américains qui utilisent la planche à billets à tire-larigot. Je découvre une proposition de la Banque Centrale Européenne qui souhaite supprimer la garantie minimum des 100 000 euros des dépôts bancaires ! Les banques vont se récupérer sur leurs clients, car elles sont techniquement en faillite et, depuis l’explosion de Wall Street en septembre 2008, on est dans la politique du sparadrap sur une jambe de bois. On est exactement dans la même situation que pendant la période d’Hitler, avec l’utilisation massive de la planche à billets. C’est la première chose dont Hitler avait parlé avec l’espion de l’OSS ! Depuis trois ans, la Banque Centrale Européenne fabrique officiellement 80 milliards d’euros par mois.

L’histoire est en train de se répéter et nous sommes à l’aube d’une catastrophe financière, sur un immense groupe très endetté à hauteur de plusieurs milliards, cela aura des répercussions sur toute notre économie… Une tour est en train de s’effondrer et vous avez compris à quoi je fais allusion…

Je vais rester dans votre allusion, en évoquant les tours du 11 septembre puisque le Word Trade Center, c’était aussi une attaque contre les tours du commerce mondial… Depuis l’effondrement de ces tours, on assiste à l’effondrement du commerce mondial et à l’effondrement du commerce tout court. Je sais qu’à La Baule vous n’êtes pas très concernés, c’est un microclimat en France ! Mais je fais des signatures dans toute la France et, à Vichy, je viens de voir le record de commerces fermés. Aujourd’hui, toutes ces villes font la même chose que dans les années 20 ou 30 en faisant des cache-misère. À Besançon, j’ai vu des vrais posters de fausses boutiques que l’on colle sur des boutiques abandonnées, c’est le village Potemkine ! J’ai même entendu, sur BFM TV, Monsieur Lechypre, économiste, expliquer que les chiffres du chômage étaient bons et que cela signifie que l’économie est en train de reprendre…On nous prend pour des blaireaux ! Le groupe de Monsieur Drahi, qui détient BFM TV, risque de s’écrouler alors que ses journalistes continuent d’expliquer que nous sommes en pleine reprise… Le groupe de Monsieur Drahi balance de nombreux documentaires sur Hitler sur sa chaîne RMC Découverte : Hitler et sa femme, Hitler et ses chiens, Hitler et ses soldats, Hitler et ses armes secrètes… Mais les gens ne comprennent pas comment Hitler a pu émerger, car il leur manque un bout de l’histoire ! Et ce livre comble toute cette histoire qui ne leur a pas été donnée. C’est ce que me disent tous mes lecteurs, qui ne savaient pas tout ce que je révèle dans cet ouvrage. Imaginez Serge Ayoub, symbole des skinheads des années 80, avec son groupuscule d’une dizaine de personnes : eh bien, c’est comme s’il prenait le pouvoir en France, au bout d’une vingtaine d’années, par l’effet d’une  hyper inflation ou par la destruction de l’épargne des Français ! C’est exactement la même chose qui s’est produite avec Hitler. Je ne compare pas Serge Ayoub et Hitler, évidemment, mais leurs positions politiques et leur nombre d’adhérents.

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