Rencontre avec Etienne Comar, réalisateur du film «Django», le 9 mai à La Baule

Etienne Comar, le réalisateur du film «Django» consacré au guitariste de jazz manouche Django Reinhardt, sera présent au cinéma Le Gulf Stream de La Baule, mardi 9 mai à 20h30, pour parler avec le public de son film. Celui-ci raconte la vie du musicien pendant l’Occupation. La propagande allemande veut l’envoyer à Berlin pour une série de concerts, il sent le danger et décide de s’évader en Suisse, aidé par une de ses admiratrices, Louise de Klerk. Pour passer, il se rend à Thonon-les-Bains, sur les bords du lac Léman, avec sa femme enceinte, Naguine, et sa mère, Negros. Mais leur fuite se révèle plus difficile que prévu et Django et ses proches se retrouvent plongés dans la guerre. Etienne Comar répond à nos questions.

Écoutez l’entretien avec Étienne Comar sur Kernews et à la fin de l’interview de requiem de Django…

Kernews : Comment avez-vous eu l’idée de faire un film sur Django Reinhardt ?

Étienne Comar : Cela faisait quelques années que je souhaitais faire le portrait d’un musicien. J’ai fait de la musique aussi et je voulais traiter de sa position dans une période de l’histoire compliquée et trouble. Or, mon père était un grand amateur de Django. J’écoute sa musique et, en me replongeant dans la vie de Django, je me suis rendu compte que cette période de la guerre, entre 1943 et 1945, correspondait exactement à ce que je voulais traiter. Comment, dans une période trouble, un artiste peut-il continuer à exercer son art ? J’étais dans cette idée d’interroger la position des artistes dans des périodes complexes. En 1943, Django était une star dans le Paris occupé, mais aussi dans le monde entier, mais il était aveuglé par son succès. Alors que les Tziganes étaient pourchassés dans toute l’Europe, il était épargné par les Allemands, mais il s’est retrouvé dans l’obligation de fuir Paris, parce qu’on voulait l’envoyer en Allemagne pour aller jouer devant les troupes allemandes. Il s’est dit qu’il ne reviendrait jamais s’il acceptait de partir… En plus, on a voulu le contraindre en le faisant jouer d’une façon qui n’était pas la sienne, parce que le jazz était très réglementé à l’époque. Il est obligé de patienter à Thonon-les-Bains, à la frontière suisse, et la guerre le rattrape. C’est une prise de conscience sur la façon dont les gens de sa communauté sont traités. C’est aussi un film sur la musique et sur la manière dont on peut résister avec sa musique. Il y a peu d’éléments écrits sur la vie de Django pendant cette période et j’ai donc dû reconstituer certains éléments en étant inspiré par ce qui me semblait le plus proche de la réalité. J’aime la fiction, alors je ne vais pas vous dire que j’ai fait un documentaire…

Ce n’est pas un biopic qui essaie de respecter la vérité historique…

Il faut arrêter de croire que les biopics respectent la vérité historique, car aucun ne le fait ! Évidemment, on est obligé de faire en fonction des éléments que l’on a. Quand on fait un film de cinéma, c’est de la fiction. Il ne faut pas penser que l’on peut respecter la vérité historique mais, ce qui est important, c’est de respecter la personnalité du personnage et la chronologie des événements. L’autre vérité à respecter, c’est la vérité de sa musique, parce que Django était avant tout un musicien, connu dans le monde entier par sa musique, et je trouve que Reda Kateb interprète ce rôle en étant le plus crédible possible avec les morceaux que jouait Django à cette époque.

Il y a une scène forte dans le film lorsque la maman de Django refuse de s’insurger contre le comportement des Allemands à l’égard des Tziganes en disant : « Ce qui compte, c’est que les Allemands ne nous ennuient pas… » Au fur et à mesure du film, Django et sa famille évoluent en prenant en compte le destin de leur communauté…

C’était le parcours qui m’intéressait, quelqu’un qui ouvre les yeux sur la tragédie de sa communauté, et il fallait montrer cette prise de conscience. Dans sa musique, cela évolue aussi : il passe d’une musique très légère, dansante et un peu insouciante, vers une musique un peu plus profonde et plus mélancolique. Django avait une force de caractère, mais c’était aussi quelqu’un d’hypersensible.

Comment vous êtes-vous documenté ?

Il y a très peu de choses sur lui, 350 photos et seulement quatre minutes de film… Le reste, c’est sa musique. On connaît sa silhouette et j’ai dû composer un Django d’une façon assez libre à partir des éléments que l’on connaissait, sans m’obstiner à singer le personnage. C’est un personnage iconique, mais qui reste mystérieux, cela me permettait vraiment d’interpréter le personnage comme je le souhaitais.

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