La Baule+

la baule+ 6 | Septembre 2024 La Baule+ : Le concept du « Village français » consiste-t-il à créer une petite France dans des lieux sublimes pour y attirer une clientèle fortunée ? Laurent Tapie : Exactement. Comme la France se vend encore dans le monde entier, l’idée est de faire un village de l’excellence française, avec l’automobile comme thème principal, avec un circuit et un musée dédié à l’automobile. De façon plus large, il y aura les prestations d’un village de luxe, dans lequel il y aura des résidences de luxe, une galerie commerçante avec les plus belles marques - j’ai les trois plus gros groupes de luxe mondiaux qui m’accompagnent dans ce projet: LVMH, Richemont et Kering - ainsi que des restaurants français, un centre d’activités et un spa. L’idée est d’avoir une communauté avec des gens très fortunés, un site ouvert au public, entre le musée et les événements sur le circuit automobile, et tout le monde pourra passer du bon temps. Il y aura certaines aires réservées aux propriétaires des villas et aux membres du club Delage, et d’autres qui seront ouvertes à tous. Qu’entendez-vous par clientèle fortunée ? Des gens qui ont les moyens d’acheter des maisons au-dessus de 20 millions d’euros en prix d’entrée. Des voitures à plus de 2 millions d’euros Pourquoi avoir choisi la Chine pour votre premier village ? Parce que c’est le prochain marché mondial des hypercars, puisque c’est notre cœur de métier qui est de Entreprendre ► Des villages français réservés aux milliardaires Laurent Tapie : « Il n’a jamais été aussi propice d’entreprendre. » Laurent Tapie est un entrepreneur né. Il a été à bonne école, c’est dans son ADN. Le fils de feu Bernard Tapie connaît bien la Bretagne sud, que ce soit La Baule et la presqu’île, mais surtout le Golfe du Morbihan pour lequel il a un vrai coup de cœur. Il passe souvent ses vacances à Carnac et nous l’avons rencontré à l’Ile-aux-Moines. Laurent Tapie a repris la marque mythique Delage Automobiles et il travaille sur la création de « Villages français » dans des endroits paradisiaques. Ils seront réservés à des milliardaires, qui sont de plus en plus nombreux dans le monde. proposer des voitures à plus de 2 millions d’euros. Pour l’instant, la plus grosse clientèle au monde est la clientèle américaine. Mais d’ici à une décennie, ce sera la clientèle chinoise. Donc, il faut se positionner le plus rapidement possible pour être sur ce marché immense. Le marché du tourisme chinois est encore plus gros que celui du tourisme américain, puisqu’il y a une classe moyenne chinoise très nombreuse qui se met à voyager. Dans un premier temps, elle voyage en Chine, notamment sur l’île de Hainan. C’est pour cela que nous avons choisi cette île à l’extrême sud de la Chine, qui a le climat de l’île Maurice. La Chine est un marché énorme. Nous avons convenu avec les autorités que le plus intelligent pour faire ce projet, ce serait Hainan. Nous avons signé un accord de principe, mais il y a encore beaucoup de choses à régler puisque c’est un projet d’un milliard d’euros sur quatre à cinq ans. Vous avez aussi un projet en Arabie Saoudite… Oui. Nous avons signé en Arabie Saoudite avec un très grand groupe de construction qui est dans les autoroutes et les aéroports. C’est l’une des cinq sociétés saoudiennes qui a un mandat pour faire des acquisitions à l’international. Nous avons un accord de principe. Ils vont construire le village et nous sommes en train de regarder les différentes solutions de terrain. On a vu des sites à Riyad, à Djeddah aussi. Nous allons prendre le temps de bien étudier les choses. Ainsi, des familles très aisées vont pouvoir s’installer dans ce village et vivre à la française. Avez-vous également pensé à des infrastructures comme les écoles et les hôpitaux ? Oui. Nous pensons à créer une école internationale et un hôpital de renom. Nous pourrons couvrir tous les besoins primordiaux de la manière la plus élitiste qui soit. Ce qui est intéressant, c’est que vous n’avez pas décorrélé cela de l’automobile… Oui, mon cœur de métier, c’est Delage Automobiles et tout ce que je fais est en lien avec Delage Automobiles. L’automobile est un sujet de passion qui fédère énormément de monde. Surtout, en ce moment, il y a de plus en plus de restrictions. Et, à terme, on n’aura peut-être plus le droit de conduire, ce sont les machines qui conduiront. On ira vers une conduite écologique, avec zéromort, ce qui est très bien sur ce point… Mais, pour les passionnés dont je fais partie, c’est un cauchemar, parce que j’adore conduire! Donc, ils iront sur des circuits privés. C’est pour cela que j’intègre un circuit automobile dans chaque projet Village Delage. Je suis plus proche du marché de l’art que du marché de l’automobile Comment un indépendant comme vous peutil se battre dans un secteur aussi concurrentiel qui est en pleine restructuration ? Tout le monde pense que c’est fou, mais je suis sur un créneau très à part. Je ne suis pas en train de lancer un concurrent à Peugeot! Pour faire des voitures d’entrée de gamme ou de milieu de gamme, il faut en produire des centaines de milliers, avec des moyens de production énormes. Tout cela pour se retrouver sur un marché extrêmement concurrentiel. En réalité, je suis plus proche du marché de l’art que du marché de l’automobile. Nous sommes programmés pour fabriquer cinq voitures par an en ce moment et peut-être que dans quelques années on pourra monter à dix voitures par an. Pour les dix prochaines années, il est improbable que l’on soit amené à faire plus de dix voitures par an. Mais si je fais une dizaine de voitures par an, à 2 ou 3 millions d’euros, c’est un marché qui me convient très bien et c’est ma passion. Quelle est la situation du carnet de commandes ? Il est conforme à nos attentes, avec quelques unités commandées, certaines sont soumises à condition, le fait d’avoir l’homologation. Avant d’investir 2 millions dans une voiture, c’est la base, beaucoup de clients veulent que la voiture soit homologuée et c’est normal. Nous attendons l’homologation dans les tout prochains mois, puisque nous arrivons au bout du process. Il y a quelques clients qui veulent déjà être livrés, notamment aux États-Unis. Nous allons livrer une voiture à un collectionneur américain qui collectionne les voitures comme on collectionne les tableaux. Elles sont dans son salon, donc il ne roulera pas avec. Certains vont vous dire que vous êtes sur une autre planète…

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