La Baule+

la baule+ 18 | Juin 2025 Humeur ► Le billet de Dominique Labarrière Temps bénis pour les ronchons Mes amies et amis, si vous êtes comme moi un individu de caractère volontiers ronchon, je pense que vous partagerez mon avis quand je vous aurai dit et répété que les temps qui courent sont, pour nous autres, infiniment fertiles en motifs de nous adonner à notre défaut préféré. Et comme, paraît-il, ce penchant pour l’acrimonie ne faisant que croître et embellir avec l’âge, nous ne devrions pas être bien loin de pouvoir enfin donner notre meilleur en la matière. Au passage, qu’il me soit permis de livrer une confidence d’ordre privé. L’ami Claude Chabrol, alors Croisicais, lecteur de ce billet, me charriait souvent sur ce point : « Quand je veux allonger d’un supplément de ronchon le café du matin, je te lis. » C’est donc avec grand plaisir que je lui offre - à titre posthume, hélas ! - ces lignes quelque peu saturées d’humeur massacrante. Voilà bien que, tel jour, je me suis mis à regarder Roland Garros, le tennis. Un Français jouait contre un Espagnol. Tout allait bien. Je ne trouvais jusque-là aucune raison de me mettre à ronchonner. Peut-être au fond de moi m’impatientais-je. Je rongeais probablement mon frein. Cependant, je tenais ferme, je m’accrochais. Et j’en fus bientôt récompensé. Le joueur français - que, en ronchon charitable que je me pique d’être je ne nommerai pas - se mit, par le comportement qu’il adoptait la partie s’avançant, à voler à mon secours. Pour tout dire, à la fin des fins, le match plié, j’avais pu bougonner tout mon saoul. Merci à lui, sincèrement. Cela commença lorsqu’il donna, sur le court, tous les signes d’être à l’agonie. Les commentateurs, bien entendu, en rajoutaient : « On s’attend à tout moment à le voir s’écrouler. » On lève la tête, guettant l’arrivée de l’hélico du Samu. Mais rien. Et puis, après avoir eu ainsi grand bobo, mais vraiment grand bobo, notre gars, tout à coup, à l’orée du set décisif, a plus bobo. Du tout. Envolé. Alors les commentateurs s’empressent d’encenser le héros, vainqueur magnifique des plus affreuses douleurs en attendant de l’être de son adversaire. Et notre gars, d’en appeler au public, à grands renforts de gesticulations, afin qu’il le soutienne, donne de la voix et braille, y compris sur les fautes du pauvre Espagnol qui connaît là probablement un moment de solitude à peu près comparable à celui du torero dans l’arène face au taureau écumant. L’autre gagne le match, normal. Dont acte. Et là, du jamais vu ! Et que je t’envoie en l’air le maillot afin que le peuple ébahi puisse admirer mes biscottos tandis que je cabriole sur le court comme si je venais, non pas de gagner seulement un match du premier tour, mais les quatre tournois majeurs de la saison. Stupeur chez nous autres, ronchons. Les Federer, les Nadal et les autres ne nous avaient pas habitués à cela. Mais l’affaire n’est pas close pour autant. Voilà le moment des interviews, car à présent on interviewe après le match. Pas grand-chose à dire, le garçon. « Les gars, ici c’est Paris », commence-t-il avant même qu’on lui ait donné la parole. Puis il causera, au micro du court, puis quelques instants plus tard, à celui de la télé. Et là, mesdames et messieurs, pas un mot, je dis bien pas un mot pour l’adversaire, le vaillant torero sorti abasourdi et laminé de l’arène. Rien. Là encore, du jamais vu, du moins de mémoire de ronchon à l’affût de ces choses. La veille, Raphael Nadal, Rapha, recevait l’hommage qu’il mérite. On se dit alors que non seulement une page se tourne, mais qu’une époque s’achève. Il a su évoquer le respect qu’il avait de ses adversaires, les présents notamment, Federer, Murray, Djokovic qui désormais fait figure de dinosaure quelque peu égaré dans cette nouvelle ère où des comportements comme ceux auxquels j’avais donc assisté sont non seulement possibles mais tolérés. La Fédération Française de Tennis ne pourrait-elle pas, si peu que ce soit, enseigner quelques bases de bonne tenue, de manifestation de respect, à ses joueurs de haut niveau ? Car, selon moi, il serait tout de même souhaitable que, sur le central ou tel court de Roland Garros on ne se sente pas autorisé à se tenir comme se tiennent certains de nos jours dans l’enceinte du Palais Bourbon. Là, ils n’en sont pas encore à se mettre à demi à poil, mais à mon avis, c’est pour bientôt. Une prière de ronchon patenté : qu’on m’avertisse quelque temps avant, afin que je prenne la précaution de revendre ma télé. Enfin - je parie que vous vous en doutez depuis un moment - je ne voudrais pas terminer ce billet sans lancer cette sentence qui est notre leitmotiv de prédilection, à nous ronchons impénitents : « Que voulez-vous, ma pauvre dame, tout fout l’camp ! » Entreprendre est un défi, alors pourquoi rester dans l’ombre ? Communiquer, c’est exister et toucher un large public. Un média local vous assure une visibilité ciblée dans votre bassin de vie, bien au-delà des cercles restreints des réseaux. Presse et radio renforcent votre notoriété auprès de vos clients… et surtout, vous font connaître de ceux qui ne vous connaissent pas encore ! Contactez Fabienne au 06 08 80 39 55 ou fabienne@labauleplus.com pour découvrir les différentes offres. la baule+ ARTISANS, COMMERÇANTS : POURQUOI COMMUNIQUER ?

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