La Baule+

la baule+ Juillet 2022 // 19 lant ses photos, en rayant son nom des rapports militaires, pour que l’on ne sache jamais qu’elle avait été là. Tout cela parce qu’elle avait vécu une grande passion avec le général Koenig, dont elle était le chauffeur, alors qu’il était marié. Ils étaient très amoureux l’un de l’autre. On s’est dit que ce n’était pas bien pour la réputation du héros Koenig, qui devait être sans tache, et l’on a fait en sorte d’anéantir les exploits extraordinaires de cette femme. C’est dans la nuit du 10 au 11 juin qu’elle a sorti le général Koenig et le grand héros de la Légion étrangère, Dimitri Amilakvari, de l’étau allemand, en les conduisant à travers trois lignes de mitraille allemande. C’est grâce à elle qu’ils s’en sont sortis vivants. Koenig lui doit la vie et, malgré cela, le dernier maréchal de France fera en sorte de gommer la présence de cette femme. J’ai voulu réparer une injustice en écrivant son portrait. Elle a trouvé dans la personne de Koenig l’image sublimée de son père C’est la seule histoire d’amour de votre livre. Cette femme accepte la double vie de Koenig. Un moment, Madame Koenig arrive au Maroc et se montre très distante avec Susan Travers, comme si elle avait compris son rôle… Susan Travers croise en 1945 Koenig, qui lui remet une médaille… Entre temps, elle épouse un jeune adjudant. Mais Koenig semble être vraiment l’amour de sa vie… Koenig a été le grand amour de sa vie. Susan Travers a été fascinée par la personnalité de Kœnig, qui était vraiment un grand soldat. C’était une personnalité incroyablement charismatique. On dit que l’on recherche toujours l’image de son père dans l’homme que l’on va aimer... Son père était un officier de la Royal Navy et je crois qu’elle a trouvé dans la personne de Koenig l’image sublimée de son père. C’est la raison pour laquelle elle est tombée incroyablement amoureuse de cet homme, avec ce parfum d’interdit qui faisait qu’ils ne pouvaient pas vivre leur romance. Ensuite, elle a rencontré un légionnaire, qu’elle a épousé, et elle a eu deux fils avec lui. Mais il faut aussi savoir que Susan Travers a continué l’épopée des Français libres et qu’elle est restée auprès des légionnaires. Elle est d’ailleurs la seule et unique femme légionnaire de carrière de la Légion étrangère. Je voudrais évoquer maintenant une autre grande dame : Geneviève de Galard. Cette infirmière de 29 ans a vécu pendant 40 jours dans un camp encerclé par les Viêt Minh, dans la chaleur, la puanteur et la saleté. Vous écrivez à son sujet : « Son ADN est celui du panache et, si la noblesse a un cœur, il bat dans la poitrine de cette femme, dans ses veines coule un sang fier, une sève de couleur bleue qui lui confère la force. » Cette sève n’est pas celle des réceptions mondaines ou des soirées à Saint-Tropez, puisque c’était à cette époque. C’était celle de l’amour qu’elle portait à ces soldats… (Suite page 20)

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