Pierre Jovanovic : « Il y a un groupe d’âmes qui vous accompagnent, en général une cinquantaine de personnes que vous retrouvez d’une vie à une autre. »

Ésotérisme : les expériences aux frontières de la mort pourraient accréditer le fait que la vie sur Terre n’est qu’un passage…

Pierre Jovanovic est économiste, écrivain et directeur littéraire aux Jardin des Livres. Il est connu pour ses nombreux succès de librairie et son premier livre « Enquête sur l’existence des anges gardiens » a été un succès mondial puisqu’il a été vendu à plus d’un million d’exemplaires. Son vif intérêt pour les sujets liés à la religion et à la spiritualité lui a permis de rencontrer, il y a quelques années, le docteur Michael Newton qui a travaillé sur la question de la vie après la mort. Les ouvrages du docteur Newton sont des best-sellers aux États-Unis et Pierre Jovanovic a acquis les droits des deux principaux, intitulés « Journées dans l’Au-Delà » et « Souvenirs de l’Au-Delà ». Notons que Michael Newton est décédé en septembre 2016.

Ses études aux frontières de la mort lui ont enseigné qu’au terme de notre existence humaine, nous traversons un tunnel pour retrouver le lieu que nous avions quitté. Mais quel est ce lieu ? Que s’y passe-t-il ? Qui prend la décision d’envoyer une âme s’incarner dans la vie humaine ? Et en fonction de quels critères ? Après vingt ans d’expériences réalisées auprès de milliers de patients, le docteur Michael Newton a réussi à dresser un tableau extraordinaire de ce qui se déroulerait « de l’autre côté » entre deux incarnations. Ses patients ont révélé des détails précis sur ce qu’ils ont ressenti et observé au moment de leur décès et sur les êtres qui sont venus à leur rencontre pour les accompagner dans l’autre monde. Ainsi, le docteur Newton entend démontrer que la vie ne s’arrête pas à la mort et que nous décidons tous, à un moment précis, de nous incarner dans un corps pour « expérimenter » la Vie.

Le docteur Newton n’étant plus de ce monde pour nous en parler, c’est son éditeur, Pierre Jovanovic, écrivain et directeur littéraire des Éditions du Jardin des Livres, qui nous présente ces deux grands ouvrages.

« Journées dans l’Au-Delà » et « Souvenirs de l’Au-Delà » de Michael Newton sont publiés aux Éditions du Jardin des Livres.

Kernews : Ces deux ouvrages de Michael Newton marquent les esprits parce qu’il a travaillé sur la vie après la mort, mais aussi sur la vie avant la vie. Il était donc convaincu que la réincarnation est quelque chose qui existe vraiment…

Pierre Jovanovic : Le docteur Newton est un psychiatre qui a commencé sa carrière en soignant des adolescents et des adultes suite à des traumatismes de l’enfance, comme des enfants violés ou battus. Il s’est servi de la méthode bien connue de Freud, Young et surtout Charcot, consistant à utiliser l’hypnose pour faire régresser le patient, afin de parler avec son inconscient. Pendant des années et des années, le docteur Newton a enregistré des sessions avec ses patients et il s’est rendu compte qu’il y avait toujours un fil conducteur : par exemple, avec un patient d’une quarantaine d’années qui avait la phobie de l’eau parce qu’il avait failli se noyer quand il avait cinq ans, en le faisant régresser, en parlant avec son âme, il arrivait non seulement à le guérir, mais il était surtout fasciné par le pouvoir de la régression, comme si tout était enregistré dans une sorte d’immense base de données. Un jour, il a fait régresser l’une de ses patientes à l’état de nourrisson et, voyant que c’était possible, il l’a fait régresser avant sa naissance. Il a eu le choc de sa vie en parlant avec l’âme qui s’est incarnée dans cet enfant… Et l’âme lui expliquait qu’elle attendait d’être incarnée en regardant ses parents en train de faire l’amour parce qu’ils avaient été choisis pour son arrivée sur Terre. Ces deux livres sont connus dans le monde entier puisqu’ils regroupent trente ans d’expériences de régression de patients. C’est fascinant, on voit ce qui se passe de l’autre côté, avant notre naissance ou après notre mort, c’est exactement la même chose…

Les témoignages se recoupent sur ce fameux tunnel après la mort, comme si l’on était aspiré par un immense bonheur…

Tout le monde dit que l’on est de retour à la maison et c’est quelque chose d’universel. Si vous appuyez sur une partie de votre cerveau, vous accédez à vos vies passées et à tous vos souvenirs d’enfance et même d’avant votre incarnation. Des travaux ont été menés en Inde sur ce thème également. N’oubliez pas que sur la moitié de la planète, les religions reposent sur le principe de la réincarnation. C’est un peu la Roue de la Fortune, on vit une vie ici, on repart dans notre vrai domicile qui n’est pas ici sur cette Terre, mais ailleurs, et Newton montre quelque chose de phénoménal à travers la grappe d’âmes, comme une grappe de raisins : par exemple, votre frère peut devenir votre sœur dans une autre vie et vous pouvez devenir sa femme ou son mari au fur et à mesure des incarnations… Il y a un groupe d’âmes qui vous accompagnent, en général une cinquantaine de personnes que vous retrouvez d’une vie à une autre. C’est vraiment très précis. Michael Newton a publié la première cartographie de ce qui se passe après la mort.

Vous prenez cette illustration de la Roue de la Fortune comme s’il s’agissait d’un ticket de loto, mais il va beaucoup plus loin parce que les rencontres que nous faisons dans notre existence terrestre conditionneraient ce que l’on va vivre plus tard…

Le docteur Newton précise que les grandes rencontres de notre vie sont déjà organisées de l’autre côté. Vous avez des signes qui vous incitent à poursuivre une relation, comme se marier et avoir des enfants, mais cela va bien au-delà. Newton montre qu’il y a différents niveaux et que nous avons tous des guides. Il parle d’une dizaine de guides qui nous aident dans des moments difficiles et qui nous récupèrent lorsque l’on part, en nous nettoyant de nos souvenirs quand on arrive de l’autre côté. En Chine et au Japon, tous ceux qui ont des expériences aux frontières de la mort disent qu’on leur a présenté un bol, la soupe de l’oubli, et qu’ils ont refusé de la boire. En fait, ils voulaient revenir. Boire la soupe de l’oubli, c’est oublier tout ce que l’on a vécu sur Terre et cela permet de recommencer une nouvelle vie de l’autre côté.

Ces guides qui sont de l’autre côté seraient-ils en quelque sorte des anges gardiens ?

On distingue deux catégories d’anges gardiens. Vous avez celui que l’on appelle le guide, ce n’est pas un ange, cela peut être votre maman qui est décédée, mais le dénominateur commun est que c’est quelqu’un qui vous a beaucoup aimé, ou que vous avez beaucoup aimé, et qui veille sur vous. Ce guide a déjà eu une incarnation terrestre. En revanche, ceux que l’on appelle les anges gardiens, ou les esprits tutélaires, n’ont pas eu d’incarnation humaine. Ce sont en quelque sorte des GPS qui nous guident dans notre destinée. On voit bien que l’on a une destinée. On pense être libre de nos choix, mais nous ne le sommes pas, parce que ce sont des choix que nous-mêmes avons faits avant de nous incarner. Ces livres sont vraiment troublants mais, en même temps, ils confirment tout ce que l’on sait. Quand on a un peu de bouteille, on sait que notre destin, notre vie professionnelle se joue à très peu de choses, comme simplement une rencontre… Je me souviens du vice-président de la Fox à Los Angeles, un grand studio de cinéma, qui me disait avoir été perdu aux États-Unis, sans travail. Un jour, il marchait dans New York, il n’avait pas de feu pour allumer sa cigarette, il s’est penché pour ramasser une boîte d’allumettes par terre et quelqu’un lui est rentré dedans. C’était l’un de ses copains du service militaire dans la marine nationale qui était en escale à New York. Celui-ci lui a présenté un ami qui lui a trouvé un poste dans le cinéma et, quelques années plus tard, il s’est retrouvé vice-président de la Fox. Quand vous lisez toutes les biographies, comme celle du général Patton, la première chose qu’il écrit dans son journal à l’âge de 17 ans est : « Je commence ce journal parce que je sais qu’un jour je serai très célèbre… » Le destin est écrit à l’avance.

On a parfois le sentiment d’avoir déjà croisé une personne dans une autre vie… À l’inverse, il y a d’autres gens avec lesquels le contact ne passe absolument pas, on les sent presque reptiliens, au sang froid…

C’est très vrai et, chez les Indiens, c’est quelque chose de parfaitement admis. Le Dalaï-lama est choisi parce que l’on sait qu’il va se réincarner. Quand on est face à une rencontre importante, quelque part dans notre cerveau nous l’avons déjà enregistré et nous ressentons ce que l’on appelle les signes du destin.

Peut-on orienter tout cela, ou sommes-nous impuissants puisque c’est écrit à l’avance ?

Nous sommes dans la flèche du temps et l’on ne connaît pas toutes les issues. Au fond de nous, nous les connaissons quand même… Relisez les propos de François Mitterrand ou du général de Gaulle, lorsqu’ils traversaient des moments difficiles : ils disaient qu’au fond d’eux-mêmes il y avait quelque chose, une petite voix qui leur disait qu’il fallait absolument continuer, parce qu’ils étaient promis à un destin. C’est uniquement cette certitude d’avoir un destin qui leur permettait de ne pas avoir peur de la mort et d’affronter des moments de danger, alors que d’autres se seraient enfuis. Napoléon raconte dans ses mémoires qu’en traversant les Alpes son cheval s’était emballé et qu’il allait partir dans un ravin. C’est un petit berger qui s’appelait Ange qui l’a récupéré et, pour le remercier, tout au long de sa vie, Napoléon lui a fait parvenir de l’or. Il y a aussi cette expression « Ce n’est pas mon heure » : cela veut dire que quelqu’un d’autre a déjà défini l’heure… Si vous acceptez cela, vous acceptez que votre vie soit déjà écrite. Le docteur Élisabeth Kübler-Ross a inventé la médecine palliative, elle a accompagné des milliers et des milliers de gens dans leurs derniers moments et elle s’est rendu compte que les gens refusaient de mourir tant qu’ils n’ont pas dit au revoir à un être cher ou tant qu’ils n’ont pas demandé pardon à quelqu’un. Après avoir dit au revoir à quelqu’un, ou après lui avoir demandé pardon, ils sont morts. C’est quelque chose de fascinant. On dit souvent qu’il ne faut pas s’intéresser à la mort, parce que la vie est plus importante, mais je réponds que la mort est beaucoup plus longue que la vie… Le chanteur de Black Sabbath a passé sa vie comme alcoolique, drogué à la cocaïne et à l’héroïne, comme le guitariste des Rolling Stones, et il relate dans ses mémoires qu’il ne comprend même pas comment il peut être encore en vie ! Donc, ce n’était pas son heure. Ozzy Osbourne raconte qu’un jour il était tellement ivre mort et sous héroïne, qu’il s’était mis en tête de traverser l’autoroute à quatre pattes, une autoroute américaine avec quatre voies, et il n’a jamais compris comment il s’est retrouvé au milieu de l’autoroute en se réveillant. C’est la même chose pour Keith Richards, qui dit qu’il aurait dû mourir mille fois tellement il avait fait d’excès… En face, vous avez des gens qui meurent après une surdose de Doliprane ! Il y a donc une autre logique qui recouvre tout cela. C’est extraordinaire, parce que cela nous apporte un optimisme absolument phénoménal de ce qui nous attend quand on va mourir puisque, par définition, nous allons tous mourir.

Avez-vous rencontré Michael Newton ?

J’ai échangé avec lui et j’ai écrit que c’est le livre que j’aurais dû écrire après celui sur les anges gardiens. Ces travaux sont vraiment très importants, parce qu’ils permettent à tout le monde de se réconcilier avec la mort. Albert Camus disait que tant que l’on n’accepte pas l’idée de sa propre mort, on ne peut pas accepter l’idée de Dieu. Quand les gens vous disent qu’ils sont laïcs, ils compensent cette peur de la mort en amassant des fortunes, comme s’ils allaient emporter tout cela dans la tombe.

Quels enseignements, à titre personnel, tirez-vous de tout cela dans votre vie quotidienne ?

Cela m’apporte une tranquillité : je vais peut-être mourir demain, pourquoi pas… Mais je ne partirai pas angoissé et en étant terrorisé par ce qui va se passer de l’autre côté. Au contraire, j’ai hâte de retrouver tous ceux qui sont déjà partis. Je suis arrivé à un âge où je passe plus de temps à aller à des enterrements plutôt qu’à des mariages. Récemment, nous avons enterré notre ami Paul Wermus et je sais que je le retrouverai de l’autre côté.

 

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