Xavier de Zuchowicz réaffirme le positionnement de La Baule comme une ville touristique qui vit toute l’année

Tourisme et attractivité économique : des enjeux majeurs pour La Baule.

Xavier de Zuchowicz, président d’Atlantia et adjoint au maire de La Baule en charge du tourisme, du développement économique et des associations patriotiques, était l’invité de Yannick Urrien le vendredi 19 octobre sur Kernews.

Xavier de Zuchowicz, président d’Atlantia et adjoint au maire de La Baule en charge du tourisme, du développement économique et des associations patriotiques, estime que le temps où l’on dressait le bilan de la saison touristique est révolu, car il convient maintenant de raisonner à l’année : « La Baule est une ville touristique et non pas une station touristique. Depuis maintenant près de douze ans, nous nous battons pour dire que La Baule est une ville touristique. Bien sûr, il y a une saison, mais La Baule vit vraiment à l’année et, quand on veut faire le bilan de la saison touristique au mois de septembre, on est à côté de la plaque. On raisonne comme dans l’ancien temps, car La Baule est animée toute l’année. Le mois de juillet a été un peu moins bon que l’année dernière, mais le mois de mai a été très bon, juin n’a pas été très mauvais et le premier trimestre a été très correct… Aujourd’hui, nous constatons que nous avons plus de taxes de séjour qu’en 2017, qui a pourtant été une très belle année. Donc, on peut considérer que 2018 sera meilleure que 2017. Nous ne prenons même pas en compte Airbnb qui nous donne ses chiffres au début de l’année suivante ». Cela fait plusieurs fois que l’on observe cette tendance et les commerçants qui sont ouverts tout au long de l’année travaillent mieux que ceux qui raisonnent uniquement en fonction de la saisonnalité : « Les hôteliers et les patrons de restaurants et de bars nous disent que c’est parfois compliqué, parce qu’ils doivent prévoir des renforts. Mais c’est leur métier de prévoir des renforts quand il y a un bon weekend, sinon ils ne répondent pas à l’attente des touristes. C’est leur métier de faire en sorte que, lorsqu’il y a un bon weekend au mois de février, par exemple, ils aient les renforts nécessaires pour pouvoir travailler ». Mais peut-on réellement parler de tourisme à La Baule, alors que l’on observe que tous les gens qui viennent à La Baule entretiennent des souvenirs ou des liens avec la commune ? Sur ce point, Xavier de Zuchowicz reconnaît que l’on ne peut pas comparer La Baule à une destination touristique traditionnelle : « Je me permets de prendre mon cas personnel. Mon père passait ses vacances à La Baule avant-guerre et c’est de cette manière que je me suis retrouvé à La Baule. Il est vrai que beaucoup de gens ont des liens avec La Baule. Je crois qu’il faut travailler sur les 20 % supplémentaires que l’on pourrait obtenir et qui n’ont pas de liens avec La Baule : je pense aux étrangers avec lesquels nous travaillons de plus en plus et qui, nous dit-on, commencent à venir. Ce n’est pas extraordinaire, mais c’est sur cette population que nous devons travailler pour augmenter l’attractivité de La Baule ».

Favoriser l’installation des jeunes ménages et des commerces.

Pour Xavier de Zuchowicz, la priorité consiste à favoriser l’installation des jeunes ménages et des entreprises : « Il faut faire en sorte qu’il y ait de plus en plus de jeunes ménages qui s’installent à La Baule, ceux qui font du télétravail par exemple, ou qui viennent trois jours à La Baule puis, le reste du temps, vont travailler à Paris. Ce n’est pas encore au point, mais cela commence à marcher. La preuve, nous ouvrons chaque année une classe supplémentaire à La Baule. Même si ces gens travaillent à Saint-Nazaire, habitent à La Baule et consomment à La Baule, nous devons aussi travailler sur la possibilité de leur donner des distractions qui sont quelquefois en confrontation avec ce que veulent les retraités qui veulent être tranquilles à La Baule… Donc, nous devons trouver un équilibre entre ce que recherchent les retraités et la nécessité de proposer des possibilités de sorties aux 25-45 ans, mais aussi à leurs enfants ». L’attractivité passe également par le développement des commerces et, sur ce point, Xavier de Zuchowicz entend travailler sur le quartier du Guézy et sur celui du casino : « Pour les supermarchés, nous avons pris il y a très longtemps la décision de refuser les grandes surfaces à La Baule et c’est pour cette raison qu’elles sont en limite à Guérande. Nous avons ouvert une moyenne surface à Lajarrige, nous sommes aussi en train de travailler pour installer une moyenne surface au Guézy, où il y a de nouvelles constructions, nous aurons 250 logements supplémentaires. Mais, pour le moment, les gens vont à Pornichet ou dans d’autres grandes surfaces à l’extérieur de La Baule. Nous envisageons d’implanter également une moyenne surface au Guézy. On peut surtout soutenir les commerçants qui sont déjà sur place. C’est pour cette raison que nous avons décidé un abattement de 15 % de la taxe foncière sur les propriétés bâties. On ne pouvait pas faire plus… Donc, les propriétaires de locaux ont 15 % de taxe foncière en moins sur les propriétés bâties et nous les incitons à reporter cette réduction sur les commerçants. Les commerçants ont intérêt à la demander ! Nous avons adhéré à la Fédération des boutiques à l’essai, qui marche bien en France et qui propose six mois de contrat précaire pour venir s’installer dans des endroits. Nous avons ainsi réussi à remplir le Passage du Royal. Les gens sont repartis, mais nous arriverons à faire en sorte que le Passage du Royal soit à nouveau occupé avec des boutiques. C’est un lieu qui commençait à se désertifier et qui appartient au groupe Barrière. Ce n’est pas la Mairie qui va décider, mais nous avons réussi à faire en sorte qu’il y ait des accords entre le bailleur et les commerçants pour que les gens paient moins cher et décident ensuite de rester ou non. Enfin, avec la CCI, nous avons fait une opération qui s’appelle La Baule VisioCommerce. J’ai fait venir une dizaine d’enseignes que j’ai mises en face de bailleurs qui ont des locaux à louer. On a fait le tour de La Baule et nous avons plusieurs touches qui nous permettront de remplir les quelques dents creuses qui nous restent et de développer quelque chose au Guézy ». L’élu en charge du commerce observe que l’avenue Lajarrige continue d’être dynamique : « On compare souvent l’avenue de Gaulle et l’avenue Lajarrige. Certes, il y a toujours beaucoup plus de monde dans l’avenue de Gaulle, ceci dit, les commerçants de l’avenue Lajarrige me disent qu’ils ont moins de monde, mais que ce sont des gens qui viennent acheter et consommer ».

La fibre, une priorité pour attirer les entreprises…

Xavier de Zuchowicz s’implique également en incitant les entreprises à venir s’installer à La Baule, mais il reconnaît que ce n’est pas facile car la fibre n’est pas opérationnelle dans tous les quartiers : « Il faut que l’on essaie de travailler davantage sur le développement économique et c’est pour cette raison que la municipalité a racheté le bâtiment de l’Éducation nationale. À mon avis, il y a deux voies : d’une part, les métiers liés à la mer et nous avons des gens qui fabriquent des bateaux ou des planches à voile dans la zone de Beslon, cela peut être intéressant ; d’autre part, nous devons aussi donner aux start-up les moyens de s’installer dans de bonnes conditions à La Baule. Pour cela, il faudrait d’abord avoir la fibre. Nous avons de gros problèmes et, si j’ai bien compris, Orange a laissé tomber et c’est SFR qui reprend. Maintenant, SFR nous explique qu’ils vont aller beaucoup plus vite qu’Orange. Mais c’est toujours un vrai problème ! »

Atlantia, la vitrine de La Baule…

Xavier de Zuchowicz est également le président d’Atlantia et, sur ce point, la situation est au beau fixe : « Atlantia est quasiment le seul organisme qui fasse la publicité de La Baule à l’extérieur. L’Office de tourisme fait bien son travail, mais il couvre l’ensemble de la presqu’île, alors qu’Atlantia va parler de La Baule sur les réseaux et dans les salons. Je m’attache toujours à ce que l’on vende Atlantia, mais aussi l’ensemble de La Baule. Aujourd’hui, nous allons vendre Atlantia dans un site et une plage rénovée, avec Veolia, de façon à inclure l’ensemble de La Baule. Nous faisons le plein en congrès, on peut difficilement en faire plus. On peut faire des congrès avec plus de monde, mais il y a de la concurrence un peu partout, comme avec Saint-Malo qui vient d’ouvrir un magnifique palais des congrès, mais aussi Rennes. Nous devons donc garder notre pouvoir d’attraction. Nous devons faire attention, mais je dois dire que Corinne Denuet, directrice d’Atlantia, sait réfléchir à l’avenir ». Maintenant, il reste une opportunité : « On s’est inscrit à un club pour essayer de récupérer les congrès à l’étranger. Les créneaux disponibles sont sur les vacances, puisqu’en France on ne fait pas de congrès pendant les vacances scolaires…  Alors, on voudrait vendre ces créneaux aux étrangers qui ne prennent pas en compte les vacances scolaires françaises. Nous essayons aussi de bien intégrer le travail d’Atlantia dans l’économie de la ville ».

Il est prématuré d’évoquer l’élection municipale…

Xavier de Zuchowicz sera-t-il candidat lors de la prochaine élection municipale ? Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il estime qu’il est trop tôt pour en parler : « Mon travail, aujourd’hui, comme celui de mes camarades du Conseil municipal et de mes adjoints, c’est de continuer de travailler avec Yves Métaireau. On ne va pas emmerder les Baulois avec un an et demi de campagne municipale – pour reprendre le terme de Pompidou – bien que cela ait déjà commencé… » Il poursuit :  « Pour le moment, c’est trop tôt. Il y a des candidats qui se sont lancés en expliquant qu’ils veulent d’abord connaître les problèmes de La Baule… Moi, je les connais comme tous ceux qui habitent ici à l’année… Yves Métaireau a fait évoluer la ville et c’est extraordinaire de voir comment elle a changé en vingt-quatre ans. Maintenant, il faut faire quelques inflexions, notamment vis-à-vis des jeunes et des entreprises. On a la chance d’avoir un maire qui nous léguera une ville sans le moindre problème économique, il faut regarder sereinement les choses et l’on peut faire encore avancer un certain nombre de dossiers ».

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