La Baule

la baule+ 22 | Octobre 2025 Il y a une empreinte et une trace de l’esprit quelque part dans la matière. Tout cela est assez naturel, car si Dieu crée le monde, il faut bien qu’il y ait une forme de « copyright » dans la matière, c’est-à-dire une trace du Créateur. Donc, la matière ne peut pas être coupée de l’esprit qui l’a créée. Il me paraît très naturel que la physique ouvre cette perspective d’un lien entre la matière et l’esprit. J’avais proposé comme titre « Le doigt de Dieu dans la physique quantique » en faisant référence à la célèbre peinture de Michel-Ange. C’est très bien vu, car on voit ce doigt qui approche, presque infiniment près de l’homme, mais sans le toucher véritablement. Il y a quand même une distance. Peut-on interpréter ce doigt comme une antenne ou une onde ? Tout à fait, cela rejoint la chaîne métaphysique que je propose, parce que les ondes de matière sont des êtres purement mathématiques. Ce qui est physique, c’est quand je détecte une particule à travers un détecteur. Cela rejoint le schéma d’Aristote, à savoir que l’état détecté, c’est l’actualisation d’un potentiel. Finalement, l’onde de Broglie apparaît très clairement comme un état potentiel. Il y a une chaîne métaphysique que l’on voit bien dans cette peinture de Michel-Ange, avec le caractère ontologique, Dieu, cette distance qui existe et qui peut faire penser à l’état potentiel, et l’actualisation qui est la matière vivante, en l’occurrence l’homme. Je suis toujours impressionné quand je vois ce tableau, avec cette idée très fine de Michel-Ange visant à laisser une toute petite distance entre le doigt et la personne. Il s’agit de la potentialité de l’actualisation de la matière à partir de l’esprit. Certains estiment que Dieu a créé ce monde, qu’il sait où il va aller et que tout est programmé d’avance. À l’inverse, vous démontrez que les particules se déterminent au moment de l’action en évoquant le hasard. Cela fait penser aux guerriers qui prient Dieu avant la bataille en lui demandant la victoire. Cela implique-t-il que Dieu ne connaîtrait pas encore l’issue du combat ? Effectivement, la physique quantique montre que l’actualisation des grandeurs physiques au moment de la mesure est du ressort du hasard. La question est de savoir si ce hasard a une cause physique, comme la plupart des hasards que l’on côtoie dans le monde, comme une pièce qu’on lance. Là, il s’agit d’un hasard absolu. Nicolas Gisin, qui est un grand physicien, a écrit un livre qui s’appelle « L’impensable hasard ». Le hasard qui se manifeste est sans causalité physique : c’est-à-dire qu’il n’y a pas de variables cachées prédéterminées qui donneraient le résultat en sous-main. À chaque nouveau contexte, il y a une nouvelle histoire Cela peut induire que le 27 juin 1914, Dieu aurait ignoré qu’il y aurait une guerre mondiale puisque l’assassinat de l’archiduc s’est produit le 28 juin… Oui et non. La physique quantique est contextuelle avec des variables. D’un contexte à l’autre, les grandeurs sont incompatibles. Quand je détermine un contexte, toutes les valeurs sont immédiatement altérées par leur détection, donc elles n’existent plus pour une future détection. À chaque nouveau contexte, il y a une nouvelle histoire. Cela permet de concilier le libre arbitre et l’omniscience divine. Le libre arbitre, c’est le choix des contextes, et il y a la réponse de la nature à différents contextes. Il se peut que l’esprit omniscient ait prévu les réponses à tous les contextes possibles. Tous les mondes sont possibles et le Créateur choisit la meilleure solution Un peu comme une intelligence artificielle ? Peut-être, mais sans doute mieux. Ce qu’il ne sait pas, c’est le contexte qui va être choisi. L’histoire est faite librement par les contextes et l’esprit omniscient apporte sa meilleure réponse possible à ces contextes. Ces réponses peuvent être prédéYves Dupont : « Il existe un autre niveau de réalité que la matière.» Jusqu’au 19 octobre, la Chapelle Sainte-Anne accueille une exposition collective qui rassemblera pas moins de 64 artistes. Peintres, sculpteurs, pastellistes ou encore fondeurs : toutes les disciplines seront représentées pour offrir au public un panorama varié de la création contemporaine. Sandrine Chelet, présidente de la SLAB, annonce que deux invités d’honneur marquent cette édition : « Le sculpteur sur bois Guy Le Gal, passionné par les essences locales qu’il sublime à travers ses œuvres, et le peintre Christian Eurgal, reconnu internationalement et récemment distingué de la Légion d’Honneur. À leurs côtés, 62 artistes présenteront leurs créations, figuratives ou abstraites. » L’événement, gratuit et ouvert à tous, s’inscrit également dans une démarche solidaire. Une tombola est organisée dans le cadre d’Octobre Rose, au profit de la Ligue contre le cancer. Trois œuvres offertes par des artistes seront mises en jeu, avec un tirage au sort prévu le jour de la clôture, le 19 octobre. Les billets sont proposés au prix de 5 €, et l’intégralité des recettes sera reversée à la cause. Pratique : Exposition visible du mardi au dimanche, à la Chapelle Sainte-Anne à La Baule, du 27 septembre au 19 octobre. La Baule : 64 artistes réunis à la Chapelle Sainte-Anne terminées. Encore une fois, a priori, il ne peut pas savoir ce que seront les contextes. Tous les mondes sont possibles et le Créateur choisit la meilleure solution. Dans mon exemple, on sait que le chauffeur de l’archiduc s’était trompé de route, sinon il n’aurait pas croisé l’assassin… Et cela a donné tous ces événements. Avec un autre contexte, il y aurait eu une autre réponse. Donc, tout cela est lié au libre arbitre. C’est satisfaisant, parce que cela signifie que tout n’est pas figé : ce que je décide, je le fais librement. En permanence, Dieu envoie des informations en réponse aux sollicitations des contextes L’homme doit savoir s’adapter à chaque changement de contexte: n’est-ce pas un appel à la responsabilité humaine ? C’est une question autour du libre arbitre et de l’omniscience divine. C’est une question qui peut être traitée mathématiquement. Si les particules étaient capables de répondre à toutes les sollicitations possibles, à tous les contextes possibles, il faudrait qu’elles partent avec d’énormes valises qui contiendraient tous ces résultats. Quoi qu’il arrive, ce n’est pas possible. Donc, les résultats ne peuvent pas être prédéterminés. Il y a une image qui a été donnée par Anton Zeilinger, prix Nobel de physique, qui explique que la question est de savoir qui est l’observateur. Finalement, l’ultime observateur, c’est Dieu. Être, c’est être perçu et c’est percevoir, et cela donne l’idée de Dieu omniscient qui effectivement est perçu par la nature, mais qui lui aussi perçoit ce que fait la nature. Un physicien suisse a introduit cette notion d’anges quantiques. En permanence, Dieu envoie des informations en réponse aux sollicitations des contextes, pour gouverner la marche du monde, et ces informations s’appellent les anges quantiques. Cela signifie-t-il que nous serions observés comme dans une salle de jeux, que quelque chose d’extérieur analyserait nos réactions face à des sollicitations permanentes et que nous serions jugés à la sortie de ce lieu ? Peut-être bien... C’est tout à fait intéressant comme réflexion. Cela rejoint l’idée de Saint Augustin que Dieu est en permanence en soutien de sa création en disant en substance que «si Dieu cesse de penser sa création, elle s’écroule ». C’est la même chose, si Dieu cesse d’envoyer ses anges quantiques, plus rien ne se passe. Finalement, envoyer des anges quantiques, c’est envoyer de l’information et, dans la Bible, c’est la parole. Tout cela se tient. Les trois religions monothéistes ont à peu près la même vision, notamment sur le fait que l’invisible nous guide… Absolument. L’esprit est en nous en permanence, il n’est pas localisé dans l’espace-temps, donc il est partout et en tout instant. Sans cela, nous n’existerions pas. L’esprit se trouve à proximité de la matière. J’ai beaucoup travaillé sur les ouvrages de Bernard d’Espagnat, qui est un grand physicien avec une énorme culture philosophique, qui défend l’idée qu’il existe un autre niveau de réalité que la matière. Il écrit très clairement que la fonction d’onde est un pont entre l’esprit et la matière. Jean-Claude Bourret et le physicien Patrick Marquet viennent de publier un livre pour exprimer que les ovnis sont une sorte d’IA galactique. Pour vous, il s’agit de Dieu et pour d’autres, ce seraient des extraterrestres… La réponse n’est pas unique. Ce qui est certain, c’est ce que l’on mesure et ce que l’on calcule. Les interprétations sont soumises à un débat. J’essaie d’être plus près de la physique et je passe aussi en métaphysique avec des interprétations, donc les interprétations peuvent être diverses. Mais mon interprétation est cohérente. Propos recueillis par Yannick Urrien. « Je suis toujours impressionné quand je vois ce tableau, avec cette idée très fine de Michel-Ange visant à laisser une toute petite distance entre le doigt et la personne. »

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