La Baule+

la baule+ 8 | Juillet 2025 La Baule+ : Il y a le livre, mais également l’exposition itinérante, sur le général de Gaulle et la Bretagne. Quelle est l’origine de cette démarche ? Patrick Mahé : Le maire de Vannes, David Robo, cherchait une idée pour les 80 ans de la libération de la ville de Vannes et nous nous sommes demandé combien de fois le général de Gaulle était allé à Vannes. Il y est allé six fois, c’est plus que Rennes et Nantes, autant qu’à Quimper. En parlant de ce projet d’exposition, nous avons eu l’idée de l’amplifier sur les cinq départements de la Bretagne historique, en l’amenant à Quimper et à La Baule, pour l’anniversaire de la libération de la poche de Saint-Nazaire. Nous avons bâti cette exposition avec Paris Match et j’ai découvert l’importance du lien affectif entre de Gaulle et la Bretagne, qui s’est avéré beaucoup plus puissant et profond que ce que je pouvais imaginer au départ. Il a commencé à découvrir la Histoire ► De Gaulle et la Bretagne Patrick Mahé : « Le général de Gaulle avait réellement conscience de l’unité de la Bretagne historique et de son héritage. » À l’occasion de l’exposition « De Gaulle et la Bretagne », présentée cet été place de la Victoire à La Baule, Patrick Mahé, adjoint au maire de Vannes et ancien directeur général de Paris Match, publie un livre avec des photos inédites des voyages du général de Gaulle en Bretagne entre 1940 et 1969. Patrick Mahé dédicacera cet ouvrage le mercredi 23 juillet entre 12h et 13h30 à la librairie Les Oiseaux, 232 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny à La Baule. « De Gaulle et la Bretagne » de Patrick Mahé est publié aux Éditions Ouest France. Bretagne en 1932. Il est venu en famille avec sa fille Anne à Bénodet et il a commencé à aimer la Bretagne. Sa femme, Yvonne Vendroux, passait ses vacances dans sa maison de famille à Carantec. En écrivant ce livre, j’ai découvert que la mère du général de Gaulle, Jeanne Maillot, vivait à Paimpont, en forêt de Brocéliande, au cours de l’été 40. Le frère aîné du général était en mission à Saint-Cyr Coëtquidan et, comme c’était la guerre, la famille s’était réfugiée en Bretagne. La mère du général de Gaulle n’a pas entendu l’appel du 18 juin, mais on le lui a rapporté et elle a eu ce mot très simple : « Charles a toujours su ce qu’il fallait faire. » Un mois plus tard, elle décédait à Paimpont en forêt de Brocéliande. C’est la région qu’il a visitée le plus souvent Le général de Gaulle est-il le président de la Ve République qui a eu le plus de proximité avec la Bretagne ? Oui. J’ai analysé son tour de Bretagne. Il a commencé à venir réellement après la Libération, en 1945, c’était son premier voyage. En 1958, lors de son retour au pouvoir, son premier voyage était aussi en Bretagne. Il est venu huit fois au nom du RPF, son parti politique, et il est venu huit fois comme président, entre 1958 et 1969. C’est la région qu’il a visitée le plus souvent. À titre privé, il est aussi parti du Mont-Saint-Michel pour traverser toute la Bretagne. Vous consacrez un chapitre au passage du général de Gaulle à La Baule et à Saint-Nazaire… Le général de Gaulle a posé le pied dans ce petit aérodrome de campagne d’Escoublac et j’ai retrouvé une photo très rare de son arrivée. J’ai aussi retrouvé une photo de joie, à Saint-Nazaire, avec des gens qui dansent une ronde rythmée au moment de la Libération. Ces deux photos font l’ouverture du chapitre sur la Loire-Atlantique. Le général de Gaulle insistait aussi beaucoup sur la jeunesse bretonne, en expliquant que la Bretagne était bien au-dessus des découpages administratifs. Il avait réellement conscience de l’unité de la Bretagne historique et de son héritage. Il a dit cela à Saint-Nazaire, comme à Nantes. 700 volontaires bretons sont partis du port de Douarnenez au cours de l’été 40 Était-il le premier chef d’État français à aimer la Bretagne, puisque les historiens reconnaissent qu’il y a toujours eu une grande méfiance des dirigeants français à l’égard de la Bretagne ? Il y a peut-être un roi de France qui a réellement aimé la Bretagne, c’est le deuxième mari de la duchesse Anne. À l’époque où la Bretagne a perdu la guerre contre le royaume de France, en 1488, celui qui deviendra le deuxième mari d’Anne de Bretagne portait les armes du côté breton. Ensuite, c’est vrai, il y a le général de Gaulle qui a eu de très belles paroles à l’égard de la Bretagne. Mais

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