La Baule+

la baule+ 30 // Juillet 2022 Florence Lautrédou : « Notre âme nous envoie des messages à travers nos Psychologie ► La psychanalyste nous invite à plonger dans le secret de nos rêves Florence Lautrédou partage sa vie entre Paris et Le Pouliguen. Normalienne et agrégée de lettres modernes, elle est psychanalyste et coach en entreprise. Elle est l’auteure de « Cet élan qui change nos vies », «L’inspiration » et « L’Amour, le vrai». Dans son dernier livre, elle nous emmène dans l’univers des rêves. En effet, tout le monde rêve, au propre et au figuré. Et beaucoup oublient les deux, ceux de la nuit et ceux du jour. Comment convoquer la puissance créatrice des premiers pour réaliser les seconds et s’accomplir ? C’est à cet exercice que nous invite Florence Lautrédou. Rompue à l’exercice de l’écriture bien troussée, elle nous entraîne dans un récit vivant, enlevé, où se croisent trois personnages - une psychanalyste, un coach sportif et une publicitaire - qui rêvent « d’autre chose », d’une autre vie. Florence Lautrédou dédicacera son livre mardi 12 juillet à 19h30 à la Librairie Lajarrige, 2 avenue Lajarrige à La Baule. « La Femme qui ne se souvenait plus de ses rêves » de Florence Lautrédou est publié aux Éditions Odile Jacob. La Baule + : On décèle d’abord dans votre livre quelques piques contre tout ce qui tourne autour du développement personnel et ces prétendus coachs qui se disent thérapeutes… Florence Lautrédou : Effectivement, contre tout ce qui est volontariste, même si le niveau de conscience ou le niveau d’éveil psychologique de la population a augmenté, puisque les gens ont développé leur connaissance globale dans ce domaine, ce n’est pas la même chose que de s’improviser thérapeute, psychanalyste ou coach. Ce n’est pas par la volonté que l’on y arrive, mais par l’expérience, les fondements et le travail. Vous soulignez que les métiers du développement personnel ont jeté leur dévolu sur le quantique, donc le magique, à savoir la spiritualité. Dans beaucoup de vos réflexions, il y a pourtant des références à la spiritualité… Parce que la spiritualité est omniprésente dans notre corps. La vie, c’est déjà un miracle, plein de choses sont magiques. Je trouve pathétique l’utilisation forcée de la physique quantique, voire des neurosciences, plaquées sur une réalité psychologique, alors qu’il n’y a pas d’évidence scientifique. C’est une pique que je lance, parce que se prévaloir d’une approche de physique quantique en psychologie, cela donne tout de suite un caractère scientifique, mais il n’y a rien de démontré dans la plupart des cas. Peut-on parler de prétention scientifique alors que l’on sait que nous sommes dans les prémisses de la compréhension de notre complexité humaine ? On peut parler de prétention quand on parle de ce que l’on ne connaît pas, mais il y a des chercheurs en neurosciences et en physique quantique qui s’intéressent à ces phénomènes de rapprochement entre certaines capacités extrasensorielles et la science. Ces personnes savent en parler. J’ironise aussi sur des gens comme moi, qui peuvent parfois avoir des métaphores scientifiques, mais de là à prétendre avoir une réalité scientifique derrière, il n’y en a pas, parce que ce sont des univers mystérieux à explorer, tout comme le rêve. Les Cherokees disent qu’un homme qui ne se souvient plus de ses rêves est un homme perdu Dans votre nouveau livre, vous nous invitez à réfléchir sur le rêve… C’est essentiel. Les Cherokees disent qu’un homme qui ne se souvient plus de ses rêves est un homme perdu, c’est un poulet sans tête. Dans certaines civilisations, comme le bouddhisme, les rêves sont des clés pour, non pas piloter sa vie, mais pour recevoir toutes les guidances nécessaires pour mener une bonne vie. Est-ce une manière de clarifier des projets, comme des départs, des créations, un déménagement ? Cela repose sur l’analyse. On ne contrôle pas ses rêves. Personne ne peut s’endormir en se disant qu’il a besoin de rêver pour savoir s’il doit déménager, quitter son conjoint, ou accepter une offre professionnelle. En fait, cela ne se décrète pas. En revanche, on peut poser la question et, peut-être, recevoir un rêve, comme un cadeau. Il y a des rêves qui ne veulent rien dire, qui sont simplement des rêves de défoulement, mais il y a aussi des rêves plus puissants, chacun peut sentir que c’est un message. J’ai eu des rêves de guidances sur de nombreux thèmes La perte des rêves estelle liée à l’évolution de notre civilisation ? C’est intéressant, le phénomène arrive en deuxième partie de cycle, on rêve tous, sinon on deviendrait fou. Il y a quelques sinistres médecins qui ont essayé d’arrêter les rêves des gens et les malheureux sont devenus déments. Ce qui est différent, c’est de s’en souvenir, parce que la vie moderne, dans son rythme accéléré, a entraîné une perte de temps de sommeil. C’est quelque chose de chiffré et, depuis cinquante ans, on a perdu en moyenne une heure de sommeil : donc, cela ne favorise pas la mémorisation des rêves. Avant, on dormait de façon biphasée, les gens se réveillaient vers minuit, après une première partie de sommeil, parfois pour casser une croûte ou discuter, et ils se recouchaient. Ce genre de sommeil peut évidemment favoriser les rêves. J’adore les rêves, c’est le moment le plus sexy du monde, on ne sait pas ce qui va se passer, on peut avoir des rêves puissants. J’ai eu des rêves de guidances sur de nombreux thèmes. J’ai su quand je devais quitter un pays, j’ai su quand je devais quitter un compagnon, j’ai su quand je devais quitter un travail… J’ai eu des rêves très symboliques, comme un défunt qui me parlait. La femme qui ne se souvenait plus de ses rêves, c’est aussi un peu moi, même si je ne suis pas l’héroïne du roman, j’avais vraiment le sentiment d’être dévitalisée. Un moment donné, je me suis demandé où était la magie et c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à m’interroger et à suivre des séminaires sur les rêves, à faire des retraites, à lire de nombreux livres et à m’interroger sur mes propres rêves. À partir de ce moment, ils sont revenus petit à petit.

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