La Baule+

la baule+ 16 // Mars 2022 Vous n’avez pas répondu à ma question car lorsque je vous l’ai posée, je pensais à l’Arabie saoudite, au Qatar et aux Émirats arabes unis. On passe notre temps à faire des courbettes à ces pays et, si vous n’êtes pas allé à Dubaï à 50 ans, c’est que vous avez raté votre vie... Mais, dans lemême temps, on laisse se poursuivre la persécution des chrétiens… Il y a les actions politiques qui sont visibles, comme les conférences de presse, c’est une chose. Mais il y a aussi une autre manière de travailler : c’est ce que l’on appelle la diplomatie secrète. Ce travail se fait aussi aujourd’hui. Nous devons faire confiance. Notre travail, c’est d’informer et de donner des possibilités d’action aux médias et au monde politique. Votre index ne gagnerait-il pas en lisibilité sur le plan de l’efficacité politique en distinguant les pays où la persécution des chrétiens émane réellement des dirigeants au pouvoir ? Cela, à l’inverse des pays, comme la Russie, la Côte d’Ivoire ou le Mexique, où les chrétiens ne sont pas persécutés par l’État, mais pour d’autres raisons... C’est une grille de lecture. La persécution peut venir de l’extrémisme islamique, mais aussi des systèmes de corruption. Par exemple, pour le Niger, qui vient de rentrer dans le classement, ce n’est pas parce que ce pays a une Constitution contre les chrétiens. Mais notre travail est aussi d’aider les populations chrétiennes, à travers un réseau de partenaires que nous entretenons depuis 1955. Nous avons des relations de confiance avec les personnes qui sont sur place. Nous aidons les populations, par exemple à connaître leurs droits, mais aussi à se réinsérer dans le circuit social et économique. Nous donnons des cours d’alphabétisation, nous aidons les femmes dans certains pays : par exemple, en Syrie, beaucoup d’hommes sont morts à la guerre, il y a beaucoup de femmes seules et elles doivent se rétablir économiquement et moralement. En Syrie, nous aidons ces femmes à rebondir. C’est vraiment notre travail. En résumé, chaque fois qu’un chrétien est persécuté, ou tué, vous mettez une croix dans un tableur. Avec ce raisonnement, lorsque le père Hamel a été égorgé en France, quand il y a eu les attentats du Bataclan, il s’agit de croix qui remplissent la case France, puisque tous ces gens ont été tués parce qu’ils étaient chrétiens… Effectivement, nous analysons les cas de violence. Mais, ce qui est particulier, c’est que nous avons une grille d’analyse avec des points qui mesurent la vie publique et la vie privée, c’est-à-dire le droit de croire ou de ne pas croire, ou d’avoir une bible. Si je me convertis, est-ce que je risque d’être tué par quelqu’un de ma famille, comme c’est le cas en Égypte ? Tout cela rentre dans ce calcul. Il y a aussi la vie sociale, la vie civile et la vie ecclésiale. Prenons la France: il y a eu des massacres terribles en 2015 et la France arriverait à un maximum de points dans la case violence. Par contre, pour la vie privée, la vie familiale, la vie civile et ecclésiale, vous aurez pratiquement zéro point. Donc, la France ne peut pas rentrer dans cet index, puisque nous analysons différents paramètres, à savoir toutes les sphères de la vie. La persécution est quelque chose de complexe. Il y a des formes de persécutions qui sont différentes, donc on ne peut pas tout uniformiser. Quel message souhaitez-vous faire passer en conclusion ? Dans les pays où l’église n’est pas visible, comme en Arabie saoudite ou en Corée du Nord, il faut savoir qu’il y a des communautés chrétiennes secrètes. Ces églises vivent dans l’illégalité. Pourtant, elles sont bien là et elles nous enseignent quelque chose de très important. Leur foi est tellement importante qu’elles sont prêtes à prendre tous les risques, y compris la mort. Cela doit nous questionner, nous, chrétiens dans le monde occidental, sur les valeurs que nous donnons à notre foi. Dans ces pays, ils ont trouvé ces valeurs. Propos recueillis par Yannick Urrien. Les précédentes manifestations de l’opération « Du son dans les casseroles » avaient connu beaucoup de succès. Toutefois, crise sanitaire oblige, l’événement avait été annulé en 2020, puis en 2021. L’APRC (Association des professionnels de la restauration croisicaise), composée des chefs des restaurants Le Lénigo, L’Océan, L’Estacade, Le Jardin secret et le Ty Mad, invite des producteurs locaux et des musiciens à l’ancienne criée du Croisic. Chaque chef compose des verrines à partir des produits, en fonction de sa personnalité, et le public peut ainsi déguster des plats différents et goûter des vins régionaux, dans une atmosphère conviviale, avec des musiciens qui assure l’ambiance musicale. François Thorel, chef du Ty Mad et président de l’APRC, explique : « Les producteurs locaux viennent avec leurs produits et chaque produit va être travaillé différemment, selon la personnalité du restaurateur. Nous allons offrir de nombreuses verrines, sucrées ou salées, des producteurs de vins seront également présents, et tout le monde pourra échanger avec le public. Il y aura aussi un groupe de musique qui sera présent, Magic Groove, ainsi qu’un peintre qui fera une performance en temps réel ». Les places sont à retirer à l’Office de tourisme du Croisic, 25 € par adulte, 15 € par enfant, pour accéder à cette soirée gastronomique le vendredi 25 mars à partir de 20h à l’ancienne criée du Croisic. Du son dans les casseroles : une manifestation gastronomique vendredi 25 mars au Croisic

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