vendredi , 23 juin 2017

Yves Métaireau dénonce les mensonges médiatiques autour d’une prétendue privatisation de la plage de La Baule

Kernews : Au cours de ces dernières semaines, il y a eu de nombreux articles dans la presse nationale évoquant une « privatisation » de la plage de La Baule ou son « rachat » par la société Veolia. Comment réagissez-vous à cette extrapolation médiatique ?

Yves Métaireau : C’est faux et il est malhonnête de parler de privatisation, puisque l’État ne peut pas vendre le domaine public, qui est traditionnellement inaliénable. On apprend cela en première année de droit ! C’est simplement une délégation provisoire que l’État a consentie à Veolia sur la gestion des établissements de plage et en partie sur l’entretien et les travaux sur la plage. Mais la difficulté réside dans l’application stricte de ce décret plage : la ville de La Baule a installé, il y a environ quarante ans, des clubs, des écoles de voile et des restaurants. Or, nous avons dépassé le linéaire autorisé dans le décret qui considère que 80 % du linéaire de la plage doit être libre de toute occupation. Je souhaite aussi conserver les tentes et les cabines, qui représentent l’image historique de notre ville depuis une centaine d’années.

Donc, le terme de privatisation est inexact dans ce contexte…

Oui. La plage restera libre pour le public et il n’y aura aucun prélèvement pour aller à la plage ou aller se baigner !

Vous proposez la création d’une société d’économie mixte avec Veolia : est-ce avec l’objectif de faire baisser les redevances ?

Je comprends parfaitement cette situation, puisque je connais la plupart des exploitants de la plage. Certains ont même été conseillers municipaux. Je veux garder des possibilités d’exploitation qui soient raisonnables sur la plage, c’est-à-dire que les tarifs des redevances soient raisonnables. Pour cela, j’ai proposé de créer une forme de société d’économie mixte entre la mairie et Veolia, de manière à ce que nous puissions prendre en charge une part significative des travaux demandés et du nettoyage, ce qui permettrait de diminuer considérablement les redevances que Veolia envisage de demander aux établissements de plage. Veolia est favorable à une solution de ce genre, mais il faudra poursuivre l’appel d’offres puisqu’il est prévu dans le décret plage. Il faudra démonter les établissements et les rendre compatibles avec les normes du décret plage et il faudra considérer que cela va forcément coûter un peu plus cher au début. En outre, nous avons aussi le risque que quatre ou cinq établissements puissent disparaître, dans la mesure où nous devons libérer 80 % du linéaire alors que nous sommes aujourd’hui à un taux d’occupation de 35 à 40 % du linéaire de la plage. Moralement, je ne voulais pas choisir ceux qui risquaient de devoir s’en aller. J’ai différé pendant quatorze ans l’application du décret plage, parce que je savais que ce serait difficile à La Baule et que cela poserait des problèmes. Mais ce n’est pas moi qui ai inventé le décret plage ! Il a été signé pour la Côte d’Azur et pour la Corse, et nous savions très bien, lorsqu’il est sorti en 2006, qu’il n’était pas applicable, sauf à faire des dégâts. Aujourd’hui, les services de l’État nous obligent à y avoir recours.

 

 

 

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