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la baule+ 18 // Juillet 2022 Marie-Laure Buisson : « Les femmes sont incroyablement fortes et résilientes. » Histoire ► Des portraits de femmes exemplaires qui incarnent le courage au féminin Marie-Laure Buisson est une ancienne avocate d’affaires et ancienne déléguée générale adjointe de la Fondation Veolia. Elle est aujourd’hui légionnaire de 1re classe d’honneur, colonelle de la réserve citoyenne de l’Armée de l’air et marraine du 4e régiment étranger de la Légion étrangère. Elle a également créé la Fondation Marie-Laure Buisson, sous l’égide de la Fondation de France, qui vient en aide aux militaires blessés et aux chrétiens d’Orient : « J’ai mis tout mon argent pour aider des gens qui ont fait du bien à la France ou à la chrétienté ». Dans son livre, « Femmes combattantes », elle rend hommage à des héroïnes de guerre oubliées, à travers sept portraits poignants, de la Seconde Guerre mondiale à nos jours. C’est toute la force du courage au féminin qui s’impose dans cet hommage. « Femmes combattantes » de Marie-Laure Buisson est publié aux Presses de la Cité. La Baule + : Vous présentez la vie de sept combattantes qui ont des caractères très différents. Il y a des histoires d’amour chez certaines et il n’y en a pas chez d’autres. Ce sont des femmes qui ont combattu entre la Deuxième Guerre mondiale et maintenant, puisque vous évoquez l’opération Barkhane. Vous avez construit chaque récit comme s’il s’agissait d’un film. Pourquoi cette sélection de sept femmes combattantes ? Marie-Laure Buisson: J’ai voulu écrire ces sept portraits comme des mini scenari de cinéma parce que je voulais emmener le lecteur dans ces aventures de femmes extraordinaires qui ont vécu et accompli des choses fabuleuses, des exploits hors normes. J’ai voulu emmener le lecteur dans un train d’enfer, dans les airs au-dessus de Stalingrad, dans un char en plein désert du Nord Mali, ou dans une salle avec la Gestapo. Il y a trois ans, à la faveur d’une insomnie, j’ai fini par allumer la télévision et je suis tombée sur un reportage sur Arte qui parlait d’une aristocrate britannique, Susan Travers, qui se retrouve à l’âge de 15 ans sur la Côte d’Azur où elle mène une vie très luxueuse. Elle joue au tennis avec la championne Suzanne Lenglen, elle roule en voiture à vive allure, c’est une vie insouciante faite de paillettes et de champagne. Mais la guerre éclate. À ce moment-là, Susan Travers se révèle en se disant qu’elle ne peut pas laisser son pays d’amour, la France, sombrer dans cette guerre avec ces monstres que sont les nazis. Elle s’engage auprès des troupes du général de Gaulle. Elle est infirmière dans un premier temps et elle se rend à Liverpool pour embarquer dans la fameuse expédition de Dakar avec de Gaulle. C’est l’une des premières femmes qui a appris à conduire grâce à son père, à l’époque seuls les très riches pouvaient s’offrir une voiture, et c’est une très bonne conductrice. C’est important pour la suite de l’histoire, car Susan Travers se retrouve au milieu de la bataille de Bir Hakeim, en Libye. C’est infernal, il fait plus de 50° et les Français tiennent cette position pour les Anglais pour faire faire un grand détour aux troupes du général Rommel, en plein milieu du désert. Il y a 3826 Français de la Première brigade française libre qui vont tenir cette position de Bir Hakeim, alors que 45 000 soldats allemands et italiens vont les attaquer. Parmi eux, il y a une seule femme et elle participe à la bataille: c’est Susan Travers. Son portrait a attiré mon attention, d’abord parce que c’est incroyable pour une femme que de participer à une bataille à cette époque, mais surtout, parce que l’on a fait en sorte de faire oublier sa présence sur place, en brû-

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