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Vous insistez aussi sur la nécessité d’avoir une forte culture générale, car c’est ce qui va permettre de distinguer les humains. Observez-vous une baisse de la culture générale avec une perte de ce que l’on appelle le bon sens ? Le bon sens n’a pas disparu, il a toujours été minoritaire. L’idée selon laquelle tout le monde était très intelligent et très cultivé en 1900, c’est une idée complètement fausse. Il y avait autant d’idiots en 1900 qu’aujourd’hui. Il n’y a pas de différence. Évidemment, on a un biais d’observation. En 1950, seulement 3 % des Français avaient le bac. Effectivement, le niveau était meilleur puisqu’aujourd’hui 85 % d’une classe d’âge a le bac. Le bachelier de 1950 était très bon en grec, en mathématiques ou en latin, et il ne faisait pas de fautes d’orthographe. Mais c’était une petite minorité. Aujourd’hui, tout le monde a le bac. En apparence, le niveau du bac s’est effondré, mais en réalité on assiste simplement au fait que l’on donne le bac à tout le monde et que c’est devenu un diplôme en chocolat. Il n’y a pas moins de culture générale et il n’y a pas moins de bon sens aujourd’hui qu’il y a cent ans. Quelle est votre définition de la culture générale ? La culture générale des élites est la même aujourd’hui qu’en 1900. Simplement, quand on regarde le niveau des gens, on ne regarde pas les élites, mais l’ensemble de la population. Il y avait un taux d’analphabètes très élevé en France il y a cent ans. Le niveau a plutôt augmenté par rapport à ce qu’il était il y a un siècle. Nous allons être marginalisés Quel est l’avenir de l’homme ? Sur le plan intellectuel, nous allons être marginalisés. On ne peut pas être compétitif durablement face à l’intelligence artificielle. Donc, l’avenir de l’homme est à construire dans un monde où nous allons être intellectuellement dépassés. On peut probablement retarder notre dépassement en acceptant l’augmentation cérébrale proposée par Elon Musk, mais cela ne durera pas très longtemps. L’intelligence artificielle va continuer à progresser très vite. Donc, il faut s’habituer progressivement à notre dépassement par l’intelligence artificielle. Mais on ne pourra pas tous vivre au bord de la plage au soleil en ne faisant rien… Si ! L’un des scénarios est que l’intelligence artificielle travaille pour nous pendant que nous vivrons dans un monde de loisirs, de débauche et de plaisir. Vers quel type de société cela vat-il nous amener ? Combien de temps l’intelligence artificielle va-t-elle accepter de travailler tandis que nous glanderons ? Je n’ai pas la réponse à ces questions. La réponse est peutêtre écrite dans la Bible, puisque c’est la description de Sodome et Gomorrhe... La Bible n’est pas une grande référence pour moi, puisque je suis athée. Pourtant, le XXIe siècle semble de plus en plus religieux… Pour moi, Dieu n’existe pas. Il y a deux dieux possibles: c’est l’homme dieu, c’est-àdire l’homme augmenté par la technologie, ou l’intelligence artificielle. Lequel va gagner ? Homo Deus ou l’intelligence artificielle ? Je ne sais pas. La vraie bataille n’est pas entre le Dieu des Ecritures et l’IA, mais entre l’homme augmenté et l’intelligence artificielle. Si cette intelligence artificielle devient une divinité, pourrait-elle se retourner contre nous ? C’est une vraie question. Nous ne savons pas jusqu’où peut aller l’intelligence artificielle. Si Sam Altman, créateur de Chat GPT, a raison de penser que dans dix ans l’intelligence artificielle sera un million de fois plus intelligente que l’homme, à ce moment-là le dépassement serait rapide. Propos recueillis par Yannick Urrien. la baule+ 14 | Septembre 2024 Laurent Alexandre : « Dans dix ans l’intelligence artificielle sera un million de fois plus intelligente que l’homme. » Mers lointaines, thème du salon Plumes d’Équinoxe au Croisic Le salon Plumes d’Équinoxe se déroulera les 27 et 28 septembre à l’ancienne criée du Croisic avec une dizaine d’auteurs nationaux et une trentaine d’auteurs locaux. Jacques Bruneau, premier adjoint à la mairie du Croisic, souligne le caractère particulier de ce salon : « Nous suivons le thème de la mer chaque année, avec des écrivains, des conférences et une dictée autour de la mer. Ce n’est pas une grande foire aux livres, c’est un salon littéraire plus intime où les auteurs dialoguent avec le public. Nous avons une conférence inaugurale, comme Jean-Yves Paumier et Jacques Bruneau Ronflement, apnée du sommeil : une conférence du docteur Salim Merazga Une personne sur deux est concernée par le ronflement et l’apnée du sommeil, avec des conséquences parfois graves, comme l’augmentation du risque d’accidents cardiovasculaires, d’AVC, de diabète, d’hypertension ou de maladie d’Alzheimer. Le docteur Karim Merazga, expert sur la question de l’apnée du sommeil, donnera une conférence samedi 21 septembre à 17 h à la salle des Floralies à La Baule. Un rendez-vous proposé par le Lions Club La Baule Grand Large, participation de 5 € au profit de la SNSM. chaque année, à l’Océarium du Croisic. Année après année, le public est toujours plus nombreux. » Jean-Yves Paumier, directeur artistique, précise qu’un thème différent est mis à l’honneur chaque fois : « Nous allons aborder les mers lointaines, pour évoquer les navigations, pas seulement autour de chez nous, mais partout dans le monde. Les auteurs que nous avons retenus évoquent ces épisodes assez variés sur la navigation sur toutes les mers du monde. » Pour cette session, l’invitée d’honneur est Katell Faria : « C’est une jeune femme de 33 ans, avec un parcours atypique. Elle a fait une préparation militaire, elle est parachutiste et elle est dans le club des Écrivains de marine. Dans son dernier livre, elle raconte son périple aux îles Kerguelen. » Le salon du livre invite également des écrivains locaux : « Les auteurs nationaux traitent du thème de la marine, mais il y a aussi des auteurs locaux, qui ne sont pas spécialisés dans ce domaine » ajoute Jean-Yves Paumier. En effet, la ville du Croisic souhaite ainsi contribuer à la promotion des écrivains locaux en les conviant avec des auteurs plus connus.

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