La Baule+

la baule+ Juin 2022 // 35 COLLECTE, DESTRUCTION ET RECYCLAGE DE VOS ARCHIVES PROFESSIONNELS ET PARTICULIERS Tél. 06 82 94 67 89 - www.classarchiv.fr Leguignac - HERBIGNAC - classarchivdestruction@gmail.com . Gain de place dans vos locaux . Sécurité et confidentialité . Conseils en matière des délais de détention des archives . Remise d’un certificat de destruction C’était il y a presque cent ans. En août 1928, le peintre Paul Signac découvrait La Baule. Il séjourna alors, avec sa compagne Jeanne et leur fille Ginette, chez son mécène, Gaston Lévy. Homme d’affaires et amateur d’art, Gaston Lévy possédait la Villa Orphée, voisine de deux autres villas, Saint-Cosme et Saint-Damien. Sur le remblai, entre L’Hermitage et Le Royal, cet ensemble de trois maisons anciennes du début des années 1920 existe toujours. L’artiste fut-il séduit par la station balnéaire, où les mondanités se passaient déjà entre le casino et les grands hôtels ? Un livre dévoile cette découverte de La Baule par le peintre. L’ouvrage, paru aux Éditions Fiacre, est intitulé «Paul Signac, peintre, écrivain, voyageur ». Il est signé Stéphane Rochette, galeriste à Paris. Il s’appuie sur des recherches effectuées aux Archives Signac. La préface est de Charlotte Hellman, arrière-petite-fille du peintre. Celui-ci est né le 11 novembre 1863 à Paris, où il est mort le 15 août 1935. Entre temps, il sera devenu l’un des peintres les plus célèbres de son époque et l’une des figures marquantes d’un mouvement pictural qu’il théorisa, le néo-impressionnisme – dit aussi divisionnisme, ou encore pointillisme. Le chef de file des peintres divisionnistes était Georges Seurat, l’auteur du tableau « Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte ». Mais Seurat mourut très jeune, en 1891. Il n’avait que 32 ans. Son ami Paul Signac devint, de fait, le premier des représentants du mouvement, qui comprenait aussi Henri-Edmond Cross, Théo Van Rysselberghe et Maximilien Luce. Le livre de Stéphane Rochette est un récit biographique des dix dernières années de la vie de Paul Signac. Il commence au début de l’année 1926, au moment où le peintre se rend en Ardèche, sur les pas de Stendhal, son auteur favori. Pour Signac, Culture. Quand Paul Signac séjournait à La Baule « Mémoires d’un touriste» est « le livre des livres ». Enchanté par la région, tout comme sa compagne Jeanne Selmersheim-Desgranges, peintre également, il cherche à y louer une maison. Il la trouve près du Rhône, sur la commune de Viviers, et lui donne aussitôt un nom: Les Maraniousques. En ce lieu, l’artiste va peindre, aquareller, mais aussi écrire deux essais sur l’art. L’un consacré au peintre Jongkind, l’autre, très personnel, intitulé « Le Sujet en peinture. » Signac et les siens vont vivre à quelques reprises en Ardèche, mais ils vont surtout voyager. En hiver, à Paris, leur appartement de la rue de l’Abbaye est le point fixe. L’artiste y réside en famille du mois de novembre jusqu’au début du printemps. C’est chaque hiver aussi que se tient le Salon des indépendants, que Signac préside. Voilà pour le peintre une autre tâche accaparante. Le reste de l’année, on retrouve Paul, Jeanne et Ginette plutôt du côté des bords de la Méditerranée ou de l’Atlantique. Grand marin, le peintre aime à composer des marines. Il les multiplie à l’infini. En 1927, lui vient une idée: réaliser à l’aquarelle cent ports de France. Pour ce faire, il faudrait un mécène. Précisément, il en a un, Gaston Lévy. Les deux hommes vont s’entendre. Pour son collectionneur, Signac va réaliser cent aquarelles représentant des ports de France. Il en fera cent autres, du même sujet, qu’il conservera pour lui. Le mécène met à sa disposition une voiture avec chauffeur. L’artiste pense qu’il accomplira son travail en six mois. Or, cela lui prendra beaucoup plus de temps. En août 1928, Paul Signac se rend en famille pour la première fois à La Baule. Il est invité par le couple de Gaston et Liliane Lévy. Le peintre a commencé son grand œuvre. Il vient en rendre compte à son commanditaire. Paul, Jeanne et Ginette bénéficient d’un accueil sans égal. Villa Orphée, ils sont chez eux. Ginette, âgée alors de quinze ans, profite de la plage, pendant que Gaston et Liliane emmènent Paul et Jeanne au casino. Pour sillonner la région et réaliser des aquarelles, Gaston prête sa Rolls-Royce avec chauffeur. En échange, Signac confie sa Citroën à Gaston. C’est terriblement amusant. La Baule n’ayant ni port ni marins, Signac aquarellise tout près d’Orphée, au Pouliguen. Il réalise là plusieurs œuvres. Généreux, il en offre une à Liliane. Bateaux et marins de La Turballe, du Croisic et de Saint-Nazaire sont aussi «croqués» par l’artiste. Après ce séjour baulois, deux autres suivront, toujours Villa Orphée, en juillet 1929 et en août 1930. De quoi prendre ses habitudes. Le 31 juillet 1929, Paul Signac écrit au critique d’art et photographe George Besson : «Nous voici de retour de La Baule où nous fûmes choyés de toutes façons. » Dans le travail de Paul Signac, sa série des ports de France – souvent pour partie exposée – est comme une œuvre en soi. Elle constitue l’un des sommets de son art. On la doit à cette association qu’il forma avec Gaston Lévy et qu’il officialisa en lui rendant visite à La Baule. Sur l’esplanade Benoit, face à la mer, la Villa Orphée joua un rôle dans l’histoire de l’art. Hier comme aujourd’hui, elle ne cessa d’être mythique. Contact Stéphane Rochette : Galerie SR, 16, rue de Tocqueville, 75017 Paris. Tél. 01 40 54 90 17. Courriel : galerie.sr@gmail. com Au centre, Paul Signac, à droite, Liliane Lévy, Villa Orphée, La Baule, 1929 (Archives Signac) Paul Signac, Le Pouliguen, aquarelle, 1930, collection particulière (D.R.)

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