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Gaël Archimbaud : « L’automobile et La Baule sont nées à peu près en même temps. »

L’invité de Yannick Urrien du vendredi 2 septembre 2022

En 2008, le baulois Gaël Archimbaud s’était plongé dans la riche histoire qui lie La Baule et l’automobile. Une nouvelle édition, largement enrichie, vient de paraître avec de nouvelles illustrations. Il y revient sur le lien privilégié qui unit La Baule à l’automobile : « En juin 1917, les premiers Américains arrivèrent à Saint-Nazaire. Fidèles à leurs habitudes nationales et sportives, ils organisèrent une grande fête sur la plage, du 30 mai au 1er juin 1919, et créèrent une piste. Le programme comportait notamment des courses de motocyclettes, d’engins à chenilles et même une course entre une Cadillac et un avion Newport ». Cinq ans plus tard, François André créa le premier Grand Prix de La Baule, qui se déroulait à marée basse sur une piste de 5 kilomètres. Il y eut ensuite de nombreuses compétitions, avant et après la Seconde Guerre mondiale, mais aussi des manifestations comme le concours d’élégance qui mettait à l’honneur les belles automobiles.

Gaël Archimbaud dédicacera son livre le samedi 24 septembre, entre 10h30 et 12h30, à la Maison de la Presse, avenue de Lattre de Tassigny, à La Baule.

« La Baule et l’automobile » de Gaël Archimbaud est distribué dans toutes les librairies de la Presqu’île (27,50 €)

Kernews : Votre démarche est originale puisqu’elle permet de raconter l’histoire de La Baule à travers le prisme de l’automobile…

Gaël Archimbaud : Ce n’est pas un livre de spécialiste sur l’automobile, c’est plutôt un livre sur l’histoire de l’automobile à La Baule, avec toutes les évolutions dans ce domaine : notamment les décisions qui ont été prises par les différentes municipalités. Par exemple, en 1913, on se demandait si l’on devait circuler à gauche ou à droite et le maire de l’époque était défavorable à la circulation à gauche. La Baule doit beaucoup à l’automobile, avec les courses sur la plage ou le circuit d’Escoublac. En 1926, il y avait un rallye exclusivement féminin entre Paris et La Baule. On a ensuite vu les concours d’élégance, qui laissaient une large place à l’automobile.

La Baule est une ville récente et elle s’est développée en prenant en compte la dimension de l’automobile…

L’automobile et La Baule sont nées à peu près en même temps. Il y a d’abord eu la circulation hippomobile, au début du XXe siècle, et la station a très vite connu un afflux d’automobilistes. Avec l’essor des mobilités et l’appel des vacances, les municipalités ont dû s’adapter.

Le front de mer a aussi été conçu pour laisser une large place à l’automobile…

C’est pour cette raison que l’on a longtemps appelé La Baule « la petite Californie », avec notamment des immeubles qui rappellent les États-Unis sur le front de mer. Ensuite, il y a eu la multiplication des garages, c’est-à-dire les hôtels pour véhicules, puisqu’à l’origine le garage était l’endroit où l’on garait sa voiture pour la mettre à l’abri. Donc, des hôtels se sont développés en proposant une offre d’hébergement et une offre de garage.

Vous rappelez qu’il y a même eu de grands prix automobiles sur la plage de La Baule…

On doit cela à François André en 1924. Nous sommes un an après les premières 24 heures du Mans. Il avait eu cette idée suite à des courses organisées sur la plage en 1919 par les militaires américains qui étaient basés à Saint-Nazaire. Cela a donc donné l’idée de faire des courses sur la plage et il y a eu une dizaine de grands prix entre 1924 et 1938. Tous les grands pilotes de l’époque venaient concourir sur la plage de La Baule et l’on retrouvait aussi tous les grands constructeurs, comme Bugatti. Le 18 août 1939, Jean Bugatti, le fils d’Ettore Bugatti, a voulu faire un essai privé près de Strasbourg, afin de régler sa voiture pour le concours de La Baule. Or il s’est malheureusement tué accidentellement. C’est un tragique destin, puisqu’il est décédé pour un grand prix qui n’a finalement pas eu lieu : en effet, il a été annulé le jour de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale.

Ensuite, il y a eu le circuit d’Escoublac…

Après la Seconde Guerre mondiale, la municipalité de l’époque a voulu poursuivre les courses automobiles autour de l’aérodrome, avec quelques traces qui existent encore, comme cette fameuse ligne droite qui permet d’aller vers L’Immaculée. Il y a eu trois grands prix, entre 1952 et 1954. Il y a même eu la finale des grands prix de France de Formule 2, puisqu’à l’époque la Formule 1 n’existait pas, et Ferrari a obtenu les trois premières places. Tous les grands pilotes étaient là. Après le tragique accident qui a eu lieu aux 24 heures du Mans, il n’y a plus eu de courses automobiles à La Baule.

Il y a même eu un grand succès du cinéma, « Casse-cou, Mademoiselle ! », avec Raymond Bussières, Marthe Mercadier et Pierre Mondy, qui a été tourné à La Baule en 1955. Ce film associe largement La Baule à l’automobile…

Le Grand prix de 1954 a servi de scénario à ce film. À l’occasion des Journées du Patrimoine, les 17 et 18 septembre prochains, la municipalité de La Baule, avec Delphine Filloux, adjointe à la culture, et le cinéma Gulf Stream, ont pu retrouver les traces de ce film, grâce aux recherches de Miguel Molière, et il va être présenté au cinéma Gulf Stream. Ce sera aussi une belle manière de mettre en avant le patrimoine baulois, puisque nous verrons sûrement comment était La Baule en 1954.

Écrit par Rédaction

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