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Général Jean-Bernard Pinatel : « J’ai fait Saint-Cyr, pour défendre la France, pas pour défendre la Russie ou les États-Unis. »

Le général Pinatel a accordé un entretien exclusif à Yannick Urrien à l’occasion de la publication de ses mémoires. Jean-Bernard Pinatel a aujourd’hui 84 ans et il fait partie de ces militaires qui ont vraiment connu la guerre : à 21 ans, il a été blessé dans les Aurès au cours d’un engagement qui dura neuf heures où, en section isolée et avec l’appui des avions de l’aéronavale, il fit face à un adversaire cinq fois supérieur en nombre. Après ce début de carrière dans les troupes aéroportées, il a été l’un des fondateurs du Groupe Permanent d’Évaluations de Situations (GPES), créé à la demande du Président Giscard d’Estaing. Cette structure était en charge de l’évaluation des situations de crise dans lesquelles les intérêts stratégiques et les forces armées de la France étaient engagés.

Le général Pinatel a dirigé durant cinq années le Service d’Information et de Relations Publiques des Armées (SIRPA, devenu DICOD) où il a mis sur pied un observatoire de la désinformation.

Après avoir quitté l’armée avec le grade de général de brigade à 49 ans, il a rejoint le groupe Bull, avant de créer une société qui est devenue en 13 ans un leader du développement de logiciels de recherche et d’analyse de l’information multilingue. Il a également été consultant en géostratégie de l’innovation et des risques pour les directions de recherche et de développement. Il a par ailleurs été le président de LP Conseil et de Tiger Corporate Security, qui a un bureau à Bagdad et réalise des études de sûreté générale, d’intelligence économique et mène des missions de protection et d’intermédiation.

Dirigeant d’entreprise, le général Jean-Bernard Pinatel, auteur de plusieurs ouvrages de géopolitique, est un expert international reconnu des questions géopolitiques et d’intelligence économique.

« L’Esprit guerrier » de Jean-Bernard Pinatel est publié chez Balland.

Extraits de l’entretien

Kernews : Votre livre comporte plusieurs chapitres. D’abord, vous revenez sur la guerre d’Algérie, un combat de neuf heures face à des adversaires cinq fois plus nombreux. Ensuite, vous avez une réflexion sur la manipulation de l’information que l’on observe actuellement. Vous évoquez le rôle de George Soros et même l’influence des laboratoires pharmaceutiques. Contrairement au général Bigeard, qui a toujours servi dans l’armée, vous avez eu plusieurs casquettes dans votre vie…

Jean-Bernard Pinatel : Oui. J’ai été amené à quitter l’armée très jeune – j’avais 50 ans – parce que j’ai perdu mon épouse d’un cancer assez brutal au moment où je devais aller commander la 11e division parachutiste, mais je devais m’occuper de mes trois jeunes enfants. J’ai fait 31 ans de vie militaire et 31 ans à la tête d’une entreprise qui est devenue, dans le domaine du traitement de l’information, un leader mondial. Alain Lamassoure, en préface à l’un de mes livres, avait écrit que j’étais comme le chat de la mythologie égyptienne… J’ai eu neuf vies et c’est pour cette raison que mon livre est organisé en neuf chapitres. Sur le plan militaire, j’ai été amené à faire un brevet technique de physique nucléaire. Je me suis occupé de la sécurité du nuage radioactif à Mururoa. J’ai été chargé de faire la synthèse du renseignement pour le président de la République, avant d’être à la tête du SIRPA. J’ai eu la chance de rencontrer des personnages formidables : vous avez évoqué le général Bigeard, j’ai servi directement sous ses ordres et nous avons gardé des liens jusqu’à trois ans avant sa mort. Pour moi, Bigeard est une légende, comme pour tous les paras. Il a eu 23 citations à l’ordre de l’armée, c’est inimaginable. J’ai eu une seule citation, et je sais ce que j’ai dû faire pour l’avoir !

Vous commencez par raconter vos combats en Algérie, en soulignant que cette guerre n’avait rien à voir avec les opérations extérieures que nous connaissons aujourd’hui…

Quand on parle d’une guerre à haute intensité, il faut parler du nombre de morts par mois. Évoquons les guerres de décolonisation : l’Indochine, c’était 450 morts par mois ; la guerre d’Algérie, c’était 350 morts par mois ; depuis 1969, les OPEX c’est environ un mort par mois. Tous nos officiers qui sont actuellement en service ne savent pas ce que signifie la guerre. En Ukraine, cela peut même être 1 000 morts par mois, donc cela n’a rien à voir ! Dans ma section, nous étions 25, et j’ai eu 2 morts et 7 blessés en Algérie parce que nous sommes tombés face à 125 rebelles. Je me suis battu toute la journée avec l’appui de l’aéronavale et j’ai pu mettre au tapis une quarantaine de rebelles et m’en sortir. Je sais ce qu’est le feu très dense au-dessus de nos têtes. C’est ce que connaissent les Ukrainiens aujourd’hui, malheureusement, parce que la supériorité aérienne russe est quasi-totale. En Ukraine, c’est une guerre hybride. C’est une guerre qui reprend les tranchées de la guerre 14-18, le feu d’artillerie de la guerre 39-45, et c’est aussi une guerre technologique avec l’apparition des drones, des bombes planantes et du GPS. C’est terrible, parce qu’il y a eu quand même 50 000 soldats amputés du côté ukrainien.

Les militaires qui ont connu la guerre sont beaucoup moins va-t-en-guerre que les civils.

Vous avez vécu des combats de haute intensité. Est-ce pour cette raison que vous êtes moins va-t-en-guerre que les militaires que l’on voit sur les plateaux de télévision et qui n’ont jamais connu une vraie guerre ?

D’une façon générale, les militaires qui ont connu la guerre sont beaucoup moins va-t-en-guerre que les civils. C’est une loi historique. Sur les plateaux de télévision, il y a des gens qui n’ont jamais connu la guerre, y compris les militaires. Ce sont des gens qui ont connu des situations opérationnelles tendues, mais ils ne savent pas ce qu’est la guerre, ils ne savent pas ce que c’est que d’être blessé et de gérer des blessés. Heureusement, depuis la fin de la guerre d’Algérie, c’est quelque chose que nos militaires ne connaissent pas. Tous nos officiers en service actuellement connaissent des opérations qui ressemblent à des opérations de maintien de l’ordre, mais ils ne connaissent pas la guerre, avec toute cette souffrance, comme celle de voir son meilleur ami tué. Je suis furieux, parce que cette guerre aurait dû être évitée si nos dirigeants, pour défendre les vrais intérêts européens, avaient pris en compte les intérêts de sécurité de la Russie. Poutine est l’agresseur, c’est une évidence, mais les Américains ont tout fait pour l’amener à être l’agresseur. J’ai beaucoup de contacts aux États-Unis, pour la bonne raison que ma première femme était américaine. Mon fils est à New York, il a épousé une Américaine, j’ai vendu ma société à des Américains et j’ai aussi beaucoup d’amis militaires aux États-Unis. Le but des Américains est d’empêcher une alliance économique entre l’Europe et la Russie. C’est le livre « Le Grand Échiquier »  de Brzezinski, publié en 1997, qui explique qu’il faut absolument éviter cela, sinon l’Europe et la Russie deviendront les premières puissances mondiales. Or, le point pour éviter cela, c’est l’Ukraine. Depuis les années 2000, ils mettent en œuvre cela, à travers la révolution orange. Soros est un agent de la CIA et il a avoué avoir financé le coup d’État contre le président de l’Ukraine qui était pro russe. En 2014, quand ils ont voulu supprimer l’utilisation du russe dans des contrées entièrement russes, il y a eu la révolte du Donbass, il y a eu des référendums confirmant le rattachement à la Russie à 90%, et il y a eu les accords de Minsk. Il y a eu plus de 14 000 morts dans le Donbass, qui était bombardé tous les jours. Tout cela explique, mais n’excuse pas, ce qui se passe aujourd’hui.

Vous citez le nom de Soros, qui revient souvent dans votre livre, notamment lorsque vous avez travaillé sur la manipulation de l’information. Vous évoquez les médias, la défense et l’industrie pharmaceutique… Ce sont des sujets très complexes, parce qu’il existe une distorsion très forte entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Or, lorsque l’on veut en parler avec ceux qui ignorent ce qui se passe réellement, on est toujours accusé de complotisme…

Je comprends bien. J’ai rencontré Soros parce que j’avais comme client le groupe Total qui était accusé de travail forcé en Birmanie. Pour créer un gazoduc entre la Birmanie et la Thaïlande, Total avait utilisé des Birmans et on avait accusé l’entreprise de travail forcé. J’ai fait une enquête et, à l’époque, Thierry Desmarest avait été mis en examen par un juge en France en risquant une condamnation à perpétuité. J’ai découvert que les Britanniques manipulaient tout cela et, derrière, il y avait Soros. Évidemment, voir une entreprise française emporter le contrat gazier en Birmanie face à BP, ce n’était pas acceptable… Nos médias faisaient de Total une entreprise coupable. Cela s’est terminé par un non-lieu. J’ai beaucoup travaillé dans le domaine de l’intelligence économique et je raconte quelques enquêtes, notamment sur l’affaire AZF.

Pour faire la guerre, on utilise des mensonges

Vous avez été l’un des premiers à alerter nos dirigeants, même directement l’Élysée, sur la manipulation de l’information. On aurait pu penser que l’affaire de l’Irak, avec les mensonges sur les bébés koweïtiens jetés de leur couveuse, puis les fausses armes chimiques, entraînerait une certaine vigilance de la part de l’opinion publique mondiale face à tout ce que l’on raconte dans les médias. Mais on constate que les gens plongent à chaque fois : qu’en pensez-vous ?

Il faut savoir que les États-Unis ont un soft power considérable. Ils ont une quinzaine d’agences de renseignement, avec un budget de 80 milliards, ils peuvent mener des opérations de désinformation complète. Ils ont envahi l’Irak après avoir menti à l’opinion internationale sur la possession d’armes de destruction massive par Saddam Hussein et surtout sur ses rapports avec Al-Qaïda. Un rapport américain indique que George Bush a menti à 760 reprises différentes ! Ces grandes nations qui se présentent comme le berceau de la démocratie méprisent profondément les valeurs démocratiques quand il s’agit de leurs intérêts puisque, pour faire la guerre, on utilise des mensonges. Je n’ai jamais critiqué les Américains parce qu’ils défendent leurs intérêts. Je critique les dirigeants européens qui ne défendent pas les intérêts de l’Europe. Nous avons des dirigeants qui sont totalement inféodés aux Anglo-saxons. Si, aujourd’hui, nous avons une inflation très importante, elle existait avant la guerre d’Ukraine, mais elle a été multipliée par le coût de l’énergie en raison de l’embargo contre la Russie. Les sanctions ne font rien à la Russie.

D’ailleurs, on observe cela avec tous les embargos…

Les embargos posent toujours un problème aux peuples, mais jamais aux pouvoirs autoritaires. Le patron de l’association Handicap international m’a dit que lorsque les Américains ont imposé des sanctions à la junte militaire birmane, ils ont supprimé toutes les exportations de textile. 100 000 femmes birmanes ont perdu leur emploi et la majorité est partie se prostituer en Thaïlande. Aujourd’hui, les Russes vendent leur pétrole ailleurs et ce même ailleurs nous le revend beaucoup plus cher. On nous a raconté que si l’on supprimait le gaz russe, on pouvait utiliser le gaz américain, mais c’est complètement faux. Les chiffres de British Petroleum de 2021 indiquent que l’Europe importait à peu près 300 milliards de mètres cubes de gaz, je dis cela à la louche, alors que les Américains en exportaient 2 milliards et les Russes 250 milliards. Donc, on ne peut pas remplacer le gaz russe par le gaz américain, puisque l’Amérique du Nord est juste auto-suffisante. En Allemagne, les entreprises qui utilisent du gaz sont en train d’étudier leur délocalisation aux États-Unis.

Depuis Nicolas Sarkozy, les présidents sont des gens qui ne sont pas formés à la géopolitique et aux intérêts de la France.

De nombreuses personnalités tiennent en privé le même discours, mais on a le sentiment que pour pouvoir l’exprimer en public, il faut être à la retraite : sinon, on est traité de complotiste et on peut perdre son travail…

Oui, ce n’est pas quelque chose de gauche ou de droite. Depuis Nicolas Sarkozy, les présidents sont des gens qui ne sont pas formés à la géopolitique et aux intérêts de la France. Avant, que ce soit Jacques Chirac ou François Mitterrand, tout le monde avait connu la guerre. On doit prendre en compte beaucoup de choses pour défendre un pays : la défense, l’économie, la technologie… Ces gens se sont entourés de personnes à leur image. Nous avons un héritage extraordinaire, puisque nous sommes la seule nation européenne qui ne risque rien pour sa sécurité en raison de la dissuasion nucléaire. Les autres pays européens ont confié leur défense aux États-Unis. Le seul qui a dit non aux États-Unis, c’est Jacques Chirac, au moment de la guerre en Irak. La première guerre était tout à fait justifiée, puisque Saddam Hussein avait envahi le Koweït, mais la seconde guerre s’est faite sur des mensonges. Regardez ce qui s’est passé en Syrie. J’ai écrit dès le début que nous n’arriverions pas à renverser le président syrien. J’ai même écrit un livre à ce sujet. Tout cela parce que les conditions géopolitiques n’étaient pas présentes et l’on voit bien qu’il est toujours en place. Entre temps, on a perdu tout ce que l’on avait et nous n’avons plus aucune influence au Moyen-Orient, tout cela pour suivre les Américains qui avaient leurs propres intérêts économiques. La guerre en Irak ne s’est pas faite pour libérer l’Irak d’un dictateur, mais parce qu’il fallait maintenir le baril de pétrole aux environs de 100 dollars, alors qu’il était à 50 dollars, tout simplement parce que les Américains investissaient dans le gaz de schiste à cette époque. Il fallait donc supprimer le pétrole irakien. Et c’est ce qu’ils ont fait. Il faut toujours rechercher l’aspect économique dans les décisions américaines. Aujourd’hui, le but des Américains est de faire durer cette guerre pour créer un nouveau mur de haine entre l’Europe de l’Ouest et la Russie, parce que si l’on utilise les matières premières russes, l’Europe devient la première puissance économique mondiale. Ils défendent leurs intérêts et je ne leur reproche pas cela. L’histoire jugera cela très sévèrement. Malheureusement, l’Europe ne sortira pas indemne de cette guerre en Ukraine.

Que pensez-vous des récents propos de Nicolas Sarkozy sur ce sujet ?

Il fait un peu du « en même temps » : un jour, il tient un discours, l’autre jour, un autre discours… Effectivement, tous ceux qui disent que cette guerre n’est pas la nôtre et qu’il faut trouver le plus rapidement possible un cessez-le-feu ont raison. L’Ukraine ne peut pas gagner cette guerre, donc on sacrifie des générations de jeunes Ukrainiens.

Les Américains ne suivront pas Zelensky, parce que Kiev ne fait pas partie de leurs intérêts vitaux

Pourtant, on nous explique à la télévision, notamment sur LCI, que la Russie est en passe de perdre cette guerre et qu’elle utilise des machines à laver et des sèche-linges pour bricoler des armes…

J’ai bien connu Francis Bouygues, j’ai aussi connu Martin Bouygues et je ne comprends pas pourquoi LCI a pu dire cela. Maintenant, j’entends un petit virage car ce qu’un analyste stratégique moyen pouvait déceler dès le début commence à être entendu. On ne peut pas gagner une guerre à haute intensité et c’est ce que j’ai dit sur LCI le 4 mars 2022. Les Russes n’ont pas les moyens de prendre l’Ukraine, alors que tout le monde disait qu’après ce serait la Pologne et la Roumanie, parce que les Russes ont des moyens très limités. Leur budget de défense est d’environ 2 fois le nôtre, pour défendre un territoire 35 fois plus grand. Ils ont fait des efforts sur l’arme nucléaire et ils sont en avance sur les Américains avec leurs missiles hypersoniques. C’est pour cette raison que les Américains ont la trouille et c’est justement pour cette raison que les Américains n’aident pas l’Ukraine comme ils pourraient l’aider. Pour les Américains, le risque majeur serait que Poutine soit en difficulté et qu’il soit obligé de nucléariser le conflit. Les Américains ne suivront pas Zelensky, parce que Kiev ne fait pas partie de leurs intérêts vitaux et ils ne vont pas risquer une guerre nucléaire pour Kiev. D’ailleurs, quand Zelensky a demandé en mars 2022 que l’OTAN décrète l’Ukraine zone d’exclusion aérienne, ce qui aurait amené les pilotes américains à se confronter aux pilotes russes, Washington a répondu qu’il n’en était pas question. À ce moment-là, comment voulez-vous gagner une guerre à haute intensité, si vous n’avez pas la maîtrise du ciel ? Quand les Ukrainiens tirent 4 000 obus par jour, les Russes en tirent 20 000… C’est dramatique. Je suis catastrophé. On envoie des dizaines de milliers de jeunes se faire tuer, alors que la moindre analyse stratégique montrait, dès mars 2022, que l’Ukraine ne pouvait pas gagner cette guerre. D’ailleurs, aux États-Unis, tout le monde le sait. Je suis très ami avec un général proche du Pentagone qui m’a dit : « Nous donnons à l’Ukraine ce qu’il faut pour survivre, mais pas assez pour vaincre ». Ils disent clairement que leur but est de faire durer la guerre. Pendant ce temps, nos médias continuent de dire qu’il faut aider l’Ukraine jusqu’à la victoire : non, ce sera jusqu’à la mort du dernier jeune Ukrainien.

Quel est le fil conducteur de votre livre ?

J’ai fait Saint-Cyr, pour défendre la France, pas pour défendre la Russie ou les États-Unis. J’ai parcouru le monde entier, j’ai mené des missions pratiquement partout, mais mon pays est le plus beau pays du monde. Je crois en Dieu et j’ai mis toute ma vie sous la protection de l’archange Saint-Michel. C’est l’esprit guerrier, c’est en pensant à Saint-Michel que j’ai été protégé. Quand j’ai été blessé, c’était à 10 centimètres de la carotide. Je ne vais pas dire que j’ai de la chance, parce que la chance est l’art de faire attention aux détails, mais j’ai été protégé. C’est pour rendre hommage à l’archange Saint-Michel que j’ai baptisé mon livre « L’Esprit guerrier. »

Écrit par Rédaction

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