L’être humain a toujours besoin d’une validation et d’une respectabilité de la part de son groupe social, cela intervient aussi beaucoup dans la manipulation… Certains ont besoin d’être intégrés dans un groupe. Personnellement, je suis très allergique aux logiques collectives. C’est vrai, majoritairement, les gens ont besoin d’être conformes à un groupe, car ils ne peuvent pas se sentir seuls au sein d’un groupe. Il y a la Covid, mais aussi l’affaire russo-ukrainienne car, à un moment donné, il était impossible de dire que vous avez lu Dostoïevski. Un soir, j’ai dîné dans un restaurant russe et j’ai vu des gens arriver en expliquant que la culture russe était celle de l’intolérance, alors que, quand j’étais petit, on lisait Tolstoï et Dostoïevski pratiquement religieusement. Quelques années plus tard, on a été capable de convaincre des gens que lire des romanciers russes c’était faire l’apologie du colonialisme et de la mort des Ukrainiens. Quand on leur parle de la Russie, il y a encore beaucoup de gens qui s’imaginent qu’à Moscou, on est suivi par une sorte de KGB, que l’on n’a pas le droit de parler à la population locale, que l’on doit rester enfermé dans une chambre d’hôtel et que les magasins sont complétement vides. Si vous contredisez cela, on vous répond : « Combien Poutine t’a payé ? » C’est ce que l’on appelle l’heuristique de disponibilité. Les gens ont tous les jours des stéréotypes sur l’URSS et, quand vous leur dites que ce n’est pas comme cela, ils pensent que ce n’est pas possible. On doit se faire du souci, parce que les réseaux sociaux ont accru ce phénomène. On pouvait imaginer que grâce à l’information en temps réel, on s’ouvrirait l’esprit. Nous vivons une époque de militarisation de l’information et les réseaux sociaux servent à réduire l’ouverture d’esprit, au lieu de l’accroître. Pourtant, on pourrait très facilement avoir accès à des vidéos, pour ou contre Poutine, peu importe. Mais ils préfèrent rester sur une parole unique. L’enjeu, c’est l’accès aux sources ouvertes, même si certaines sont frauduleuses, afin que chacun puisse se forger son opinion. En conclusion, il faut préciser qu’il y a de la manipulation dans tous les camps : en provenance des Russes, des Américains, des Chinois et même des Européens... Tout le monde fait de la manipulation… La manipulation, c’est un art. C’est une pratique habituelle des services et tous les États ont toujours utilisé la propagande. Celle que je décris est pratiquée par tous les États sans exception. Donc, il s’agit de rester avec un esprit critique sans se laisser gouroutiser. Ceux qui pensent qu’il y a des chevaliers blancs d’un côté et des démons de l’autre sont déjà des gens manipulés. Propos recueillis par Yannick Urrien. la baule+ 22 | Juillet 2025 Této Décoration : un été sous le signe de la création et de l’éclectisme À LaBaule, la boutique Této Décoration fait figure d’exception dans l’univers de la décoration intérieure. Si l’adresse est connue des amateurs d’objets singuliers, c’est surtout parce qu’elle cultive une identité bien à elle. Laurent et Pascal, les deux créateurs à l’origine du lieu, dessinent euxmêmes la majorité des pièces proposées. Cet été, ils dévoilent de nombreuses nouveautés, toujours portées par leur sens du détail et leur goût pour les matières nobles. La grande nouveauté de la saison, c’est d’abord une collection inédite de bijoux en corne de buffle. Elle se décline en bracelets coordonnés à de grandes chaînes, et s’enrichit d’un large choix de boucles d’oreilles à pinces. Un détail qui a son importance : « C’était une demande très forte de nos clientes. Elles voulaient des boucles volumineuses, légères et sans perçage. » La collection de bijoux précieux évolue aussi. Argent massif, dorure à trois microns, pierres semi-précieuses… Les pièces prennent des couleurs inédites, avec une sophistication discrète et élégante. Un véritable voyage à travers les matières Du côté de la décoration, Této élargit ses horizons. Si l’Asie demeure au cœur de l’ADN de la maison, les inspirations italiennes et scandinaves s’invitent dans la sélection de l’été. Luminaires décoratifs, objets-cadeaux à prix doux, belle vaisselle en porcelaine, verre, bronze ou faïence… la boutique propose un véritable voyage à travers les matières. À noter aussi : une petite ligne de couvre-lits en patchwork de soie, confectionnés en Inde, dans un atelier réputé pour la qualité de son travail. Enfin, l’ameublement se distingue par un équilibre subtil entre artisanat et fonctionnalité. Této collabore avec un ébéniste pour créer des meubles en chêne, rehaussés de portes fabriquées au Rajasthan, en marqueterie d’os. Le résultat : des pièces inspirées des années 50, modernes dans l’âme, pensées pour un usage quotidien. Petites consoles, bouts de canapé, miroirs en coquillage… chaque élément est réalisé à la main. Une partie de la collection soutient un atelier solidaire indien, pour lequel Laurent et Pascal ont choisi de maintenir des prix doux tout en valorisant le savoir-faire. Pour la première fois, la boutique propose des soldes en juillet, avec de nombreuses réductions sur les collections précédentes. L’occasion de découvrir ou redécouvrir l’univers poétique et raffiné de Této Décoration, entre créations originales, artisanat du monde et esprit de collection. Této Décoration se trouve à l’angle de l’avenue Marie-Louise et de l’avenue du Capitaine Desforges au 11 avenue Marie-Louise à La Baule. Tél. 02 40 11 31 34. Éric Verhaeghe : « Les États ont toujours utilisé la propagande. Celle que je décris est pratiquée par tous les États sans exception. » L’Association Artistique et Culturelle PRISME, bien connue sur la Presqu’île pour ses ateliers et stages ouverts aux habitants comme aux vacanciers, propose cet été une parenthèse musicale rare à La Turballe. Le mardi 29 juillet à 21h, l’église Sainte-Anne accueillera le concert « Ödacieuse», porté par deux chanteuses au parcours remarquable: Judith Charron et Mathilde Limal. Formées au sein du Jeune Chœur de Paris sous la direction de Laurence Equilbey, Judith Charron et Mathilde Limal mêlent avec grâce leurs voix dans un récital intimiste, à la croisée des répertoires classique, lyrique et contemporain. Tour à tour au piano ou à la guitare, elles font dialoguer Barbara et le chant grégorien, Joan Baez et Puccini, Brel et Monteverdi… pour un voyage musical tout en poésie et en émotion. Dans le prolongement de cette soirée, une journée de stage sera proposée le mercredi 30 juillet, de 10h à 17h, au Centre culturel Saint-Pierre de La Turballe. Animée par les deux artistes, cette journée s’adresse à tous ceux qui souhaitent explorer leur voix, dans une atmosphère bienveillante et guidée par l’exigence artistique. Tout au long de l’année, l’association PRISME met en œuvre des activités artistiques ouvertes à tous, encadrées par des intervenants reconnus : Pucya pour l’aquarelle, Marie-France Oosterhof pour le pastel sec et la peinture à l’huile au couteau, ou encore Dan pour la sculpture et le modelage de la terre. Avec ce concert, l’association affirme une nouvelle fois sa volonté de faire rayonner la culture sur la Presqu’île. Renseignements et réservations : www.associationprisme.com La Turballe : un concert d’exception avec deux voix issues du Jeune Chœur de Paris Le Château de Ranrouët à Herbignac accueille tout l’été une exposition artistique peu ordinaire. Intitulée « Subtiles Résonances », cette installation sensorielle conçue par le duo d’artistes Scenocosme – Grégory Lasserre et Anaïs met den Ancxt – invite à une exploration sensible des liens entre l’humain, la nature et les technologies. Présentée du 5 juillet au 2 novembre 2025, l’exposition s’inscrit dans le Projet Culturel de Territoire porté par Cap Atlantique, et propose un parcours interactif à travers les bois et les vestiges du château médiéval. Depuis plus de vingt ans, les artistes de Scenocosme explorent les interactions entre les êtres vivants et leur environnement, à l’aide d’installations mêlant éléments naturels (bois, eau, pierre, végétaux) et dispositifs numériques. Leurs œuvres se déclenchent par la proximité, le toucher ou la lumière, offrant une expérience physique et poétique au visiteur. Parmi les installations à découvrir : Herbignac : une exposition immersive au château de Ranrouët mêle art, nature et technologie Phonofolium, un arbuste réagissant au toucher humain par des sons, créant une sorte de langage musical végétal ; Pulsation, une œuvre sonore logée dans le tronc d’un arbre, à ressentir en posant l’oreille ou le corps contre l’écorce ; Calice, une structure réagissant à la lumière solaire pour produire des vibrations sonores, reflet d’un dialogue entre les éléments naturels. Deux œuvres inédites, conçues pour le site de Ranrouët, enrichissent le parcours. L’une d’elles a été imaginée en collaboration avec un enseignant et des élèves du conservatoire de musique, proposant une lecture poétique et sonore de l’histoire du lieu. En parallèle, les visiteurs peuvent également découvrir l’exposition sœur « Subtiles Métamorphoses», présentée au Musée des Marais Salants à Batz-sur-Mer, jusqu’au 2 novembre également.
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