La Baule+

la baule+ 12 // Juillet 2022 Le problème vient-il de la langue ou de la civilisation? Vous pouvez aller au Maroc où l’on parle la même langue, mais la religion n’est pas la même, la civilisation n’est pas la même et les problèmes sont nombreux… En Italie, ou en Espagne, on ne parle pas la même langue, mais la civilisation est similaire... Le sujet, c’est le respect du droit de propriété sur place. Il faut comprendre que personne ne peut vivre de façon autonome. L’autonomie, c’est un sport collectif Vous savez bien que les musulmans n’ont pas la même perception du droit de propriété : la terre d’islam ne peut appartenir qu’à des musulmans et, même si vous êtes propriétaire sur le papier, c’est totalement fictif pour eux… En plus, il faut comprendre que sur place les décisions des tribunaux sont parfois un peu surprenantes et, si vous n’avez pas toutes les cartes en main pour vous défendre, vous risquez de vous heurter à des difficultés. On est dans un univers où le droit est devenu une donnée très fragile. À une époque, on pouvait conseiller d’aller au Canada, parce que c’est un pays qui respecte le droit de propriété. Mais avec ce que l’on a vu, comme les saisies de comptes ou les saisies de biens après les participations aux convois de protestation contre la vaccination obligatoire, on s’est aperçu que l’État canadien lui-même pouvait être extrêmement liberticide. Certains États avaient l’habitude d’être liberticides, donc on n’était pas surpris, tandis que d’autres apparaissaient comme des citadelles de liberté, comme le Canada. Or, on s’aperçoit que ce n’est plus le cas. On peut penser plein de mal des oligarques russes, mais il n’empêche qu’on leur a confisqué leurs biens, en dehors de tout cadre légal, simplement pour des raisons politiques. Donc, il faut avoir conscience que ce procédé de la confiscation est devenu généralisé dans le monde. Une chose est de voir confisquer ses biens dans un pays dont on ne maîtrise pas les codes, une autre est d’être victime d’une confiscation dans un pays dont on maîtrise globalement la langue et le cadre intellectuel. Je sais que beaucoup de gens disent que l’Afrique est un continent génial et c’est très bien les trois premières années de son installation. Mais, dès que l’on commence à gagner un peu d’argent, on peut connaître des revers de fortune extrêmement douloureux. Je connais des gens très honnêtes qui se sont retrouvés sur la paille, mais aussi en prison, le temps de payer ce qu’ils devaient payer aux fonctionnaires locaux pour avoir la paix. Si vous êtes dans un pays où, 15 jours après votre arrivée, parce que vous avez refusé de payer ce que l’on vous demandait, les gendarmes viennent vous arrêter devant vos enfants, cela peut être une expérience extrêmement désagréable. Il faut savoir que cela existe et que cela n’arrive pas qu’aux bandits. Donc, la démarche d’expatriation est quelque chose qui se prépare et qui se mûrit. Il faut avoir bien conscience qu’un pays n’est pas le même entre ce que l’on voit quand on y est en vacances et ce que l’on voit quand on y vit. Le plus sage, c’est donc d’organiser sa sécession en France, puisque nous maîtrisons les codes. Simplement, il faut comprendre que personne ne peut vivre de façon autonome. L’autonomie, c’est un sport collectif. Donc, il faut organiser des réseaux d’autonomie et l’association « Rester Libre ! » que j’ai fondée a la prétention d’en structurer un certain nombre. Il faut comprendre qu’il n’est plus impossible qu’il y ait des ruptures d’approvisionnement alimentaire pendant une quinzaine de jours et donc qu’il faut en permanence avoir quelques jours de nourriture à la maison, mais aussi de l’eau potable, du savon, du papier toilette... Tout cela se prépare. J’accompagne les gens dans cette démarche de préparation. Les données que vous allez laisser peuvent un jour être utilisées pour vous persécuter Actuellement, on voit des centaines de réseaux survivalistes se créer dans toute la France, mais il faut aussi se méfier des dérives sectaires… Je vois des choses effrayantes et il faut avoir quelques principes simples. Si vous tombez dans un réseauqui vous demande tout sur votre vie privée et qui vous fiche, en consignant par écrit votre vie, partez en courant ! J’ai 6 000 adhérents, je ne connais pas le nom de mes militants, personne n’est capable de dire où habite la personne et, si j’ai un Albert Dupont qui a adhéré, je suis incapable de dire où il habite et s’il s’appelle réellement Albert Dupont. Si des gens cherchent réellement à savoir qui vous êtes précisément, il faut partir en courant car c’est le faux-nez de quelque chose d’autre. Il faut concevoir son autonomie comme une entrée en clandestinité et une entrée en résistance en 1941. Il faut se mettre en position de penser que les données que vous allez laisser peuvent un jour être utilisées pour vous persécuter, pour vous inquiéter, pour vous arrêter ou pour vous intimider… Il faut être le plus secret possible sur sa préparation. Je pense aux sectes, mais aussi aux services de police qui infiltrent de nombreux milieux. Donc, il faut faire attention aux informations personnelles. Enfin, il faut avoir conscience que les conditions sont réunies pour que nous vivions un épisode totalitaire douloureux. Il y a une vraie effervescence dans l’opinion qui peut dégénérer et si, un jour, vous souhaitez passer dans la clandestinité, il faut apprendre dès maintenant à être discret. Propos recueillis par Yannick Urrien. Éric Verhaeghe : « Il y a une vraie effervescence dans l’opinion qui peut dégénérer et si, un jour, vous souhaitez passer dans la clandestinité, il faut apprendre dès maintenant à être discret. » À la fin de l’été 1994, deux frères passionnés d’histoire, Luc et Marc Braeuer, décident de restaurer le site du Grand Blockaus à Batz-sur-Mer. Ils veulent le transformer en musée en utilisant leur collection de matériel constituée depuis leur plus jeune âge, car il n’existait pas de musée sur la côte Atlantique française à cette époque. Ce projet de mise en valeur patrimoniale, entièrement privé, n’a bénéficié d’aucune subvention. Mais grâce au concours des anciens combattants qui leur communiquent des photos locales et des témoignages, Luc et Marc mettent en place une muséographie à partir de leurs collections et ils ouvrent leur musée le 1er juillet 1997. Aujourd’hui, le musée du Grand Blockhaus est devenu l’un des premiers musées de Loire-Atlantique, avec une moyenne de 40 000 visiteurs par an. Les frères Braeuer ont toujours été passionnés par cette idée de transmettre l’histoire de leur région : « Il est important de se souvenir des événements importants qui se sont déroulés pendant la guerre et qui sont inconnus de 99 % de nos visiteurs. Au départ, les gens viennent visiter le blockhaus comme un site, comme s’il s’agissait d’un château fort du XXe siècle, et ils vont découvrir l’histoire du Lancastria, le bateau anglais qui a coulé le 17 juin 1940, avec 3000 morts… Ils vont aussi découvrir le raid anglais sur Saint-Nazaire, première opération d’envergure menée par les alliés sur les côtes françaises. Et, évidemment, l’histoire de la poche de Saint-Nazaire qui continue d’étonner tous les jours nos visiteurs. » Les acteurs de ce conflit ne sont plus là pour témoigner : « Quand on a créé le musée, il y avait encore beaucoup de vétérans qui étaient vivants et ils venaient nous voir tous les jours. Aujourd’hui, nous savons que nous n’aurions jamais pu recréer le musée tel qu’on l’a fait parce que, malheureusement, tous les vétérans ont disparu. On a voulu donner un aspect humain au musée, parce que chaque mannequin représente une vraie personne. Il y a beaucoup d’objets personnels. C’est quelque chose que nous ne pourrions pas recréer aujourd’hui, car nous avons eu des contacts avec des milliers de vétérans. » Alors, « comme les vétérans ne sont plus là, on sert de lien avec les générations futures. En mai, nous avons reçu le dernier vétéran américain, âgé de 98 ans. Il n’y en aura plus d’autres. Le dernier vétéran français était Maurice Moreau qui venait pratiquement chaque jour au musée, jusqu’à son décès en novembre dernier. Chaque mannequin représente une personne et Maurice avait son propre mannequin. Les interventions de Maurice passionnaient tous les enfants et l’histoire de la Seconde Guerre mondiale apparaissait comme un peu moins loin lorsque les enfants pouvaient le voir en vrai. » Musée du Grand Blockhaus, 12, route de Dervin à Batz-surMer. Tél. 02 40 23 88 29. Le musée du Grand Blockhaus fête ses 25 ans Marc et Luc Braeuer

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