La Baule+

la baule+ Février 2022 // 23 Piliwe Sibille est connu des habitants de Guérande, puisqu’il y a été chirurgien-dentiste pendant plus de 30 ans. Il vient de publier son premier livre, dans lequel il raconte son voyage au Mexique et au Guatemala, qui commence le 19 juillet 1985, jour du fameux tremblement de terre de Mexico, d’une intensité de 8,2 sur l’échelle de Richter (qui en compte 9), et qui aura été l’un des plus forts du XXe siècle. Piliwe est né en Nouvelle-Calédonie et ses parents, qui étaient enseignants, ont demandé à sa marraine Kanak de lui trouver un prénom local : « Je suis né lors d’un séjour professionnel de mes parents, qui étaient professeurs. Ils ont voulu me donner un prénom local, une amie originaire de l’île de Lifou leur a transmis une liste de prénoms locaux et ils ont choisi Piliwe ». C’est extrêmement marquant de vivre ce tremblement de terre Le livre « Azteca Temblor» raconte d’abord l’arrivée de Piliwe à Mexico : « C’est un récit de voyage, avec au cœur le grand tremblement de terre de Mexico de 1985. À l’époque, il n’y avait pas de téléphones portables et les familles s’inquiétaient, car c’était sans doute l’un des plus puissants tremblements de terre du XXe siècle. On a pu les contacter seulement au bout d’une semaine pour les rassurer. C’est extrêmement marquant de vivre ce tremblement de terre, alors que nous étions arrivés seulement il y a quelques heures. On ne connaît pas les chiffres exacts, mais on sait qu’il y a eu des dizaines de milliers de morts et des milliers d’immeubles détruits. L’aéroport de Mexico n’a pas été endommagé et nous avons quand même pu prendre un vol, le soir du tremblement de terre, pour aller dans l’État du Yucatan. » Ensuite, Piliwe a pu visiter tranquillement les sites historiques, car les touristes étaient repartis : «C’était incroyable de visiter tous ces sites précolombiens qui étaient désertés. » Ils ne connaissaient pas la roue ! Avant de partir, Piliwe avait soigneusement préparé son périple, notamment en apprenant l’espagnol : «Le tremblement de terre a eu une influence sur notre voyage, mais mon idée de départ était de m’immerger dans les cultures précolombiennes que je trouve passionnantes. Quand on regarde l’histoire de ces grandes civilisations précolombiennes, c’est extrêmement déroutant. Ce sont des civilisations que l’on n’étudie pas à l’école, or elles sont vraiment très différentes de tout ce que l’on connaît dans le bassin méditerranéen. Les Mayas étaient très évolués sur le plan des mathématiques et de l’astrologie, mais ils ne connaissaient pas la roue ! » Le guérandais Piliwe Sibille relate son périple en plein tremblement de terre de Mexico Un clin d’œil à La Baule Un livre agréable à lire, qui nous emmène en voyage et nous permet de nous documenter sur ces civilisations encore méconnues des Européens, mais Piliwe fait aussi un clin d’œil à La Baule. Un moment, on lui explique qu’il se trouve face au lac le plus beau du monde et il répond alors que l’on dit aussi que la plage de La Baule est la plus belle d’Europe mais, pour le savoir, il faudrait les connaître toutes ! Il souhaitait faire une allusion à la presqu’île : «J’adore La Baule et j’habite sur la presqu’île depuis plus de 45 ans. J’aime beaucoup le coin et j’ai voulu faire un clin d’œil humoristique. C’est vrai, la beauté est un sentiment subjectif… En revanche, on peut dire que c’est la plus grande plage d’Europe ! » « Azteca Temblor » de Piliwe Sibille est publié chez Hey ! Éditions. Il est notamment disponible à l’Espace Culturel Leclerc de Guérande, la Librairie du Pouliguen, la Maison de la Presse de Guérande, la Maison de la Presse de La Baule et la librairie L’Esprit large à Guérande. Les Aztèques étaient en pleine apogée de civilisation et il y a eu l’arrivée des maladies On est aussi amené à s’interroger sur la fin des civilisations : « En ce qui concerne les Aztèques, l’explication est assez facile, c’est la confrontation avec les envahisseurs espagnols et surtout les maladies qu’ils ont amenées. La zone du sud du Mexique comprenait, quand les Espagnols sont arrivés, près de 25 millions d’habitants, ce qui était beaucoup à l’époque. Les Aztèques étaient en pleine apogée de civilisation et il y a eu l’arrivée des maladies, notamment la variole. En ce qui concerne les Mayas, c’est totalement différent. C’est une civilisation qui a, en gros, duré au cours des neuf cents premières années de notre ère. C’est un déclin assez rapide qui est plus complexe à analyser. On a évoqué beaucoup de choses, comme l’effondrement du système ou les difficultés à nourrir les grandes cités, parce que les climats sont assez difficiles, car on est en pleine forêt tropicale. Il y a plusieurs hypothèses, mais on est certain que cela a été assez rapide et que les grandes cités ont toutes été abandonnées. C’est une civilisation fantastique. Ils avaient un système de castes et des modes de vie totalement différents des nôtres. On parle des sacrifices, mais c’était surtout des sacrifices d’animaux au début. Et l’on a découvert, lorsque les Espagnols sont arrivés, qu’ils étaient aussi capables de pratiquer des sacrifices humains en grand nombre. »

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