la baule+ 20 | Octobre 2025 Débat ► Lorsque la science se rapproche de la religion Yves Dupont : « En permanence, Dieu envoie des informations en réponse aux sollicitations des contextes. » Son ouvrage est un événement car l’un des plus grands scientifiques français ose poser la question : le monde quantique laisse-t-il entrevoir un Esprit créateur ? Après un travail de synthèse l’ayant amené à se confronter à l’héritage des grands physiciens et à ce que leurs travaux dévoilent sur la nature de notre monde, Yves Dupont parvient à cette conclusion inattendue et stupéfiante : un Esprit créateur semble se manifester derrière les méandres du monde quantique. Si les meilleurs spécialistes de physique quantique s’accordent pour dire que nul ne comprend la mécanique quantique, la recherche en physique quantique conduit paradoxalement à de multiples applications très concrètes. Yves Dupont nous aide à pressentir ce qui se cache derrière les apparences, derrière cette continuité que la physique quantique bat en brèche. « L’Empreinte de Dieu dans le monde quantique » du professeur Yves Dupont est publié aux Éditions Trédaniel. Un certain nombre de physiciens ont vu que la science moderne ouvre sur les questions philosophiques et métaphysiques La Baule+ : Votre livre confirme le lien entre la religion et la science. Force est de constater que depuis quelques décennies, plus les scientifiques s’évertuent à vouloir démontrer que Dieu n’existe pas, plus ils se retrouvent confrontés à une impasse… Yves Dupont : C’est vrai. J’ai commencé à travailler sur cette question à Stanislas il y a plus de 25 ans, à travers une session « Science et foi » pour les élèves de prépa. J’ai toujours eu cette intuition sur le fait qu’il y a un lien entre la matière et l’esprit. Ce que vous dites sur l’évolution des mentalités est juste, mais il ne faut pas généraliser trop hâtivement. Il y a encore beaucoup de physiciens qui ne sont pas du tout dans cette perspective. D’abord, parce que beaucoup d’entre eux font des calculs ou des expériences, et les questions métaphysiques ne s’imposent pas immédiatement. Il y a ceux aussi qui ont des positions dogmatiques et, pour eux, il est hors de question de parler de l’esprit, de métaphysique ou de Dieu. C’est une vision assez prégnante en France. Mais, c’est vrai, un certain nombre de physiciens ont vu que la science moderne ouvre sur les questions philosophiques et métaphysiques. Le mouvement va sans doute s’amplifier, puisqu’il y a de plus en plus de publications et d’interventions en ce sens. On revient de loin. Avant Newton, la physique était une partie de la philosophie, cela s’appelait la philosophie naturelle. Saint Thomas d’Aquin a fait un « Traité de philosophie naturelle » et tout cela était intégré à la réflexion philosophique. Avec Newton, il y a eu la mathématisation de la physique, ce fut une énorme avancée, son ouvrage s’appelait : «Principes mathématiques de la philosophie naturelle». À partir du moment où l’on a mathématisé tout cela, d’abord on a obtenu beaucoup de résultats et la mathématisation se suffisait à elle-même. Du coup, les questions métaphysiques et philosophiques ont été évacuées comme n’appartenant pas au champ de la science. Nous sommes dans cette perspective depuis presque 400 ans. Avec la science moderne, la cosmologie et la physique quantique, ces questions philosophiques resurgissent inévitablement si l’on veut bien les voir et les étudier. Il y a un hasard irréductible qui se manifeste Commençons par la base. La physique quantique peut-elle se résumer par ce qui est très petit ou invisible ? C’est la physique qui s’impose dans le domaine de l’infiniment petit, mais on trouve aussi des effets quantiques dans des états macroscopiques, avec un grand nombre de particules. Toute l’électronique moderne - les transistors, les circuits intégrés, donc l’informatique - fonctionne sur des effets quantiques. Donc, ce n’est pas seulement l’infiniment petit. Je précise que mon livre n’est pas un traité de physique, mais il fallait bien que je fasse l’état des lieux. Le mot quantique vient du mot quanta, introduit par Planck en 1900 : c’est-à-dire que dans le monde microscopique, un grand nombre de grandeurs physiques ne peuvent prendre de valeur que de façon discontinue. Nous sommes habitués, dans le monde qui nous entoure, à ce que toute mesure prenne n’importe quelle valeur. La vitesse de ma voiture peut prendre n’importe quelle valeur. Dans le monde quantique, elle ne pourrait prendre que des vitesses de 10, 20, 30 ou 40 km/h, sans aucune valeur intermédiaire, ce qui heurte le bon sens. Cette nouvelle physique a dû être construite pour comprendre et aboutir à ces résultats de quantification. Le grand bouleversement est venu avec Louis de Broglie, qui a introduit des ondes associées aux particules en 1927. C’était révolutionnaire, puisque ces ondes ne sont pas physiques. Une onde, c’est comme une vague. La grandeur qui se propage est une entité purement mathématique qui n’a pas de sens physique et que l’on ne peut pas mesurer avec un appareil. Tous les effets quantiques nouveaux viennent de ce caractère ondulatoire qui est associé au corpuscule. Donc, on ne peut pas localiser et mesurer la vitesse précisément quand il s’agit d’une particule. Cela signifie qu’une particule n’a pas de trajectoire, alors qu’en physique classique, on est dans l’étude des trajectoires. Et puis, il y a un hasard irréductible qui se manifeste, puisque les ondes permettent d’envisager des superpositions d’états. Une particule qui a une énergie peut être dans un état qui correspond à une superposition d’ondes. Donc, on est dans une grandeur qui n’existe plus et la mesure se fait avec une certaine probabilité. C’est là qu’apparaît
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