La Baule+
Décembre 2020 // 21 Oui. Je ne sais pas pendant combien de temps cela va continuer et je ne sais pas quand on pourra interrompre ce flot de bêtises sur les ré- seaux sociaux. Aujourd’hui, tout le monde est connecté, on est universellement connecté. Vous pouvez savoir ce qui se passe demain à Pé- kin dans un appartement au cent-cinquantième étage d’une tour, vous pouvez ac- céder à tout ce que vous vou- lez... Mais, finalement, on est seul. On a des millions d’amis sur les réseaux sociaux, mais on est complètement seul. Tout cela n’a aucun sens ! Est-ce cela qui vous a fait prendre du recul avec le one-man-show ? Oui, mais j’ai quand même de nombreux projets. Je viens de finir une tournée. J’explique que j’ai quarante ans de carrière et j’ai repris tout ce que j’ai aimé faire. Maintenant, je suis au théâtre pour un petit mo- ment et je suis très content, parce que cela me change. Le one-man-show, c’est génial, mais cela demande une telle énergie, un tel investisse- ment nerveux, que l’on a en- vie de lever le pied au bout d’un moment. Je dois avouer, quitte à m’attirer la foudre de mes collègues de bureau - en l’occurrence les acteurs de théâtre - que le théâtre, c’est plus cool ! Le théâtre, c’est plus relax… On partage le trac, la responsa- bilité et le texte ! D’ailleurs, dans cette pièce, « Compro- mis », je ne joue pas avec un acteur qui fait partie des plus mauvais ! C’est merveilleux, c’est comme si je jouais au tennis avec Federer ! Je suis un fondu de tennis et je pré- cise que j’ai pu faire quelques balles avec Björn Borg à La Baule. Je m’en souviens très bien : à l’occasion d’une ma- nifestation, nous avons pu échanger quelques balles avec de grands profession- nels et Patrice Dominguez qui, malheureusement, n’est plus de ce monde, nous avait invités à faire un Pro-AM avec Björn Borg... J’ai des souvenirs merveilleux de La Baule. Je prépare un album en hommage aux chanteuses françaises Vous avez aussi une car- rière de chanteur puisque vous avez joué avec l’orchestre de Count Basie… Cepen- dant, vous êtes tellement plus connu en tant qu’humoriste, que cet épisode a été moins re- marqué… J’ai quand même vendu 100 000 disques ! C’est pas mal. C’était en 2003, une perfor- mance. Vous savez qu’en France on nous met tou- jours dans des cases et que l’on ne peut pas sortir de ce que l’on nous a collé. Je suis plutôt comédien, imitateur, je fais du music-hall, je chante à l’occasion, mais on n’est pas en Amérique. Je ne veux pas en faire un métier. Je chante pour le bonheur de chanter et, si le public ap- précie, tant mieux. Je me suis tellement régalé à chan- ter avec l’orchestre de Count Basie et à faire d’autres al- bums, dont un dernier qui s’appelait « Repères », où j’ai pu interpréter des stan- dards français, avec des chansons de Gilbert Bécaud, de Charles Trenet ou de Charles Aznavour... J’ai un projet, puisque je prépare un album en hommage aux chanteuses françaises. Ce sera totalement jazz et l’al- bum s’appellera peut-être «Femmes je vous Jazz ». Il y aura des chansons en hommage à toutes ces femmes, d’Édith Piaf à Vé- ronique Sanson, en passant par Patricia Kaas ou Liane Foly. Je vais réinterpréter leurs chansons avec des so- norités très jazzy. Pour moi, le jazz, c’est une danseuse… Je vous imagine en train de chanter « Déshabil- lez-moi » sur un ton très jazzy… Vous tombez pile-poil, si je puis m’exprimer ainsi ! Je ne connaissais pas Juliette Gréco, mais un jour elle m’a télé- phoné, après un spectacle à Ramatuelle, parce qu’elle était dans la salle, et elle m’a dit qu’elle avait passé une soirée merveilleuse. C’est quelqu’un que j’aimais beaucoup et qui faisait partie de cette période magnifique de Saint-Germain- des-Prés où Boris Vian, Jean- Paul Sartre, Simone de Beau- voir et tous les existentialistes chantaient… Tout cela pour vous dire que je vais faire un album prochainement avec ces chansons. Notre profession est sinistrée et nous n’avons aucune visibilité Quels sont vos autres projets ? Nous avons été interrompus dans la tournée de «Compromis », au début de l’année, le 13 mars à Lyon, après 40 dates. Nous termi- nons à La Baule et début no- vembre près de Paris. Main- tenant, j’ai un projet formidable, avec une pièce d’Éric Assous, « Ina- vouable», à la Comédie des Champs-Élysées, à partir de début janvier 2021, avec Fanny Cottençon. C’est à mon avis l’une des meil- leures comédiennes que nous ayons. Évidemment, nous retournerons à La Baule pour la présenter. Maintenant, on va voir ce qui va se passer. Notre pro- fession est sinistrée et nous n’avons aucune visibilité. J’espère de tout cœur que nous pourrons démarrer en janvier à Paris. Propos recueillis par Yannick Urrien.
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