Yves Métaireau :  » Je ne crois pas que nous soyons encore prêts aujourd’hui, dans une ville touristique qui vit pleinement quatre mois de l’année, à pousser les voitures vers l’extérieur. « 

Le maire de La Baule et président de Cap Atlantique fait le point sur les dossiers en cours.

Yves Métaireau, maire de La Baule et président de Cap Atlantique, fait le point sur l’actualité locale et les projets en cours à  La Baule. Il revient sur la question des transports après l’abandon du projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes par le gouvernement, mais aussi sur la problématique de la non disponibilité du très haut débit, le développement du commerce indépendant à La Baule, le stationnement dans le centre-ville, les manifestations, les travaux de rénovation et, évidemment, la situation de la plage.

Kernews : Après la décision du gouvernement d’abandonner le projet de Notre-Dame-des-Landes, comment peut-on développer la presqu’île lorsque force est de constater que l’on met maintenant moins de temps pour aller à Saint-Malo, Dinard, Carnac ou même Bordeaux ?

Yves Métaireau : Effectivement, nous avions beaucoup misé sur ce projet, bien que, depuis le temps que cela traînait, on puisse comprendre aussi qu’il y ait eu une forme de lassitude et que le gouvernement ait souhaité, d’une certaine façon, en finir. Néanmoins, pour tous ceux qui y ont travaillé, c’est une grande déception.  Nous sommes dans l’incertitude sur l’agrandissement de l’aéroport de Nantes Atlantique qui est aujourd’hui saturé. Quand on va prendre l’avion, il y a pratiquement chaque soir deux à quatre heures de retard, parce qu’il y a un engorgement des compagnies aériennes, du bâtiment qui n’a jamais été refait et de la piste… Je crains que le coût de l’opération ne soit trop cher pour que cela se fasse rapidement. Il y a le problème du TGV et j’ai relancé à plusieurs reprises Guillaume Pepy et ses services, qui m’ont répondu en me donnant des assurances. Ils font des travaux à l’heure actuelle, c’est ce qui engendre des retards, mais il ne faut pas avoir d’inquiétudes pour l’avenir de la ligne entre Paris et Le Croisic. Nous ferons tout, avec David Samzun, maire de Saint-Nazaire, avec lequel nous sommes en phase sur ce point, pour que le TGV soit conservé avec un cadencement suffisant. On ne peut pas ignorer qu’il y a un problème de rentabilité de Nantes au Croisic. Parfois, nous ne sommes pas très nombreux, à l’exception du week-end ou du lundi. On peut comprendre aussi que la SNCF, que l’État aide, ait subi des pressions importantes de la part des élus régionaux pour aller à Bordeaux, Toulouse, Rennes, Saint-Malo ou même Sablé-sur-Sarthe… Face à cela, ils ont peut-être abandonné l’entretien des voies anciennes pour être en grande vitesse sur d’autres portions du TGV. Il y a des travaux en cours et c’est ce qui engendre souvent des retards. C’est l’explication qui m’a été donnée. Mais j’ai eu la confirmation que le TGV ne serait pas arrêté à Nantes.

Quelle vision avez-vous du développement du très haut débit sur La Baule et les communes avoisinantes ?

C’est assez compliqué. Nous sommes intervenus à plusieurs reprises auprès d’Orange, D’ailleurs, Orange nous propose de signer une convention avec Cap Atlantique et La Carène pour confirmer leur volonté d’équiper l’ensemble de nos deux territoires avec du très haut débit en FTTH, c’est-à-dire la fibre optique jusqu’au domicile. Maintenant, une partie de La Baule est fibrée, mais la commercialisation jusqu’à la maison n’est pas aussi évidente. Est-ce que les résultats ne sont pas aussi bons que prévu ? Peut-être que certaines personnes qui ont l’ADSL estiment que c’est suffisant… En tous cas, Orange s’est engagé. Nous avons d’autres opérateurs qui sont sur le secteur, comme SFR, qui est allé voir un certain nombre de communes, un autre groupe qui s’appelle Covage, et j’ai à nouveau interrogé le régulateur des télécommunications pour savoir avec qui nous devrions négocier pour que les choses avancent. Il m’a été répondu d’une manière un peu ambigüe et j’attends une réponse précise.

Le gouvernement a mis en place un dispositif Cœur de ville pour favoriser le développement du commerce de proximité dans les villes moyennes. Qu’allez-vous entreprendre dans ce domaine ?

Le commerce est concurrencé par la grande distribution qui s’implante en périphérie des villes, là où il y a du stationnement, mais aussi à l’intérieur des villes puisqu’un certain nombre de petits commerces issus de la grande distribution s’implantent dans les différents quartiers de La Baule. Il y a aussi le commerce en ligne avec les Amazon, Zalando et autres… C’est vrai, les loyers sont trop élevés à La Baule par rapport à l’activité, qui reste quand même extrêmement saisonnière. Nous avons l’intention de lancer, avec le concours de l’État, de la région et de Cap Atlantique, une opération qui consistera à faire un diagnostic des secteurs fragiles de La Baule et j’en identifie deux : le quartier du casino, avec la galerie du casino en particulier, et le quartier de La Baule les Pins, où les loyers sont très élevés. Nous pourrons intervenir après avoir fait un diagnostic, par le biais d’un opérateur commercial qui redynamiserait ces secteurs, qui conseillerait sur les types de loyers à pratiquer, qui nous permettrait de participer à la promotion de ces secteurs, à l’aménagement des animations, et j’envisage d’avoir une aide fiscale au niveau du foncier bâti, avec une baisse de 10 à 12 % sur les locaux commerciaux de moins de 400 mètres carrés. La ville prendra donc à sa charge cette incitation fiscale à condition que les propriétaires la répercutent sur les locataires. Nous allons créer un comité de pilotage dans les six mois qui viennent, si nous sommes agréés par l’État. La situation est inquiétante pour certains quartiers, mais c’est surtout dans une perspective d’avenir pour que nous conservions un commerce individuel qui fonctionne avec une compétitivité. Il faut aussi que les commerçants jouent le jeu, qu’ils acceptent de rester ouverts un peu plus longtemps et de participer à des engagements vis-à-vis de la ville et de l’État pour opérer des opérations de redressement de l’activité commerciale dans les secteurs un peu plus fragiles.

Quelle stratégie allez-vous mener en matière de stationnement, puisque l’on sait que le développement des commerces se fait là où l’on peut se garer facilement ? Vous semblez annoncer une politique plus sévère…

La loi a récemment changé les conditions du stationnement, mais la politique de la ville va être, au contraire, d’inciter. Nous avons créé un parking de 280 voitures derrière la poste pour que, très près du marché, on puisse stationner dans des conditions très favorables. Nous allons créer des parcs de stationnement dont les tarifs seront très inférieurs à ceux du stationnement sur la voie publique. Nous allons inciter tous les visiteurs à venir à La Baule et à ne pas délaisser le centre-ville. Je n’arrive pas à comprendre que l’on veuille faire de La Baule une zone toute piétonne ! Je ne crois pas que nous soyons encore prêts aujourd’hui, dans une ville touristique qui vit pleinement quatre mois de l’année, à pousser les voitures vers l’extérieur, même si l’on doit évoluer, même si l’on doit avoir des voitures électriques et même si l’on a des navettes électriques pour sillonner La Baule pendant l’été… Nous devons garder une activité pour le commerce de centre-ville et c’est en réalisant un certain nombre de parkings que nous y arriverons.

Il y a eu beaucoup de critiques contre le rond-point de la place de la Victoire, avec la circulation sur une voie au lieu de deux… En juillet et août, il est très difficile de circuler…

En matière de circulation, il y a aussi des habitudes qui doivent se prendre. Il y a plusieurs entrées de La Baule : il y a Escoublac, il y a l’entrée vers les tennis et le centre équestre, il y a la place de la Victoire… Il fallait que cette place, qui était sans âme, soit rénovée. Ensuite, c’est une question de bon comportement des automobilistes. C’est vrai, ça ralentit un peu, mais ça passe… Nous avons fait l’expérience l’été dernier, les gens très pressés vont toujours râler, mais je suis persuadé que l’embellissement de cette partie de La Baule, qui était vraiment délaissée, était tout à fait indispensable. Il y a d’autres entrées, il y a d’autres secteurs, le boulevard de mer reste encore un endroit où l’on peut circuler jusqu’à sa rénovation future et j’estime qu’il faudra conserver la circulation automobile parce que je ne crois pas que ce soit judicieux, dans une ville aussi étroite en largeur, de reporter toute la circulation sur un axe, ce qui créerait des bouchons irrémédiables. Il faudra trouver des améliorations, avec peut-être un feu en bas de l’avenue Olivier Guichard, au croisement de l’avenue de Lattre de Tassigny, de façon à réguler la priorité à droite. Maintenant, il ne s’agit pas non plus d’inciter tous les visiteurs qui viennent du Croisic à passer par le centre de La Baule pour quitter notre territoire… L’échappatoire par La Baule ouest n’est pas suffisamment empruntée. En général, quand on va d’un point à un autre à La Baule, on ne met pas plus d’un quart d’heure, sauf le 14 juillet ou le 15 août… Mais on ne peut pas demander à une commune d’organiser sa circulation et son stationnement en fonction de quatre à cinq dates dans l’année où l’on sait très bien qu’il y aura de toute façon du monde. C’est comme pour le stationnement : on ne peut pas acheter 700 places de stationnement dans le centre-ville, ce ne serait pas sérieux, parce qu’elles seraient vides pendant dix mois de l’année.

Vous annoncez un programme très riche en manifestations pour cette année. Quels événements souhaitez-vous mettre en avant ?

Nous allons avoir les Harlem Globetrotters le 20 mars, l’assemblée générale du Club des plus belles baies du monde au mois d’avril, le Jumping international ensuite, près de 7000 personnes viendront participer aux Jeux mondiaux de l’entreprise à la fin du mois de mai, nous aurons le tournoi de l’Union des journalistes sportifs de golf, il y aura aussi la Ryder Cup avec un champion de France, Harold Quinquis va organiser une manifestation de paddle – cela colle très bien avec l’image de la baie – le 10 juillet, il y aura le Tour de France, puis les Batteries Fanfares avec la présence de la Légion étrangère en septembre et le Triathlon de La Baule. Ce sont des manifestations exceptionnelles, qui donneront un coup de projecteur à La Baule. Même si ces manifestations ne sont pas forcément du goût de chacun, ce qui compte, c’est la notoriété, notamment à la télévision.

Par exemple, pour le Tour de France, il y aura des images de La Baule sur toutes les chaînes de télévision…

Absolument ! On verra les coureurs, la caravane du Tour de France sur le boulevard de mer et, même si ce n’est pas apprécié par tous, c’est quand même l’événement le plus médiatisé au monde après la Coupe du monde de football ! C’est une bonne chose d’avoir un départ du Tour de France de La Baule, car c’est une promotion exceptionnelle. Il faut savoir que cet événement est retransmis en Allemagne, en Belgique, en Hollande… Je suis persuadé que cela amènera beaucoup de choses positives.

Quels sont vos autres projets ?

Nous rénovons la totalité de l’éclairage public de La Baule. Nous allons faire un effort très important sur l’entrée de La Baule de façon à avoir une piste cyclable permettant de rejoindre le réseau Vélocéan qui sillonne l’ensemble du territoire de Cap Atlantique. Nous avons aussi un certain nombre de projets immobiliers qui sont en cours, toujours le projet des Roches Rouges qui est en contentieux avec un riverain – ce que je déplore – et, un jour ou l’autre, nous aurons place Leclerc un projet pour rénover l’îlot que l’on appelle l’ilôt du Khédive, ce qui permettrait de valoriser davantage ce cœur de ville.

Enfin, Veolia a pris les clés de la plage… Où en sommes-nous ?

L’année 2017 a été un peu agitée et, grâce à la compréhension de la sous-préfète de Saint-Nazaire, nous avons trouvé des solutions, une certaine souplesse et quelque chose qui ne se fait pas dans le Midi, c’est-à-dire la possibilité qu’auront les restaurateurs et les clubs de plage de poursuivre leur activité pendant l’été, s’ils ne peuvent pas se réinstaller avant l’été. Ils pourront démonter après la saison et, dans la foulée, préparer la saison 2019 sans qu’il y ait une année blanche. Dans le Midi, dans de nombreuses communes, il y aura une année blanche, c’est-à-dire que l’on oblige les restaurateurs à démonter, puis on fait un appel d’offres et, ensuite, on attribue les lots. Cela veut dire qu’il n’y aura rien pendant une année ! Nous n’avons pas voulu cela et je remercie la sous-préfète de Saint-Nazaire, qui a compris que l’on ne pouvait pas se permettre cela à La Baule. En effet, ceux qui vont se réinstaller ne pourraient pas supporter une année d’immobilisation. Nous sommes sur la bonne voie, une vingtaine de permis de construire vont être délivrés et cela va permettre à ceux qui peuvent s’installer de le faire dès cette année. Et, pour ceux qui ne le pourront pas, je plaiderai leur cause auprès des services de l’État pour qu’ils puissent passer la saison et se réinstaller au mois d’octobre après avoir démoli leur ancien bâtiment. Enfin, je pense qu’un jour nous mettrons probablement en place une société d’économie mixte entre Veolia et la commune de La Baule pour que ce soit géré harmonieusement, compte tenu de l’importance de la plage et des commerces. Il faut une coopération entre le concessionnaire et la commune de La Baule.

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