La Baule+

la baule+ 18 // Septembre 2023 Publicité ► Rencontre avec un ancien publicitaire renommé Jean-François Minne : « Tout le monde se connaît à La Baule ! » La Baule + : La publicité est l’un des rares métiers, avec le journalisme, qui permette d’avoir une vision très large de l’économie, puisque l’on peut évoluer des produits laitiers à l’automobile, en passant par la mode… Jean-François Minne: C’est une belle tour de contrôle, puisque l’on approche toutes les catégories économiques. On peut vraiment voir le monde à travers le prisme de la communication. Je suis juriste de formation. J’avais envisagé de devenir avocat, mais je me suis fait rattraper par la publicité. Finalement, je me suis aperçu que c’était le même métier, puisque l’on passe son temps à défendre des causes, des marques ou des produits... Heinz: il m’a dit ensuite que tous ses prestataires étaient Verseau Quels sont vos plus beaux souvenirs ? Le budget du ketchup et des sauces Heinz était en compétition en France et toutes les grandes agences internaJean-François Minne a été l’un des grands noms de la publicité française puisqu’il a notamment été le PDG de TBWA France, troisième agence française. Nous l’avons retrouvé à La Tour de Pise sur le marché de La Baule. tionales essayaient d’approcher le PDG de Heinz aux Etats-Unis. Je téléphonais régulièrement et son assistante me disait toujours qu’il était occupé. Je continuais d’appeler et, au bout d’un moment, au fil d’une discussion avec son assistante, elle me demande mon signe astrologique. Je réponds que je suis Verseau. Elle me dit que c’est intéressant et qu’elle va sans doute me rappeler. Deux semaines plus tard, elle me propose un rendez-vous avec le PDG de Heinz. Lors de notre rencontre, il me dit: « Vous me racontez tous la même chose, vous avez les meilleures campagnes et les meilleurs créatifs, mais je ne travaille qu’avec des Verseau ! » Alors, il m’a mis dans la compétition face à d’autres agences dirigées par des Verseau. Et j’ai gagné le budget. Il m’a dit ensuite que tous ses prestataires étaient Verseau. C’est un immense souvenir. Ce métier est intéressant, surtout lorsque ce sont des grosses boîtes qui essayent de se défendre face à des petites entreprises qui arrivent sur un marché. On est dans l’innovation permanente quand on fait ce métier. Aujourd’hui, ce n’est plus à la mode et l’on doit être pour la régression économique... Si mes souvenirs sont exacts, vous avez été l’un des premiers à travailler sur l’intégration de la marque au bilan de l’entreprise… Effectivement. J’avais développé ce travail, car la marque a une réelle valeur. Aujourd’hui, c’est une évidence. Ensuite, j’ai été l’un des fondateurs de la chaîne éducative. J’avais proposé ce projet au moment du dépôt de bilan de La 5 de Berlusconi et de Robert Hersant. Nous sommes un peuple gâté et nous ne nous nous en rendons pas compte Que pensez-vous de la décroissance, qui est un concept à la mode aujourd’hui ? Chaque fois que l’on conteste un système libéral, cela oblige les gens qui défendent cette thèse à s’améliorer. Toute contestation est intéressante. Maintenant, si l’on veut une économie dirigiste, la France n’est pas très loin de la Corée du Nord... J’exagère, évidemment, mais nous sommes le pays le plus imposé au monde. Nous sommes un pays extraordinaire, avec des talents, des paysages différents et des climats différents, mais les Français passent leur temps à se plaindre, alors que tout le monde rêve de vivre en France. Nous sommes un peuple gâté et nous ne nous nous en rendons pas compte. Malgré cela, la langue de bois est un vrai souci. On ne peut plus s’exprimer. Mais ce n’est pas uniquement français. Pourriez-vous faire des campagnes comme vous avez pu le faire avant ? Je ne le crois pas, il faut ouvrir un parachute en permanence. On est descendu de plusieurs crans en créativité. Les campagnes sont sans saveur. Vous venez de publier un livre intitulé « Gare au pilon » : pouvez-vous nous en parler ? C’est mon deuxième livre. J’avais écrit un livre sur l’arrivée du jeune Fromantin à la mairie de Neuilly. Dans ce nouveau livre, j’évoque le problème de l’édition, avec un auteur qui cherche à se faire éditer. Il essaye même de séduire la femme de l’éditeur. Ce livre est original, il y a un passage en écriture inclusive, une page à colorier... Je me suis beaucoup amusé et je me moque de l’écriture inclusive aussi. La Baule est une ville extrêmement bien tenue Vous avez connu Nicolas Sarkozy à Neuilly : quel est votre avis sur la gestion de Franck Louvrier à La Baule ? Nicolas Sarkozy était un bon maire et j’observe que La Baule est une ville extrêmement bien tenue. Je suis à la plage Benoît et il y a des gardiens partout. C’est très sarkozyste, cette volonté d’assurer une sécurité partout… Une autre chose me frappe, c’est l’ambiance générale : tout le monde se connaît à La Baule ! Les gens reviennent depuis des générations, donc c’est très sympathique. C’est une très belle ville. Propos recueillis par Yannick Urrien.

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