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Cap Atlantique installe deux radars de surveillance du niveau de la mer

C’est une première sur le territoire de Cap Atlantique. L’agglomération a installé le 24 octobre dernier deux radars de surveillance du niveau de la mer à Mesquer-Quimiac et au Croisic. L’objectif est de disposer d’outils précis d’observation et de prévision des risques marins afin de mieux anticiper et gérer les risques de submersion. Placés directement au-dessus de la surface de l’eau, les radars alerteront si la hauteur de la mer se rapproche trop de la valeur de référence indiquant un danger de submersion (niveau défini lors de la tempête Xynthia en 2010). Ces données seront exploitées directement par les services de l’agglomération, mais également intégrées au réseau national grâce au relais du Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM). Joseph David, maire d’Assérac et vice-président de Cap Atlantique en charge de la qualité des eaux, de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations, se félicite de la mise place de ces radars « qui sont de formidables outils pour aider à protéger le littoral et ses habitants contre les submersions et mieux gérer les situations de crise ».

Fabrice Durieux, directeur de l’environnement et des économies primaires à Cap Atlantique, était l’invité de Yannick Urrien au micro de Kernews pour évoquer cette pose de radars marins.

Quels sont les objectifs de cette installation ?

Fabrice Durieux : CAP Atlantique a installé deux radars : l’un sur le pont qui est au-dessus de l’étier de Quimiac, à Mesquer, l’autre à l’entrée du port du Croisic. Ces radars mesurent en temps réel le niveau de la mer. D’abord, les informations collectées en temps réel sont transmises à Cap Atlantique et aux communes de manière à pouvoir mettre en œuvre des mesures de protection des personnes et des biens. Le deuxième objectif est de collecter des données dans la durée, pour avoir une connaissance plus fine, notamment de l’élévation du niveau de la mer. Ce travail a été conduit en lien avec les services de l’État et le SHOM.

La mesure du niveau de l’eau est très complexe, puisque les marées n’ont jamais le même coefficient. On sait que l’on prend toujours l’hypothèse la plus basse. Comment procéder dans un environnement aussi changeant ?

L’annuaire des marées donne une indication importante, mais il faut affiner les données en tenant compte de la météo, des pressions atmosphériques et des effets de la houle. Nous avons la responsabilité de protéger les personnes et les biens, et nous devons accéder à l’information la plus fiable et la plus précise possible. On sait très bien qu’en fonction de l’orientation des vents, l’alerte orange de la préfecture, qui est départementale, n’aura pas le même sens. Selon la direction du vent, le niveau de la marée ne sera pas de la même manière non plus.

Si l’on prend l’exemple de la tempête Xynthia, il y a eu la conjonction de plusieurs éléments : la marée haute, le coefficient de marée et l’orientation des vents. Si l’un de ces paramètres avait été différent, les effets n’auraient pas été les mêmes. Le radar va-t-il pouvoir mesurer tout cela ?

La tempête Xynthia est l’événement de référence que nous avons tous en tête. Nous avons constaté une surcote marine, c’est-à-dire une hauteur d’eau bien supérieure à celle qui avait été annoncée par l’annuaire des marées. C’était la conséquence d’une dépression atmosphérique, mais aussi des vents qui étaient orientés nord-ouest. Si nous avions eu ces outils à l’époque, nous aurions bénéficié d’une information en temps réel permettant un meilleur ajustement de la réponse en matière de sécurité civile. Quand on mesure en temps réel, lorsque l’on atteint un niveau élevé, il est trop tard pour réagir. Je précise qu’il faut considérer que ces radars s’inscrivent dans un ensemble de dispositifs qui visent à permettre une meilleure connaissance des événements qui vont se produire, sans doute 48 heures à l’avance. En nous appuyant sur d’autres données, on peut ainsi anticiper les élévations potentielles de surcote marine.

L’histoire de la limite entre l’eau et la terre est très évolutive. Les cartes étaient différentes à l’époque de Jules César, d’Anne de Bretagne ou de la Révolution française. Donc, ces outils ne visent pas à lutter contre cela, mais surtout à protéger les populations à un instant donné…

C’est bien un outil qui vise à protéger les personnes et les biens, mais c’est aussi un outil qui permet d’affiner la connaissance et d’affiner les données. Nous allons donc pouvoir affiner les modèles de variations du niveau de la mer. On pourra également évaluer les tendances sur le long terme. Bien évidemment, ce n’est pas un outil qui va permettre de lutter contre l’élévation du niveau de la mer et il s’agit surtout d’anticiper les politiques publiques.

Pourquoi avoir choisi les sites du Croisic et de Mesquer ?

Ce sont deux sites très importants. Le Croisic, c’est l’entrée des traicts et des marais salants. Il est donc important d’avoir une information fine et fiable sur les niveaux marins à cet endroit, pour protéger les marais salants et les habitations. Mesquer est aussi un secteur important. Il y a une vraie cohérence globale à avoir installé ces radars sur ces sites. Nous nous étions posé la question d’installer un radar à Pénestin, mais il s’avère que les données que nous collecterons sur Mesquer permettront également de répondre aux besoins d’information de Tréhiguier à Pénestin.

Comment allez-vous informer la population en cas d’alerte ?

C’est un outil contractualisé avec Météo France pour avoir accès à des informations 48 heures à l’avance. Si l’annuaire des marées annonce une marée de 6,50 mètres en cote marine, en fonction des données collectées, nous saurons si cette marée se situe à 6,30 mètres ou à 6,70 mètres. J’insiste aussi sur les pressions atmosphériques, qui jouent un rôle considérable. En 2014, il y a également eu une succession de tempêtes sur la presqu’île et nous avons observé une surcote de plus d’un mètre. Mais, par chance, cela s’est produit lors d’un petit coefficient de marée et c’est donc passé complètement inaperçu.

Écrit par Rédaction

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