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François Asselineau : « Qu’est-ce qui sépare fondamentalement M. Bardella de M. Attal ? Je ne sais pas. »

François Asselineau, président de l’UPR (Union Populaire Républicaine), était l’invité de Yannick Urrien jeudi 1erfévrier 2024 à 8h15 sur Kernews. Un entretien sans langue de bois avec le franc-parler qui caractérise François Asselineau.

Comme dans une république bananière, on voit sur les médias mainstream une collusion familiale entre les gens des médias et le monde politique

Kernews : On peut suivre dans la presse votre tournée dans toute la France, dans la perspective des prochaines élections européennes. Quel est l’état de santé de l’UPR en ce début d’année 2024 ?

François Asselineau : Il y a deux types de Français, il y a ceux qui vont sur les réseaux sociaux, YouTube et Twitter, et puis il y a les autres. Ceux qui vont sur les réseaux et Twitter se rendent compte que notre mouvement a le vent en poupe. Notre chaîne de télévision, UPR TV, a dépassé les 93 millions de vues cumulées, ce qui est considérable pour un parti politique. À titre de comparaison, la chaîne Horizons TV de Monsieur Édouard Philippe, dont on nous assure par ailleurs que ce serait l’homme politique préféré des Français, en est à 67 000 vues cumulées ! Nous sommes à 93 millions ! Cela se traduit aussi par une augmentation très significative de nos adhérents, avec une évolution sociologique, on a de plus en plus de personnes âgées. Les gens étaient très réticents à suivre nos analyses sur la sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, il y a encore cinq ans, mais maintenant de plus en plus de Français comprennent que c’est une catastrophe qui est en train d’arriver si on reste dans l’UE. La deuxième catégorie de Français, qui est malheureusement encore majoritaire, ce sont ceux qui s’informent sur France 2, RTL et les médias mainstream et il n’est jamais question de moi. La France, pays des Droits de l’homme et de la liberté d’expression, est dans une situation qui serait pointée du doigt par toutes les bonnes consciences, si cela se passait en Russie, en Chine, ou en Corée du Nord. L’homme politique qui fait le plus de vue sur Internet est celui qui est le plus censuré sur les médias mainstream. En revanche, comme dans une république bananière, on voit sur les médias mainstream une collusion familiale entre les gens des médias et le monde politique. L’exemple presque académique et celui de Madame Oudéa Castera qui est la cousine, ou la nièce, de Patrice Duhamel, Nathalie Saint Cricq, Benjamin Duhamel, Alain Duhamel… Monsieur Gabriel Attal a des liens de famille avec Apolline de Malherbe. On se croirait un peu dans la France de l’ancien régime en 1788. Pendant ce temps, les Français grondent, le niveau de vie s’effondre, les agriculteurs voient leur existence professionnelle réduite à néant, et de l’autre côté on a une classe complètement déconnectée des réalités, très parisienne, qui vit entre soi, et qui ne voit pas où est le problème.

Il y a plus de liberté d’expression dans la presse russe que dans la presse française !

Vous faites la photographie d’un paysage que l’on pourrait observer en Russie ou en Azerbaïdjan, pays à qui l’on va donner en permanence des leçons de morale…

Oui, on donne en permanence des leçons de morale aux autres. Si les Français étaient un peu plus curieux, notamment en allant en Russie, je ne dis pas que c’est une démocratie parfaite, mais il y a plus de liberté d’expression dans la presse russe que dans la presse française ! Récemment, sur CNews j’ai vu un débat avec un agriculteur de la Haute-Loire qui a expliqué que ces accords de libre-échange tuent l’agriculture et qu’il fallait sortir de l’Europe. Aussitôt, vous avez eu tous les journalistes qui ont pris un petit rire gras et ils ont arrêté tout débat. L’idée de sortir de l’Union européenne n’a rien de fou, c’est ce qu’ont fait les Britanniques, il y a des articles qui prévoient cela, donc c’est tout à fait possible. Que ce soit souhaitable ou non, c’est une autre histoire. Mais, dire que c’est absolument impossible et ricaner grassement comme le font ces journalistes, c’est un procédé d’intimidation totalitaire.

Ces gens trouvent normal que la Commission européenne verse 50 milliards d’euros à l’Ukraine, sans avoir demandé aux Français s’ils étaient d’accord

Mais, si le journaliste ne ricane pas, il va perdre sa pige !

Ce qui est affreux, dans cette séquence, c’est qu’il y avait des journalistes très bien payés, avec de beaux costumes, qui prenaient un air extrêmement méprisant face à un pauvre agriculteur qui doit vivre avec quelques centaines d’euros par mois. C’est affreux. En revanche, les mêmes trouvent qu’il est tout à fait normal de faire des accords de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande pour faire venir de la viande ou du lait. Ces gens trouvent normal que la Commission européenne verse 50 milliards d’euros à l’Ukraine, sans avoir demandé aux Français s’ils étaient d’accord. Je ne fais pas du misérabilisme, regardez ce qui se passe dans les hôpitaux, on apprend pratiquement chaque semaine qu’une personne décède aux urgences après plusieurs heures d’attente.

Madame von der Leyen : une femme connue pour sa sottise extraordinaire et sa corruption

En même temps, les agriculteurs interceptent des camions avec des milliers et des milliers de poulets ukrainiens qui sont élevés en batterie dans des fermes. Ce marché est tenu par un ou deux oligarques qui passent leurs vacances à Courchevel avec des putes, pendant que leur peuple se fait bombarder… À la fin, il faut dire les choses !

Cela fait quand même 17 ans que j’essaye d’expliquer aux Français la réalité de la situation. On est entre adultes, il faut regarder les choses en face, les gens élisent des gens, des députés ou le président de la République, mais il faut bien comprendre qu’ils n’ont plus de pouvoir. C’est la vérité. Quand on voit que Monsieur Macron est obligé d’aller solliciter Madame von der Leyen qui est une femme connue pour sa sottise extraordinaire et sa corruption qui est encore plus extraordinaire. Elle était ministre de la Défense en Allemagne, elle a été virée, elle s’est retrouvée à la tête de la Commission européenne. Cette dame n’a été élue par personne…

Les Français se saignent aux quatre veines pour l’Ukraine pour répondre aux soucis géopolitiques américains contre la Russie.

En plus, elle ne sait même pas se servir d’un téléphone portable puisqu’elle dit avoir effacé par mégarde tous les SMS sur la vaccination…

Oui, elle a passé des contrats de 41 milliards d’euros par SMS ! Est-ce que l’on imagine le général De Gaulle allant rencontrer le président de la Commission européenne de son époque, Walter Hallstein, qui était l’un des juristes nazis préférés d’Hitler, soit dit en passant, un fonctionnaire élu par personne pour lui demander l’autorisation de faire quoi que ce soit. La France est devenue, sans que les Français le comprennent, une colonie. Nous ne sommes plus dirigés par les Français. On a des gens qui font semblant, Emmanuel Macron ou Gabriel Attal, peu importe leur compétence ou leur incompétence, ce sont des acteurs. Maintenant, on met des gens très jeunes, Madame Le Pen annonce que ce serait Bardella, qui aura 31 ans en 2027, qui sera son Premier ministre. Si je suis candidat, je vais annoncer que mon Premier ministre aura 12 ans ! Donc, on ne cherche plus des gens compétents, mais des gens compatibles avec l’idéologie de la Construction européenne qui est le faux-nez de la colonisation. Le colonisateur, ce sont les États-Unis d’Amérique qui tire les ficelles. Les Français se saignent aux quatre veines pour l’Ukraine pour répondre aux soucis géopolitiques américains contre la Russie. Pourquoi avons-nous des sanctions contre la Russie ? C’est un procédé machiavélique, car ce sont en réalité des sanctions contre les économies de l’Allemagne et la France. C’est la vérité. Pendant que l’on s’interdit d’acheter du gaz et du pétrole à la Russie, les États-Unis augmentent leurs augmentations de pétrole. C’est un billard à plusieurs bandes, les États-Unis d’Amérique sont en train de détruire les économies européennes par l’intermédiaire de cette guerre en Ukraine, qui d’ailleurs ne verra pas la défaite de la Russie, mais en attendant 500 000 jeunes Ukrainiens sont morts.

Sur le plan géopolitique, les gens se réfèrent surtout à des idéaux moraux, si les autres pays ne sont pas une copie de notre modèle de pensée, ou de notre modèle dit démocratique, ce sont des pays qui sont dans le camp du mal. C’est tout nouveau parce que, depuis la nuit des temps, on a conçu les relations entre les peuples en tenant compte des diversités et en sachant parfaitement que l’autre n’était pas nous. Aujourd’hui, si notre voisin n’écoute pas la même musique que nous et ne pense pas comme nous, il est dans le camp du mal et on doit l’attaquer…

Vous avez résumé de façon intéressante la situation. Le droit international, tel qu’il a été codifié par la charte de San Francisco, avec la création de l’Organisation des Nations unies, puis tout le droit international positif qui en découle, est fondé sur la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres États. C’était le grand principe qui a duré jusque dans les années 90.

L’Inde devrait être considérée comme un ennemi géostratégique, puisqu’il paraît que la Russie est notre ennemi

Mais c’est justement ce qui nous a épargné une guerre nucléaire…

Absolument, ensuite, on a inventé en Occident le principe du droit d’ingérence. C’est quelque chose qui n’existe pas en droit international puisqu’il y a justement le devoir de non-ingérence. Au nom de cette ingérence, les pays occidentaux se sont permis, sous la houlette des États-Unis et de la France, de donner des leçons de morale à la planète entière. En réalité, les leçons sont toujours à géométrie variable. Selon que vous serez proches ou lointains des États-Unis d’Amérique, vous n’aurez pas le même traitement. On pourra avoir des propos terribles contre la Russie et la Chine, qui seraient des dictatures effroyables, en revanche, l’Arabie Saoudite, le Qatar ou Bahreïn, qui sont entre les mains des États-Unis, échappent à toute critique. Nous sommes dans une situation de grande hypocrisie et surtout nous ferions mieux de balayer devant notre porte. Le problème, c’est qu’il y a toujours un moment ou à partir duquel l’échafaudage finit par vous retomber dessus. C’est ce qui est en train d’arriver en Afrique. La France est en train d’être chassée d’Afrique parce que les Africains ne supportent plus cet état d’esprit suffisant, colonial et méprisant que Macron a montré à plusieurs égards, notamment lorsqu’il a traité de façon tout à fait désinvolte le président du Burkina Faso, en disant qu’il est allé réparer la climatisation. Les pays d’Afrique sont en train de nous chasser, notamment du Sahel, ce qui est un drame géopolitique pour la France. S’agissant des BRICS, il y a beaucoup de pays du monde qui voient que le monde occidental mené par les États-Unis est en déclin, dans tous les domaines, avec un effondrement des valeurs traditionnelles, avec surtout cette prétention à diriger le monde entier au nom des valeurs de l’Occident. Résultat, vous avez la Russie, l’Inde, la Chine, le Brésil ou l’Afrique du Sud qui sont en train d’essayer de rebâtir un monde multipolaire conforme à la charte des Nations unies. Sur la géopolitique française, sans vouloir être méchant, on a vraiment l’impression que la France est devenue un poulet sans tête. Je n’ai pas rêvé, l’Inde est alliée de la Russie et de la Chine dans le cadre des BRICS, on sait que l’Inde a fourni du matériel militaire et des puces électroniques à la Russie et que l’Inde sert à évacuer du gaz et du pétrole russe pour le recycler aux pays occidentaux. Normalement, si on était logique, l’Inde devrait être considérée comme un ennemi géostratégique, puisqu’il paraît que la Russie est notre ennemi. Or, on voit Monsieur Macron qui se rend en Inde et qui donne son accord à ce que Safran donne 100 % de sa technologie aux Indiens. Je crois que Monsieur Macron ne comprend rien à ce qu’il fait, nous sommes dans une diplomatie qui n’a aucun sens, c’est peut-être pour cette raison qu’il a nommé quelqu’un qui a à peine son bac, Monsieur Séjourné, on dit qu’il serait dyslexique, car il serait incapable de parler correctement français.

Oui, mais cela n’a pas empêché René Monory, simple garagiste, d’être un excellent ministre de l’Économie et de l’Éducation…

Vous avez raison, il ne faut pas faire de jugement de classe, mais quand même, au ministère des Affaires étrangères, chaque mot doit être pesé.

Vous avez cité l’Afrique, finalement il nous faudrait un nouveau Lyautey face à un Bugeaud qui arrive en disant « tu vas réparer la clim », alors que Lyautey incarnait l’amour de l’autre et le partage…

C’est vrai, d’ailleurs il y a toujours un lycée Lyautey à Casablanca.

Certains disent que ce n’est pas de la faute à l’Europe, car les problèmes viennent de la surtransposition française, ce qui montre bien que nous sommes irresponsables…

C’est un argument fallacieux. Nous avons un appareillage de normes extravagantes, imposé par l’Europe, dont on parle peu. C’est vrai, on ajoute des normes nationales. Mais d’abord il y a des normes européennes qui sont considérables. En France, nous avons des lobbys importants, notamment en matière écologique. Donc, il y a des normes nationales qui sont adoptées sur la pression des écologistes, des consommateurs. Nos agriculteurs sont à la fois obligés d’appliquer les normes qui leur sont imposées par le gouvernement français, mais aussi les principes généraux de l’Union européenne, donc le principe du marché unique. Les productions françaises ne doivent pas comporter tel ou tel pesticide alors que, au nom de la libre circulation, on voit arriver en France des productions qui viennent d’autres pays européens, ou des pays avec lesquels nous avons signé des accords de libre-échange, qui sont gavés de glyphosate. Si on impose en France l’absence de glyphosate, cette absence doit être imposée également à tous les produits d’importation, donc il s’agit de rompre avec le principe sacro-saint du marché unique européen.

Il y a une exception, Madame Virginie Joron, fait très bien son travail, elle est très dynamique, on peut ajouter Thierry Mariani…

On entend beaucoup les électeurs de droite vouloir voter utile en votant Jordan Bardella. Que répondez-vous à cet argument du vote utile ?

C’est le vote inutile par excellence. D’abord, les sondages ne valent rien du tout. L’homme politique préféré des Français c’était jusqu’à présent Édouard Philippe, mais maintenant c’est Gabriel Attal. C’est de la foutaise. C’est d’ailleurs tellement de la foutaise qu’au même moment vous avez un sondage sur les 40 personnalités préférées des Français et il ressort que Jordan Bardella est le seul homme politique qui figure dans ce classement. Donc, c’est complètement contradictoire. Le rassemblement national a eu 23 députés en 2019. Qu’ont-ils fait ? Il y a une exception, Madame Virginie Joron, qui fait très bien son travail, elle est très dynamique, on peut ajouter Thierry Mariani. Sur 23, ce n’est pas beaucoup ! Donc, si les gens se mobilisent, au lieu d’avoir 23 députés RN, il y en aura 27 ou 28. Cela ne changera rien. Si les gens votent pour l’UPR et la liste que je présente pour le Frexit, évidemment le Parlement européen est un Parlement croupion, mais cela changera des choses fondamentales. D’abord, nous resterons fidèles à ce que nous sommes. Sur l’affaire des milliards envoyés par l’Union européenne à l’Ukraine, il y a eu un vote récemment, tous les parlementaires français ont voté pour cet envoi, sauf le RN qui s’est abstenu. Nous, on votera contre ! On votera aussi contre le maintien des sanctions contre la Russie. Monsieur Bardella s’est complètement aligné sur le narratif des autorités occidentales, il considère que la Russie est très méchante et qu’il faut soutenir l’Ukraine. Qu’est-ce qui sépare fondamentalement M. Bardella de M. Attal ? Je ne sais pas. Ils sont tous les deux pour le maintien dans l’euro, pour le maintien dans l’OTAN, pour le soutien à l’Ukraine contre la Russie, même sur les questions migratoires, ils ont quasiment voté la même loi. Nous sommes un pays qui n’est plus dirigé par les Français, je n’aime pas le mot de souverainiste, nous nous considérons comme un mouvement de libération nationale et cela passe par la sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN. Cela fait 17 ans que je le dis, malheureusement les faits sont têtus parce que tous les événements ne cessent que d’aller dans mon sens. Si nous avons 6 ou 7 % des suffrages, on aura six ou sept députés, et, chaque fois que nous aurons la parole dans l’hémicycle, nous mettrons en cause les dirigeants européens. On demandera des poursuites contre Madame von der Leyen sur ces contrats de Pfizer. On demandera des poursuites contre Monsieur Thierry Breton qui s’est permis de verrouiller la parole sur les réseaux sociaux alors qu’il est Commissaire européen en charge du marché intérieur. Ce n’est pas dans ses prérogatives. Il a également organisé la production d’obus pour les envoyer à l’Ukraine. Cela n’existe pas, il s’est inventé une fonction. Si nous avons des députés européens, nous demanderons l’arrêt des sanctions contre la Russie, l’arrêt des versements d’argent considérable à l’Ukraine, nous demanderons des comptes sur ce qui s’est passé avec Pfizer… et, si nous avons des députés, les médias ne pourront plus faire comme si nous n’existions pas, et nous imposons le débat sur la sortie de l’Union européenne. Ceux qui pensent que le vote utile, c’est voter Bardella, même s’ils sont pour le RN, ou pour Zemmour ou LFI, si nous avons des députés, cela mettra du plomb dans la tête des autres partis politiques qui ne pourront plus faire comme si la question du Frexit n’existait pas. Il y a d’ailleurs beaucoup de partisans du RN qui viennent chez nous en se plaignant de voir ce parti complètement à la remorque du gouvernement.

Écrit par Rédaction

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