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la baule+ Juin 2022 // 15 La Carène - Saint-Nazaire agglomération s’est engagée, aux côtés de l’Observatoire Régional des Risques Côtiers (OR2C), dans le suivi de l’évolution du littoral. En effet, dans le contexte de changements climatiques et de hausse du niveau de la mer, les deux partenaires ont lancé la première station d’observation régionale du réseau Coastsnap Pays de la Loire à Pornichet, à l’extrémité du sentier côtier, sur la Plage de Bonne Source. Ce réseau d’observation participative, fruit d’un projet né en Australie en 2017, s’inscrit dans une volonté d’amélioration des connaissances sur les effets des changements climatiques et vise à sensibiliser le grand public pour que chaque citoyen devienne un acteur à part entière de l’observation du littoral par le biais de photographies prises par smartphone. Saint-Nazaire agglomération va également travailler en collaboration avec Cap Atlantique sur ce sujet. Éric Provost, premier vice-président de Saint-Nazaire agglomération en charge de l’Environnement, de la biodiversité et grand cycle de l’eau, explique l’origine de cette action : « Cela vient d’une démarche que nous avons engagée avec Cap Atlantique et un certain nombre de partenaires, notamment une agence d’État qui travaille sur des problématiques comme le trait de côte, puisque nous sommes soumis au phénomène d’érosion. Il nous paraissait Saint-Nazaire agglomération et Cap Atlantique travaillent sur l’évolution du trait de côte fondamental d’associer les habitants à cette problématique et l’observatoire Coastsnap répond à cela. C’est ce que l’on appelle les sciences participatives. C’est à la fois la possibilité de nous aider à collecter de la donnée, puisque le principe est de prendre des photos régulièrement d’une partie de la plage de Pornichet, et aussi de sensibiliser les gens à cette question, parce que le trait de côte évolue mais ce n’est pas forcément visible à l’œil nu tous les mois. » La possibilité de construire avec l’obligation de démolir Le premier site sous surveillance est à Pornichet : « On a choisi un site intéressant, la plage de Bonne Source, avant le port de Pornichet, parce que nous avons des repères qui nous permettent de voir des évolutions assez régulières. C’est un site qui voit passer 300 000 à 400 000 promeneurs chaque année. Nous avons régulièrement des incidents sur le littoral. Il faut travailler là-dessus et nous essayons d’avoir une vision assez précise de la situation entre les zones de plages et les zones de falaises. Nous allons travailler sur quatre sites qui vont faire l’objet de préconisations, il y a le secteur de la plage du Grand Traict à Saint-Nazaire, la plage de Bonne Source à Pornichet, la Côte sauvage au Pouliguen, et aussi du côté de Mesquer. La loi Climat a commencé à intégrer un certain nombre de choses, notamment l’obligation pour les professionnels de l’immobilier et les notaires d’informer un acheteur qu’il y a un risque sur le trait de côte. On va devoir aussi faire des cartographies, à 30 ans et à 100 ans, sur l’évolution du trait de côte, avec peut-être l’interdiction de construction à certains endroits. Il y a également une nouveauté : la possibilité de construire avec l’obligation de démolir. C’est une évolution très récente. Au moment où vous achetez un terrain ou une maison, au vu du risque, vous pouvez construire, mais vous devez aussi prévoir la démolition et son coût. Ce qui change fondamentalement par rapport au siècle précédent, c’est que l’on habite maintenant sur le trait de côte, il faut savoir que le trait de côte a toujours bougé, il bouge encore, et ce n’est pas simplement la présence de l’homme qui génère cela. » Il n’y a pas de dispositif réglementaire ou juridique permettant d’indemniser un riverain qui serait touché par le recul du trait de côte Il s’agit aussi de travailler sur les conséquences de cette évolution au cours des prochaines décennies : «Aujourd’hui, il n’y a pas de dispositif réglementaire ou juridique permettant d’indemniser un riverain qui serait touché par le recul du trait de côte. C’est aussi l’objet du travail que nous menons avec Cap Atlantique. Nous considérons que nous sommes sur un phénomène qui appelle à la solidarité nationale, reste maintenant à en déterminer les contours et la manière dont l’argent public doit être mobilisé sur ce sujet qui, pour certains, doit relever uniquement d’une affaire privée. Mais, sur la Carène, il y a vraiment très peu de maisons qui sont concernées par un risque imminent » précise Éric Provost. Enfin, le premier vice-président de la Carène se montre rassurant : « Il y a un certain nombre de cartes qui ont circulé ces derniers temps, notamment pour Saint-Nazaire, montrant que la ville serait sous l’eau d’ici à 30 ou 50 ans… Cela ne va pas se produire de cette manière, parce qu’il y a des différences altimétriques, et nous ne sommes pas sur une zone où il va y avoir une entrée d’eau massive. Les choses vont se faire progressivement. On a encore de la marge pour faire face à la montée des eaux. On peut encore rehausser les protections et on a un certain nombre d’années pour réagir. Il faut aussi travailler sur les circuits historiques de l’eau pour qu’elle puisse retrouver sa place. Le marais de Brière commençait au niveau de skate parc de Saint-Nazaire, il faudra peut-être lui redonner un chemin. » Photo : Martin Launay

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