La Baule+

22 // Décembre 2020 La Baule + : Qu’est-ce qui vous a amené à re- joindre l’émission « Af- faire conclue » ? François-Xavier Renou : Un jour, j’étais à La Baule avec mon père et je suis tombé par hasard sur une re- diffusion de cette émission, que je connaissais quand même parce que j’aimais bien le concept. Il y avait un objet extraordinaire, une mi- naudière Boucheron, un sac à main des années 20 avec un poudrier en or blanc, et je ne savais pas qu’il pouvait y avoir ce genre d’objets. Tous les acheteurs étaient largués et personne n’était capable de décrire cet objet extraordinaire. À partir de là, j’ai décidé de les contacter. En effet, il leur manquait l’angle d’un professionnel de la joaillerie car, quand je vois des bijoux anciens, je suis ca- pable d’identifier les tailles de pierres, l’origine ou les techniques. C’est la même chose pour les bronzes. J’ai People ➤ Un Baulois, devenu une star en Indonésie, est le nouvel acheteur de l’émission « Affaire conclue » François-Xavier Renou : « Un jour, je voudrais être maire de La Baule ! » L es téléspectateurs de l’émis- sion « Affaire conclue » ont pu découvrir un nouvel ache- teur, en remplacement de Pierre- Jean Chalençon : Il s'agit de Fran- çois-Xavier Renou, qui est baulois, mais pas seulement. En effet, François-Xavier est le ne- veu de l’ancien boulanger-pâtissier Renou de l’avenue de Gaulle et il s’est installé en Indonésie où il a une galerie d’art. Or, François-Xavier est aussi une star locale car il a, pendant très longtemps, interprété des chansons françaises des années 70, notam- ment de Claude François, en indo- nésien, sous le pseudonyme de Fran- soa Superstar ! Ses vidéos ont un succès fou et il a participé à de nombreuses émissions de télévision. Pourtant, avec cette carrière hors du commun, il continue de venir régulièrement à La Baule. Malgré le confinement en novembre, il nous a accordé un entretien avant de re- partir enregistrer ses émissions à Paris. GUÉRANDE - 02 40 62 00 35 - 06 86 00 32 14 donc trouvé qu’il était inté- ressant d’avoir un artiste pas- sionné d’objets dans cette émission. Comment cette passion pour les objets est-elle née ? À l’origine, je suis joaillier ser- tisseur. J’ai travaillé dans cette profession pendant très longtemps. Ensuite, j’ai monté une société avec mon épouse et nous avons eu de plus en plus de galeristes qui nous ont demandé de travail- ler pour eux en faisant des réalisations de bijoux avec des pièces antiques. Ma passion a commencé à se développer jusqu’au moment où les gale- ristes ont commencé à me de- mander d’acheter pour eux. Progressivement, j’ai laissé mon métier de joaillier pour aller davantage vers la pas- sion des objets, en travaillant le métissage, puisque j’aime beaucoup apporter une touche de métissage culturel aux objets anciens. S’agit-il de faire évoluer l’époque ou le lieu ? On amène un autre artiste qui sera lié à l’artiste d’ori- gine. Par exemple, je viens d’acheter un bronze sublime de Lucien Alliot, un bronze magnifique des années 20. C'est une femme qui est en position recroquevillée : eh bien, je vais faire en sorte qu’elle n’ait plus froid en lui concoctant un petit gilet, avec du fil d’argent, et je vais recouvrir le bronze. N’est-ce pas une forme de sacrilège que de cus- tomiser ainsi une œuvre d’art ? L’art, c’est toujours un sacri- lège, il faut que ça choque ! Mais je ne vais pas la massa- crer, je vais simplement ra- jouter quelque chose. Une émission comme «Affaire conclue » peut- elle conduire les gens vers l’amour du beau ? C’est pour cette raison que j’aime beaucoup cette émis- sion, parce que chacun des acheteurs a une bonne culture générale et cela permet de créer une synergie et d’ame- ner un savoir au vendeur. C’est extrêmement intéres- sant. Chacun a sa propre opi- nion et, quand quelqu’un ne connaît pas, quelqu’un d’autre connaît forcément… Il faut faire preuve d’humilité. Cela nous permet aussi de prendre conscience que nous sommes dans un pays qui a un patri- moine fantastique… C’est unique au monde ! La plupart des pays d’Europe ont des trésors historiques extra- ordinaires. En France, nous avons un patrimoine et une histoire des objets qui est tout à fait extraordinaire. J’ai tou- jours dit que les objets avaient une âme. Chaque fois qu’un artiste a travaillé sur un objet, il a forcément laissé une em- preinte. C’est quelque chose qui se ressent quand on a un coup de cœur. Il y a une connexion qui se fait. Dans le secteur de l'ali- mentation, de plus en plus de gens ne veulent plus fréquenter les hy- permarchés, afin de pri- vilégier les commer- çants de proximité et les produits locaux. De la même manière, un beau meuble est incompa- rable par rapport à tout ce que l’on peut trouver dans les grandes sur- faces d’ameublement… Il y a un renouveau avec ce programme aussi. L’émission a contribué à ce renouveau grâce à l’interaction entre le vendeur, les acheteurs et les experts. C’est quelque chose d’unique. Le vendeur vient vendre, parfois parce qu’il a tout simplement envie d’avoir de l’argent, mais il y en a aussi qui viennent pour savoir si leur objet de la valeur. Il y a également ceux qui viennent pour raconter l’histoire de leur objet et qui ont envie de la faire partager aux téléspec- tateurs. Vous vivez pendant six mois par an en Indoné- sie : comment allez-vous vous organiser ? Les premières émissions que j’ai faites sont très positives. Les retours sont bons. Je vais venir un mois sur deux, ce qui me permettra de conti- nuer de travailler à Bali. Bien entendu, même si le trafic aé- rien a repris, c’est quand même la croix et la bannière en période de crise sanitaire. Votre métier vous per- met de vous enrichir en permanence. En étant à l’autre bout du monde, ne craignez-vous pas de vous éloigner de notre actualité culturelle ? D’abord, je suis passionné par les anciennes civilisations, par l’art asiatique, particulière- ment les arts hindouistes. J’adore tout ce qui est bronzes hindous et leur histoire, qui est vraiment beaucoup plus complexe que la nôtre. Je ne ressens pas un boulet au pied par rapport à l’attachement que je devrais avoir à l’égard des objets européens. Lorsque j’ai un doute, je fais appel à un expert, c’est son travail, car je

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