la baule+ 12 // Février 2022 En créant Blablabla Caisse, une chaîne de la grande distribution vient très opportunément de propulser le verbe sur le devant de l’actualité. Se souvenant probablement que le bipède humain est notamment un être doué de parole, et constatant qu’on ne se parle plus guère de nos jours, ses dirigeants ont eu l’idée, toute simple, donc géniale, de réintégrer la parlote au nombre des prestations proposées. Certaines caisses, en effet, sont réservées aux chalands en manque d’échanges avec leurs semblables. Que ce besoin existe, qu’il ait été observé en maintes occasions n’est pas nouveau. La surprise n’est pas là. Elle réside dans le fait qu’il ait été pris en compte, ce besoin, là où on n’aurait pas attendu qu’il le soit, la sollicitude, la culture du temps perdu, n’étant pas forcément référencées comme produits d’appel au catalogue des règles intangibles du marketing conquérant et concurrentiel. Passer du caddie et du ticket de caisse à la chaîne semblait devoir être à jamais, non seulement, la priorité des priorités, mais mieux encore, la raison même du processus. Revirement à vue, donc. Remise en cause des fondamentaux, diraient les experts de la chose. Le droit à la parole reconnu en bout de gondole si ce n’est en tête. Une révolution. Un retour aux bases mêmes du petit commerce d’autrefois où, si le kilo de patates avait un prix, les quelques mots échangés à la pesée n’en avaient pas, eux. Car il s’agit toujours de quelques mots, rarement d’une digression circonstanciée sur la métaphysique Humeur ► Le billet de Dominique Labarrière Des gens qui parlent aux gens d’Aristote ou la physique quantique. Non, le plus souvent, des petits riens, sans grand sens en apparence, mais qui, lorsqu’ils viennent à manquer, manquent justement. Le besoin vital de dire. Dire pour dire. Le client qui parle, qui est écouté se sent alors un peu plus qu’un client. La caissière qui l’entend, lui répond, se sent, quant à elle, bien plus que l’automate humain sommé d’enchaîner les clients comme on débite du cervelas en rondelles. L’un et l’autre se trouvent resocialisés, réhumanisés l’espace d’un moment. Ce n’est pas rien. C’est même beaucoup. Le manque est tel, que certaines personnes, crevant de solitude, passent plusieurs fois dans la même journée à cette même caisse. C’est dire ! Cependant, si l’appellation Blablabla Caisse est toute nouvelle, le concept en lui-même ne date pas d’hier. Depuis ce bon vieux Sigmund, toute une corporation le met en pratique avec ardeur et constance. Tu t’étends, tu t’exposes sur le divan, tu causes, tu fouilles dans le tréfonds de ton inconscient, tu te libères des atroces traumatismes que constituent à la fois le fait de n’être que ce que tu es et celui de t’être aventuré à venir au monde. À la fin de l’heure, tu casques, tu passes à la caisse. Le traumatisme du coût à payer sur-lechamp comme élément indissociable du process thérapeutique ! Génial ! Nous aurions donc ici le Blablabla Caisse version luxe, d’une certaine manière. Il y a aussi la version politique de la chose. Nous sommes en plein dedans d’ailleurs. Du blabla en veux-tu en voilà. Pour le passage en caisse, on verra un peu plus tard, le temps du désenchantement venu, lors du retour au réel. Pour cette phase ultime de ce processus-là, l’heureux élu, le contributeur financier, est connu d’avance, ce sera le contribuable, l’éternel contribuable. En l’occurrence, celui-ci est prié de la fermer. C’est moins bien qu’au supermarché, voyezvous. Je cherche à prendre la chose en riant, suivant en cela l’exemple de notre maître à tous, Beaumarchais qui fait dire à son Figaro, « Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer. » Nous n’en sommes pas là. N’exagérons rien. À voir, toutefois… Ainsi, à la Blablabla Caisse du supermarché des gens disent des choses aux gens. Voilà qui nous renvoie à un autre fin esprit, Aristide Briant qui, de la politique, donnait cette définition marquée au coin de bon sens : « La politique, ça consiste à dire des choses aux gens. » Cela n’a l’air de rien. On pourrait même se gausser. Mais à y regarder de plus près, le propos recèle une profonde vérité que devraient méditer bien des candidats en campagne. Si à chaque fois qu’ils ouvrent la bouche ils se demandaient si ce qui va en sortir doit ou non « dire des choses aux gens », peut-être donneraient-ils moins dans la rhétorique préfabriquée, dans l’élément de langage prêt à l’emploi, dans les convictions éculées, surjouées. Nous dire des choses à nous les gens. Tout simplement. Certes, ils s’expriment, causent à profusion, se répandent à l’envi. Mais, au fond, est-ce que ça nous parle tant que cela ? Le conseil municipal de Pornichet a confié la gestion et l’exploitation du futur cinéma à l’association la Toile de mer, créée en 2019 pour accompagner le projet de ce nouvel équipement culturel. L’association prévoit la projection de 220 films par an, dont au moins 50 % labélisés « Art et Essai », soit en moyenne 25 séances par semaine, ainsi que des séances spécifiques pour les différents publics: scolaires, jeune public, séniors… Pour faire fonctionner, 7 jours sur 7, la future monosalle de 170 places, l’association fera appel à des bénévoles qui se chargeront de la billetterie, des projections et du bar, mais aussi sur un directeur, « qui sera recruté au second semestre », indique Christian Cheval, président de la Toile de mer. L’association pourra également s’appuyer sur l’expertise du cinéma Le Pax du Pouliguen, auquel elle s’associera. Un système d’abonnement commun aux deux salles sera mis en place. L’ouverture devrait avoir lieu à la fin de l’année. La porte Saint-Michel – Musée de Guérande invite la dessinatrice Emma Burr pour une exposition temporaire, sur un mode participatif, qui se déroulera à l’automne 2022. À l’occasion de différentes rencontres organisées jusqu’en mars, l’artiste recueillera auprès des Guérandais leurs lieux préférés de Guérande et elle les dessinera ensuite, avant de les exposer à la Porte Saint-Michel. L’idée est évidemment de mettre en valeur ces lieux qui construisent la géographie intime de Guérande. Emma Burr et l’équipe du Musée de Guérande iront à la rencontre des habitants, à la médiathèque, sur le marché ou dans les villages, les samedis ou mercredis, afin qu’ils leur confient les lieux qu’ils leur sont chers. Les habitants pourront également participer à la création de dessins lors de balades dessinées qui seront organisées en mai et juin dans la ville et les villages. Rencontre à la Médiathèque : samedi 12 février et mercredi 2 mars de 14h à 16h30. Rencontre sur les marchés : samedi 12 février, samedi 26 février et samedi 26 mars de 8h30 à 12h. Rencontre au musée : vendredi 25 mars de 19h à 21h. Renseignements au Musée de Guérande, Porte Saint-Michel – Musée de Guérande, rue Saint-Michel à Guérande. Tél. 02 28 55 05 05. Rencontre avec la dessinatrice Emma Burr à Guérande Cinéma de Pornichet : la Toile de mer sera le concessionnaire
RkJQdWJsaXNoZXIy MTEyOTQ2