La Baule+

la baule+ Juin 2025 | 21 s’appelait « Lambert Wilson chante » et il est donc assez émouvant pour moi de revenir à Atlantia, toujours avec Bruno Fontaine, qui est arrangeur, pianiste et chef d’orchestre, avec lequel je travaille depuis cette époque. Je ne peux pas renoncer au chant, qui est même plus nécessaire pour moi que d’être devant une caméra En fait, la chanson, c’est au fond de vous… Je fais du cinéma, du théâtre et du chant. Je ne peux pas renoncer au chant, qui est même plus nécessaire pour moi que d’être devant une caméra. J’ai besoin d’être avec des musiciens et des partitions. Cela peut être des musiciens de jazz, quand on fait de la chanson, puisque j’ai participé à un album de chansons américaines, mais aussi des musiciens classiques. Je suis en tournée avec un spectacle sur le compositeur allemand Kurt Weill qui avait fait l’Opéra de quat’sous. C’est une nécessité pour moi d’être entouré de musiciens. Nous avons des merveilles absolues et l’on oublie que cela a été des chansons de films Vous reprenez degrands standards du cinéma, notamment des comédies musicales. Parfois, la frontière est ténue, car pour une chanson comme « À bicyclette », on ne sait plus s’il s’agit d’un succès de variété ou de cinéma… Justement, je ne vais pas chanter cette fois-ci « À bicyclette » car nous avons essayé de choisir un répertoire qui privilégie le cinéma. Par exemple, « Le tourbillon de l’amour », qui avait été chanté par Jeanne Moreau, dans Jules et Jim, est une chanson absolument typique du répertoire du cinéma. Michel Legrand est incontournable, avec « Les parapluies de Cherbourg » ou « Les demoiselles de Rochefort ». Il y a aussi « Les moulins de mon cœur ». Il y avait une tradition française très intéressante, entre les années 40 et les années 60, c’est qu’il y avait toujours une chanson qui accompagnait un film. C’était souvent chanté par un personnage du film, pas forcément un personnage principal, cela pouvait être un chanteur ou une chanteuse de rue. Nous avons des merveilles absolues et l’on oublie que cela a été des chansons de films. Une chanson aussi simple et familière que « Les feuilles mortes » a été créée pour le cinéma. C’est aussi cela que nous allons raconter. Les metteurs en scène et les auteurs avaient la nécessité d’associer une histoire à une chanson en particulier. C’est plus américain que français de propulser une chanson comme l’hymne d’un film On a l’impression que le cinéma actuel ne propose plus de chansons inédites : souvent, dans le cinéma contemporain, on se limite à reprendre des tubes… Ce n’est pas faux, mais aux États-Unis, on continue de créer des chansons de films. La chanson du Titanic est connue par la planète entière. Les chansons des dessins animés des grandes compagnies américaines sont aussi connues dans le monde entier. J’ai participé à l’enregistrement de dessins animés, puisque j’ai fait la voix de Baloo dans la nouvelle version du dessin animé du Livre de la jungle. Les gens oublient que je fais cela aussi. C’est formidable de pouvoir enregistrer une ou deux chansons d’un dessin animé de Disney, parce que l’on sait qu’il y a des générations qui vont être bercées par cela, en chantant le refrain du matin au soir, et qui vont la garder en mémoire. Mais c’est plus américain que français de propulser une chanson comme l’hymne d’un film. (Suite page 22)

RkJQdWJsaXNoZXIy MTEyOTQ2