La Baule+

la baule+ Juillet 2025 | 9 il n’est pas allé au bout de sa logique. Lorsqu’un pêcheur a traduit l’appel du 18 juin en breton, beaucoup de pêcheurs sont partis le rejoindre en Grande-Bretagne. Il y a cette histoire incroyable. Un bateau quitte le port de Brest le 18 juin 1940 et il y a un marin qui n’embarque pas à bord, parce qu’il doit déblayer les quais qui sont sous les bombardements. Finalement, il part à bord d’un bateau de pêche pour rejoindre ses camarades. Mais, entre temps, le bateau qu’il aurait dû prendre saute sur une mine dérivante et Il y a 135 morts. Ce marin, Charles-Marie, n’était donc pas à bord. Mais tout le monde croit qu’il était à bord et qu’il est mort. Il arrive en Angleterre, il est repéré parce qu’il parle breton, et on lui propose de traduire les textes du général de Gaulle en breton. C’est ainsi que 700 volontaires bretons sont partis du port de Douarnenez au cours de l’été 40. Soit plus que le nombre entier de volontaires en provenance de Marseille, Lyon et Bordeaux réunis ! Le rédacteur en chef s’est dégonflé et il n’a pas eu le courage de faire lire les lignes de la main du général de Gaulle... Par ailleurs, vous faites évidemment référence à la médaille de l’île de Sein… Il passe en revue les 128 marins de l’île de Sein en leur disant : « Vous êtes la moitié de la France ». Mais il y a une fameuse photo de Paris Match où le général tient dans ses doigts la médaille commémorative de l’île de Sein. La rédaction en chef avait mis au défi le photographe de prendre les lignes de la main du général de Gaulle et le photographe l’a ainsi poussé à tenir la médaille du bout des doigts. Mais le rédacteur en chef s’est dégonflé et il n’a pas eu le courage de faire lire les lignes de la main du général de Gaulle... Enfin, comment expliquez-vous que l’histoire de la poche de Saint-Nazaire ne soit pas restée inscrite dans la mémoire commune ? Vous avez raison de le dire, la transmission s’est mal faite. Mais il ne faut pas oublier le Morbihan, avec le maquis de Saint-Marcel, 3000 volontaires qui avaient coupé la route des unités allemandes qui remontaient en renfort après le débarquement de Normandie. On nous parle toujours du Vercors, mais jamais du maquis de Saint-Marcel. C’est la même chose pour Saint-Nazaire : être libérées un an après le Débarquement, c’est quand même long pour des populations enfermées ! Ces gens n’ont pas eu besoin d’attendre la Covid pour savoir ce que cela signifie que d’être enfermés ! Propos recueillis par Yannick Urrien. L’exposition « De Gaulle et la Bretagne » présente le lien affectif entre le Général de Gaulle et la Bretagne. Cette exposition est visible place de la Victoire jusqu’au 30 septembre prochain. Le général est le seul président de la Ve République à avoir parcouru le Finistère, les Côtes-d’Armor, le Morbihan, l’Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique, la Bretagne historique et ainsi illustré la conception gaullienne de la Bretagne. En étroite collaboration avec les villes de La Baule-Escoublac et Vannes, ainsi que les départements du Finistère et du Morbihan, Patrick Mahé, ancien directeur général de rédaction de Paris Match, Marc Brincourt, commissaire d’exposition, et Michel Maïquez, ancien directeur artistique de Paris Match, ont bâti un dispositif en plein air à découvrir en accès libre sur la place de la Victoire à La Baule. Franck Louvrier, maire de La Baule, souligne : « La Baule-Escoublac assume autant son identité culturelle bretonne qu’elle partage cet attachement à celui qui montra le chemin de la Résistance, d’autant plus que notre territoire fut le dernier libéré de l’occupant allemand. Il fallut en effet attendre le 11 mai 1945, soit trois jours après la capitulation générale de l’ennemi, pour que les dernières forces d’occupation présentes dans la poche de Saint-Nazaire déposent les armes. Pour venir saluer les habitants de ce « bout de France » le dernier libéré, c’est sur l’aérodrome d’Escoublac que « L’Homme du 18 juin » posa le pied le 23 juillet suivant. Paris Match a d’ailleurs retrouvé des photos de cet événement qui figurent dans cette exposition. » Paris Match présente son exposition « De Gaulle et la Bretagne » à La Baule

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