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Charles Sannat : « On ira dans le sens d’un alourdissement de la fiscalité immobilière, puisque c’est l’un des seuls actifs qui n’est pas délocalisable. »

Le journaliste et économiste évoque le rapport d’un haut fonctionnaire pour davantage taxer les retraites

Après la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale pour la perte d’autonomie, le gouvernement prépare une loi sur le grand âge. Laurent Vachey, ancien directeur de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), vient de remettre un rapport sur les modalités de financement de ce risque. Le document propose plusieurs mesures, dont une réforme des droits de succession dès 2021. Le principe serait « d’augmenter le barème de taxation de 20 % à 25 % sur les héritages, dont la part taxable se situe entre 284 128 euros et 552 324 euros ». Une autre proposition avancée par le rapport consiste à créer un prélèvement social de 0,8 % à 1 % calculé sur l’assiette des droits de mutation pour les successions et les donations. Il est également préconisé « l’abaissement du plafond du crédit d’impôt pour les employeurs d’une aide à domicile de 12 000 à 6 000 euros ». Le rapport recommande aussi de mettre les retraités à contribution en réduisant de moitié le plafond de l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite et en augmentant le taux de la Contribution sociale généralisée (CSG) pour certains d’entre eux. Nous évoquons cette actualité avec Charles Sannat, journaliste et économiste, qui dirige le site Insolentia.

Charles Sannat sur Kernews

Il faut chercher ce qui est captif et ce qui ne peut pas partir.

Pour Charles Sannat : « Il n’y a pas franchement de surprise. En réalité, c’est un vieux serpent de mer qui ressort et je crois que l’on aura droit à peu près à tout dans les mois qui viennent. Nous sommes dans un contexte d’endettement chronique de l’État français – avec la crise de la Covid-19, on assiste à une accélération de cet endettement – et nous allons terminer l’année aux alentours de 120 % de dette. Cela signifie que nous avons en dette plus d’une année de richesse. C’est un niveau d’endettement qui va nécessiter une augmentation terrible de la pression fiscale, mais nous sommes déjà au maximum de ce que l’on peut trouver dans les pays de l’OCDE, puisque nous sommes même devant les pays nordiques qui étaient réputés pour avoir une fiscalité extrêmement élevée en échange d’un État-providence très généreux. Ils ont réduit leur État-providence, ils ont également réduit leur fiscalité, et nous sommes passés devant. Il va falloir trouver de l’argent, ou il va falloir accepter que nous ne puissions pas rembourser cette dette à un moment donné. Mais nous n’y sommes pas encore. On fait encore semblant que cette dette sera remboursée et, pour maintenir l’illusion que cette dette sera remboursée, il faut évidemment trouver des sources de financement. Il reste nos amis retraités. En effet, si le gouvernement taxe les entreprises, il s’attaque à l’emploi, donc on met des Gilets jaunes dans les rues. Si la taxe porte sur les entreprises françaises qui ont une couverture internationale, le gouvernement est confronté au mondialisme et au libre-échangisme, et les entreprises peuvent aller s’installer ailleurs. Si l’on augmente les taxes sur les gens qui sont très riches, nous avons encore le droit de nous déplacer, même si c’est quand même réduit avec la Covid, pour aller vers des cieux fiscaux plus cléments. Par définition, je précise que les paradis fiscaux n’existent que parce qu’il y a des enfers fiscaux de l’autre côté. L’enfer fiscal français alimente les paradis fiscaux et les gens qui partent. Donc, il faut chercher ce qui est captif et ce qui ne peut pas partir. Vous avez un actif qui ne peut pas partir, c’est l’immobilier, et vous avez une catégorie de gens que l’on peut cibler, ce sont les retraités. Une cible toute rêvée, d’autant plus que les retraités sont les principaux détenteurs d’immobilier, ce qui est assez logique. On commence tous par une situation financière inconfortable et, chemin faisant, on s’embourgeoise avec le temps et le patrimoine arrive sur le tard. C’est quelque chose que l’on retrouve dans tous les pays. Les actifs sont principalement détenus par les classes d’âge assez élevées, ce qui s’explique par un cheminement patrimonial d’accumulation qui s’étale sur une vie. Les seniors qui n’ont pas l’intention de s’exiler fiscalement sont la cible rêvée de tous les rapports des hauts fonctionnaires qui cherchent des gens à plumer davantage… »

Vous avez intérêt à privilégier les actifs tangibles, comme les métaux précieux, notamment l’or et l’argent

Beaucoup de gens se réfugient vers l’immobilier en pensant que c’est une valeur sûre. Mais n’est-ce pas la stratégie de la bergère innocente qui va se réfugier dans la grotte des loups ? Charles Sannat explique que « l’immobilier est un actif captif, puisqu’il est ici, il est non délocalisable, il est taxable quasiment à l’infini, puisque toute taxation a ses limites et les limites sont les capacités de la personne à payer l’impôt. À un moment donné, le marché se retourne parce que vous n’avez plus d’acheteurs, tout le monde se remet à revendre ses biens, vous avez un effondrement de l’immobilier et c’est encore plus dommageable que d’avoir un immobilier haut qui permet d’avoir une base taxable à l’IFI. Je rappelle que l’IFI rapporte presque la même chose que l’immobilier qui voit sa valeur augmenter, donc l’assiette fiscale augmente et l’impôt rapporte plus. L’État n’a pas forcément un intérêt majeur à augmenter de manière considérable la pression fiscale, sinon cela deviendrait contre-productif. Néanmoins, on ira dans le sens d’un alourdissement de la fiscalité immobilière, puisque c’est l’un des seuls actifs qui n’est pas délocalisable. Après, il y a d’autres solutions patrimoniales crédibles. Vous avez intérêt à privilégier les actifs tangibles, comme les métaux précieux, notamment l’or et l’argent. Cependant, l’immobilier reste quand même incontournable dans ce contexte de taux d’intérêt zéro. Nous sommes coincés entre le marteau et l’enclume : l’enclume de l’actif immobilier qui est non délocalisable mais incontournable dans un patrimoine, et le marteau des taux d’intérêt négatifs qui fait que vous n’avez globalement plus aucun rendement sur n’importe quel autre type d’épargne. Donc, il reste l’immobilier ou les actions en bourse, or les gens sont très réticents à rentrer aujourd’hui sur des marchés boursiers au plus haut, alors que les incertitudes économiques n’ont jamais été aussi élevées. Nous sommes dans une situation qui est extrêmement complexe à appréhender. Dans un premier cas, on peut dire que l’immobilier n’est pas délocalisable, donc il sera tellement taxé que ce sera la ruine du petit propriétaire immobilier et, dans un autre cas, on peut vous dire qu’avec les taux d’intérêt négatifs et notre endettement, on va vers une faillite des États, un effondrement de la valeur des monnaies, donc l’inflation sera terrible et seul l’immobilier pourra sortir son épingle du jeu… Ce sont deux raisonnements qui se tiennent et l’épargnant va devoir choisir entre ces deux approches intellectuelles. Le meilleur conseil, c’est de diversifier son patrimoine et de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. D’ailleurs, très régulièrement, quand vous regardez le patrimoine des gens, ils oublient de diversifier leurs avoirs. »


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Écrit par Rédaction

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