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la baule+ 14 | Septembre 2025 Humeur ► Le billet de Dominique Labarrière Une rentrée, des sorties Il n’est pas exclu, nous disent les observateurs éclairés de la chose, que, pour le si vaillant gouvernement en place, l’heure de la rentrée soit aussi celle de la sortie. Ce qui, reconnaissons-le, fait beaucoup de choses à gérer en même temps pour Mesdames et Messieurs les ministres. D’où, chez certains, une fatigue bien compréhensible et une hâte à tenter de laisser une trace, de marquer son passage aux affaires. Ainsi Madame la ministre de l’Éducation nationale qui, probablement hantée par cette envie d’entrer dans l’histoire, s’est fendue d’une sortie absolument en phase avec les préoccupations majeures des Français en ce mois de septembre. Elle a soudain pris conscience de ce que l’inscription figurant au fronton du Panthéon, « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante » pouvait recéler de discriminant pour la gent féminine. Elle y a vu une arrogance de plus à porter au passif de l’horrible patriarcat. La France entière, qui n’en pouvait plus de voir cette insulte gravée dans le marbre de sa nécropole de référence, de son Saint-Denis laïc, applaudit, se prosterne. Sans doute l’intention cachée de la ministre en question est-elle de faire engager en sous-main une pétition réclamant - que dis-je, réclamant, exigeant - qu’elle soit elle-même, le moment venu, accueillie en ce lieu de prestige d’outretombe ? On entend d’ici le solennel discours de réception dans une froide et brumeuse soirée de novembre. « Entre ici, Babeth Borne, etc. » Cela déclamé par ce qu’on aura alors sous la main comme vague sous-produit de notre André Malraux dont le phrasé est encore dans toutes les mémoires. (Du moins les mémoires de boomers, bien sûr, qui en cette rentrée eurent droit eux aussi à une sortie. Du premier ministre, celle-ci. À propos de la dette abyssale du pays. La bonne vieille tactique du bouc émissaire. Le boomer est le bouc commode, le boomer-casseur n’étant pas encore, quant à lui, de sortie lors des protestations de rue, question d’âge et de rhumatismes.) Revenons à l’inscription du Panthéon. Trouver la juste formulation ne va pas de soi. Je pense que au plus haut de l’État on envisage de mobiliser la Nation sur le sujet, avec déclaration présidentielle au 20 heures, grands débats dans les provinces et, peut-être même un référendum, tant nous sommes accoutumés à voir ce pouvoir s’emparer avec vigueur et efficacité des problèmes sitôt qu’ils se posent. Facilitons-lui les choses. Déblayons le terrain. Est-ce que « Aux grands hommes et femmes la Patrie reconnaissante » conviendrait ? Rien de moins sûr. Il s’en trouverait pour considérer que l’épithète flatteuse de grands serait alors confisquée au profit des seuls hommes. Il faudrait donc recourir à l’écriture inclusive: « Aux grands.es hommes et femmes la Patrie reconnaissante. » Peu esthétique. De plus, voilà qui exclurait de la manière la plus arbitraire, la plus injuste la plus ignominieusement entachée de transphobie, l’entre-deux des personnes adeptes, en matière de genre, de l’indétermination. Aussi, se verrait-on contraint d’envisager une inscription du type: « Aux grandes femmes, grands hommes et grands tous autres, la Patrie reconnaissante. » Un peu long, peut-être. Mais consensuel. À ceci près qu’il ne manquera pas de se trouver cette fois des personnes de petites tailles pour se sentir discriminées et entrer en voie de contestation. Après occupation du temple aux gloires républicaines, elles obtiendraient très certainement l’adoption d’une formule du genre : « Aux êtres méritants de tous sexes la Patrie reconnaissante. » Je pense que, avec cette version, nous pourrions prétendre avoir atteint un certain point d’équilibre. Il ne resterait plus alors qu’à régler l’autre problème soulevé ces jours-ci, la parité hommes-femmes. Actuellement, nous en sommes assez loin. Sept femmes pour soixante-seize hommes. Autrement dit, il y a du boulot! On a vu que Madame la ministre - je le répète, le moment venu - rien ne presse - pourrait venir apporter sa contribution dans cette entreprise de rééquilibrage et de justice. Je gage que, une fois celle-ci conduite à son terme, se posera la question entrevue pour le libellé de l’inscription : quid de tous les autres sexes. Je dis bien tous les autres, car au train où vont les choses, nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Je proposerais donc, considérant que, comme il est dit dans les Écritures, « nous sommes poussière et retournerons poussière », on inscrive tout simplement «À ces poussières d’importance, la Patrie reconnaissante. » Et comme la République n’a plus les moyens de financer les colloques, les consultations des officines habituellement invitées aux mangeoires décisionnaires, je pense qu’il serait judicieux de faire financer ces dépenses par un consortium de fabricants d’aspirateurs. Qu’on ne me remercie pas ! Il me suffit de penser que la Patrie et la ministre concernée me sont reconnaissantes. Le 7 octobre 2025, le Palais des Congrès Atlantia de La Baule sera le théâtre d’un rendez-vous majeur pour les décideurs. Le Festival Think Forward revient pour sa 5e édition, co-organisée par OPA Group et Ouest-France, et s’impose plus que jamais comme une agora incontournable où s’inventent les modèles de demain. Économistes, entrepreneurs, experts en stratégie, dirigeants d’entreprise et acteurs associatifs… près de vingt intervenants viendront confronter leurs convictions sans détour. « Les crises actuelles – climatique, géopolitique, énergétique, technologique – obligent les entreprises à se réinventer, au risque de disparaître », rappelle l’équipe organisatrice. Philippe Dessertine ouvrira la journée avec une conférence : Changer ou prendre le risque de tout perdre. D’autres figures marquantes suivront, comme Luc Julia, co-créateur de Siri, qui mettra en garde contre l’idéalisme autour de l’intelligence artificielle, ou encore François Gemenne, co-auteur du GIEC, qui insistera sur l’ancrage territorial et la sobriété comme conditions de résilience. Tout au long de la journée, les participants aborderont les enjeux suivants: Climat : adaptation ou déni ? IA et éthique : quel contrat social demain ? Gouvernance et leadership : faut-il réinventer les fondations ? Sobriété et innovation : repenser la performance autrement. Travail : entre quête de sens et mutations durables. Des témoignages concrets viendront illustrer ces réflexions, avec des dirigeants qui ont transformé leur modèle pour s’adapter aux bouleversements, à l’image de Guillaume Gibault (Le Slip Français) ou Nicolas Appert (Lengow). Conçu comme un espace de débats, d’expériences immersives et de controverses assumées, Think Forward se distingue par son approche participative. Dans le cadre unique de La Baule, 700 décideurs sont attendus pour partager, réfléchir et bâtir de nouveaux réseaux. Festival Think Forward – 5e édition Mardi 7 octobre 2025 – 9h à 18h Palais des Congrès Atlantia, La Baule Inscriptions sur festival-think-forward.fr Le festival Think Forward offre 10 invitations pour les 10 premiers lecteurs de La Baule+ avec le code LABAULE+ : code à inscrire sur le coupon de réduction lors de l’inscription sur www.festival-thinkforward.fr La Baule accueille la 5e édition du Festival Think Forward : entreprises et dirigeants face aux grands basculements Olivier Lombard, coprésident de OPA Group et cofondateur de Think Forward

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