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Smart city, ville connectée et intelligente… La Baule signe un partenariat inédit avec Engie pour la gestion de l’espace urbain.

C’est une première pour une ville moyenne en France : la ville de La Baule vient de signer un partenariat inédit avec Engie, via sa filiale Engie Ineo, pour développer un système innovant de gestion du stationnement et une plate-forme numérique de visualisation et de planification de l’espace public. Alors que chaque année, La Baule attire de plus en plus de visiteurs, la gestion de la mobilité est devenue un enjeu majeur. Améliorer l’attractivité du front de mer, fluidifier le trafic, notamment en période touristique, optimiser la gestion du stationnement, comptent parmi ses priorités. « Ce sont en particulier la densité de la circulation sur le front de mer et l’encombrement des places de stationnement en voirie auxquels la ville souhaite remédier à court terme pour le bien-être de ses habitants. », observe Yves Métaireau, maire de la Baule. D’une durée de quatre ans (de 2018 à 2021), le marché de gestion de stationnement innovant confié à Engie (via sa filiale ENGIE Ineo) comprend une importante opération de rénovation des parkings, l’installation d’horodateurs à écrans tactiles connectés, de bornes arrêt-minute, ainsi que des panneaux d’information indiquant les places de parking disponibles sur l’ensemble de la ville. L’orchestration de ces différents équipements connectés permettra à court terme de fluidifier la circulation, de réduire le temps de recherche des places de parking et de diminuer la pollution liée au trafic. L’objectif à plus long terme est la connexion de l’ensemble des équipements (horodateurs, parcs de stationnement, billettique, capteurs de présence des véhicules, etc.) ce qui permettra d’en optimiser la maintenance. Grâce à un système numérique, la ville connaîtra en temps réel l’état de fonctionnement du matériel et pourra réaliser de nombreuses opérations à distance.

Philippe Langlois, adjoint à la sécurité et à la circulation, souligne que le but est de vraiment faciliter la vie des automobilistes pour qu’ils puissent se garer facilement : « Nous allons mettre en place 75 horodateurs de nouvelles technologies, qui permettront tous les types de paiement, monnaie, carte bancaire et même par téléphone. Ensuite, nous allons créer deux grands parkings gratuits, à Atlantia et Mermoz, au nord de la voie de chemin de fer, il y aura aussi le parking du marché que les Baulois connaissent. Nous avons actuellement le parking du 8 mai 1945 qui est peu utilisé parce que nous n’avons pas de jalonnement dynamique. Dès l’entrée de La Baule, une signalétique sera mise en place. On saura s’il y a des places, ce sera la même chose pour le marché, et nous essayons progressivement de basculer dans cette circulation douce et apaisée en incitant les gens à se garer pas très loin du centre-ville et à marcher. Tout cela fait partie d’un programme global, avec l’éclairage public, le stationnement, la voirie, les travaux d’accessibilité en entrée de ville, pour que La Baule soit la plus accueillante possible. Il faut que tout cela soit le plus transparent possible pour celui qui vient à La Baule. Nous devons lui faciliter la vie sans qu’il soit obligé d’aller chercher en permanence des indications à droite ou à gauche. C’est très compliqué techniquement et nous allons faire en sorte que ce soit le plus simple possible pour les gens qui viennent nous voir ». Au cours de ce partenariat, Engie déploiera également une plate-forme de visualisation et de planification de l’espace public qui permettra à la ville d’explorer toutes les potentialités des technologies les plus récentes. S’appuyant sur des données de sources variées (flux de mobilité, feux de signalisation, luminaires, météo…) cette plate-forme numérique offrira une vue globale du fonctionnement de la ville.

Yann Roland, PDG d’Engie Ineo : « L’objectif est de déterminer immédiatement, en temps réel, les places qui sont libres et celles qui ne le sont pas. »

Yann Rolland au micro de Kernews.

Kernews : Engie se décline progressivement dans de nombreux services liés à la ville connectée. Pouvez-vous nous présenter la filiale Engie Ineo ?

Yann Rolland : J’ai la responsabilité de la filiale Engie Ineo. Nous sommes 15 000 salariés au sein d’un groupe qui en compte 150 000. Nous représentons à peu près un dixième des salariés de cette entreprise avec des grands métiers, comme les installations électriques, l’énergie, les lignes à haute tension, les postes de transformation, mais aussi les transports publics. Nous sommes, dans ce contexte, spécialisés dans les caténaires électriques, la signalisation ferroviaire et l’alimentation des trains en énergie. Nous gérons aussi les systèmes d’information voyageurs dans les flottes de bus. Nous sommes également dans le monde de la défense et du nucléaire. Il y a donc l’électricité, l’énergie et les communications complexes.

Vous connaissez les plans des villes, leurs souterrains n’ont pas de secret pour vous, vous avez les câbles et, à l’heure des télécommunications, le monde vous est ouvert…

A coup sûr ! En tout cas, nous avons de grandes ambitions et de belles perspectives de développement au cœur des villes. Nous avons la perspective de gérer, à leurs côtés, l’ensemble des services pour les aider à progresser.

On parle beaucoup de la ville intelligente et de la gestion intelligente des données. C’est encore quelque chose de très flou pour nos concitoyens, comme pour les élus, d’ailleurs… La meilleure illustration de tout cela n’est-elle pas la gestion du stationnement ?

Je suis d’accord, on doit parler plus de villes innovantes qui cherchent des nouvelles technologies, des nouvelles données, pour faire progresser sur un service, un deuxième service, puis un troisième, la vie de leurs concitoyens. À La Baule, nous allons commencer par le stationnement et je ne doute pas que d’autres idées viendront toujours, grâce aux mêmes progrès de la technologie et à l’accessibilité, de tout un tas de données que nous n’avions pas auparavant. Effectivement, service par service, je suis certain que, demain, la vie de nos concitoyens sera meilleure.

On peut imaginer une puce sous chaque place de stationnement, avec un capteur RFID et, à la seconde près, le poste de contrôle saura si la place est libre ou non…

C’est exactement cela. L’objectif est de déterminer immédiatement, en temps réel, les places qui sont libres et celles qui ne le sont pas et surtout de donner l’information, voire de donner la prévision, parce que, finalement, donner l’information en temps réel, cela se fait. Mais ce qui est encore mieux, c’est de donner des prévisions d’occupation des stationnements dans telle ou telle zone de manière à ce que, lorsque vous arrivez en ville, vous n’attendiez pas qu’une place se libère dans tel ou tel quartier. On vous dirigera immédiatement vers le quartier ou vers la rue où l’on sera certain qu’il y aura une place de libre, en raison des circonstances, de la météo ou de l’heure. C’est tout l’enjeu que de traiter ces données d’une manière intelligente.

Pouvez-vous aller beaucoup plus loin en matière d’éclairage public, comme le laisser allumé plus tard l’été ?

On peut tout à fait le faire. On peut régler les éclairages publics en fonction de la vie dans la rue et, lorsqu’un piéton avance, l’éclairage public va pouvoir éclairer son chemin et s’éteindre derrière lui lorsqu’il n’y a plus personne. Cela fait faire des économies d’énergie et cela sécurise la personne qui est en déplacement, en faisant en sorte qu’elle ait un halo lumineux qui l’accompagne. Nous savons déjà faire cela.

Que représente ce contrat avec La Baule pour Engie Ineo ?

C’est un grand client par son nom et par son image touristique. Il est toujours important, pour une grande entreprise, d’associer son nom à des villes reconnues, non pas par leur taille de population, mais par leur nom et leur histoire.

Olivier Biancarelli, directeur des solutions décentralisées pour les villes et territoires d’Engie : « La Baule va être réellement un laboratoire pour Engie. »

Olivier Biancarelli au micro de Kernews

Kernews : Le grand public connaît la marque Engie lorsqu’il reçoit sa facture d’électricité, mais vous opérez aussi dans d’autres domaines…

Olivier Biancarelli : Engie est connu pour être un grand énergéticien mondial, dont on peut être fier, comme d’autres énergéticiens français mais, au cours de notre histoire, longue de cent cinquante ans, nous avons élaboré des capacités à accompagner les villes et les territoires dans leur développement, dans la production d’énergie, mais aussi vers une meilleure consommation de cette énergie, que ce soit dans les bâtiments ou dans les rues, avec un éclairage public intelligent. De fait, nous sommes devenus des partenaires  constructeurs de villes plus économes et plus agréables à vivre.

Vous travaillez avec des grandes villes, comme Singapour ou Rio de Janeiro : est-ce différent avec une ville de taille moyenne comme La Baule ?

Il est vrai que nous avons commencé par travailler avec des très grandes villes, où les problèmes étaient complexes. Les budgets étaient là et il y avait une forme d’urgence. On s’est aperçu qu’il était très important de travailler avec des villes petites ou moyennes et que, finalement, la taille importait peu, les besoins étaient partout présents et il fallait être là pour répondre à ces questions vitales pour nos concitoyens, qui touchent aux besoins humains très concrets : comme une meilleure qualité de l’air, une meilleure sécurité ou, tout simplement, un contexte de ville plus agréable. Il n’y avait aucune raison de ne travailler qu’avec des grandes villes. Donc, c’est une marque de fabrique d’Engie d’avoir des solutions adaptées aux villes moyennes.

Le flux de population n’est pas le même chaque week-end, au moment de chaque période de vacances et aussi en été. Est-ce une problématique ?

Ces variations saisonnières très importantes sont un élément de complexité et c’est la raison pour laquelle La Baule va être réellement un laboratoire pour Engie, en nous permettant d’être meilleurs dans d’autres territoires dans le monde plus tard, quand nous devrons faire face à ces mêmes phénomènes. Mais, en même temps, être dans une ville de taille moyenne, cela permet d’avoir un contact direct avec toute l’équipe municipale, le maire lui-même, celui qui pilote le destin politique de la collectivité, et c’est très important. Dans tous ces contrats, ce que nous construisons, c’est un partenariat de long terme et nous ne sommes pas là pour délivrer simplement une solution ou un produit. Cela nécessite un dialogue. Il faut se comprendre et le fait d’être avec une ville moyenne est quelque chose d’important.

Depuis quelques années, la tendance est à massifier davantage. On dit que la maison individuelle non mitoyenne va disparaître et que les gens seront de plus en plus serrés… Tout cela va forcément densifier la population sur un territoire…

Il est clair qu’il y a un phénomène de densification. On sait que les villes représentent aujourd’hui un peu plus de 50% de la population sur 2% de la surface terrestre et 75% de la consommation d’énergie, donc on voit bien l’effet de concentration. Tous les prévisionnistes nous disent que d’ici à trente ans, 75% de la population mondiale vivra dans les villes. Donc, on voit bien qu’il va y avoir une explosion de la taille des villes, avec un phénomène de densification et de verticalisation. Cela pose des problèmes redoutables de qualité de l’air, de congestion de trafic et de sécurité. Tout cela nécessite un ensemble de compétences très complexes et aucun groupe privé ne peut faire face seul à ce genre de difficultés. Il faut être très ouvert sur l’innovation et très ouvert à la collaboration pour résoudre ces problèmes. Néanmoins, je ne pense pas qu’il y aura un seul modèle de ville et il y aura probablement différents types et modèles de villes en fonction des cultures et des continents.

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