La Baule+

la baule+ 24 // Juin 2022 Nathalie Baye : « J’adore me balader seule dans Pornichet et regarder les petites maisons de famille qui sont toutes très différentes. » People ► Rencontre avec l’actrice au Château des Tourelles à Pornichet Nathalie Baye est une star incontournable du cinéma français qui a tourné avec les plus grands. Elle aime venir se reposer au Château des Tourelles à Pornichet, où elle s’est liée d’amitié avec Anne Phélippeau-Korb. Les deux femmes se connaissent depuis plusieurs années et Nathalie Baye n’hésite pas à lui téléphoner chaque fois qu’elle a envie de s’évader quelques jours à Pornichet, pour une thalasso, mais aussi pour se promener tranquillement le long de la mer. Je reste toujours sur Pornichet, car j’aime bien l’identité de cette petite ville La Baule + : Vous avez des projets de tournage et même de théâtre. En attendant, vous avez envie de prendre un peu de temps à Pornichet… Nathalie Baye : Oui, c’était vraiment important pour moi de devenir respirer la mer, parce que les vies sont vraiment fatigantes à Paris. Les personnes qui ont des horaires fixes n’ont pas toujours des vies faciles mais, dans notre métier, nous avons des pics avec beaucoup de travail et une pression très forte. Lorsque l’on habite Paris et que l’on vient ici, ne serait-ce qu’une semaine, il est vraiment dépaysant de marcher le long de la mer. Chaque fois que je viens, je reste toujours sur Pornichet, car j’aime bien l’identité de cette petite ville. On a de vous l’image d’une femme très urbaine, entre Paris et les États-Unis, finalement pas très provinciale… C’est vrai pour l’image. Or, en réalité, j’aime beaucoup aller à la campagne ou à la mer. Mais c’est ma vie privée, donc je n’en parle pas. J’ai eu une maison en Creuse pendant 35 ans. C’est vrai que j’aime Paris, mais cette ville n’est supportable que lorsque l’on peut s’en aller de temps en temps. On connaît certains épisodes de votre vie privée, mais vous restez assez discrète… La vie privée doit être privée, heureusement. Quand on commence à faire de sa vie privée sa vie publique, cela devient très vite insupportable. On a vraiment besoin d’avoir une part de sa vie qui n’appartient qu’à nous. Êtes-vous à une étape de votre carrière où vous allez davantage choisir des rôles qui vous correspondent ? En réalité, j’ai toujours choisi. Je n’ai jamais fait un film par obligation. J’ai toujours eu un grand sens de la liberté et j’ai toujours fait ce que j’avais envie de faire. C’est vrai que c’est un grand luxe. On ne m’imposera jamais quelque chose que je n’ai pas envie de faire, sinon je le ferai très mal… En réalité j’aime les gens Vous avez eu des rôles très variés, mais on vous adore dans les rôles d’emmerdeuse ! C’est vrai, mais en réalité j’aime les gens. Je suis toujours très sévère avec moimême. Il faut aussi aimer ce que l’on fait pour bien le faire, surtout lorsque l’on fait ce métier. Par moments, il y a des personnes qui n’ont plus le désir de jouer, elles ont l’impression d’en avoir fait le tour. J’avoue que si je ressentais cela, j’arrêterais tout de suite. C’est comme si l’on devait manger sans avoir d’appétit. J’ai eu des moments où j’ai eu vraiment besoin d’arrêter pendant deux ou trois trimestres pour changer d’air. L’événement récent, c’est votre présence au casting du deuxième long métrage adapté de la série britannique «Downton Abbey »... J’ai tourné dans le film «Downton Abbey » qui est sorti en 2019. Ils ont fait ce second film où je joue en anglais, mais je tiens le rôle d’une Française. Au début, je ne connaissais personne, mais j’ai été accueillie par toute cette équipe d’une manière merveilleuse. Ils m’ont mise à l’aise. Je suis arrivée tétanisée au tournage et je suis repartie contente. C’est une famille. Je suis très curieuse de nature Vous avez aussi pris le temps de vous engager pour des causes comme la dyslexie… Je suis dyslexique et dyscalculique avec les lettres et les chiffres. Beaucoup plus avec les chiffres, d’ailleurs. Mais je m’engage parce que les gens m’intéressent, surtout les enfants. Je suis très curieuse de nature. J’adore me balader seule dans Pornichet et regarder les petites maisons de famille qui sont toutes très différentes. Comment jugez-vous notre société actuelle ? Ne pensez-vous pas que les gens sont de plus en plus agressifs ? C’est le temps qui veut cela. Quand on est agressif ou désagréable, cela veut dire que l’on est malheureux. Il y a beaucoup de gens malheureux parce qu’ils travaillent comme des dingues, ils n’ont pas assez pour vivre, les fins de mois sont difficiles. Mais il y a aussi des gens malheureux parce que c’est leur caractère. Ce n’est pas simplement une question de situation. Il y a des personnes qui sont toujours de mauvaise humeur et qui sont peu curieuses. C’est une question de caractère. Il faut savoir en profiter et surtout savoir profiter du bonheur. Comment profitez-vous de votre bonheur ? Avec ma famille, avec ma fille, avec mon petit-fils, avec mes amis... Mais aussi avec ma curiosité et en continuant de faire un métier que j’aime. Vous regardez encore la vie comme une adolescente ! Oui. Si un jour je devais être blasée, sans avoir la moindre curiosité, alors j’arrêterais tout. Il faut savoir arrêter quand on n’a plus envie. C’est un discours d’enfant gâté que de pouvoir dire cela, parce qu’il y a des gens qui sont malheureux dans leur métier mais qui doivent continuer de se lever tous les matins pour faire vivre leur famille. Le trac, cela paralyse, mais en même temps cela booste Qu’allez-vous faire maintenant ? Je vais faire du théâtre à la rentrée 2023. Pour ma fille, ce sera dès la rentrée prochaine : Laura va jouer au théâtre Montparnasse avec Jean-Pierre Darroussin. C’est la première fois qu’elle monte sur scène et je peux vous dire qu’elle a déjà le trac. Elle a une mémoire incroyable et elle apprend très bien son rôle. Je lui dis que l’on a toujours des peurs terribles avant de faire du théâtre, mais qu’une fois que l’on est sur scène, on ressent un plaisir incroyable. Le trac, cela paralyse, mais en même temps cela booste. C’est un moteur.

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